| 29/06/2026 | 345 vues
EDITORIAL
L’ouvrage du journaliste Pape Alé Niang consacré aux enquêtes menées par l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) au Coud (Centre des œuvres universitaires de Dakar), étouffées par la détermination d’un président de la République soutenu les yeux fermés par des magistrats corrompus, apparait comme un formidable rappel contre l’oubli qui est en train de frapper l’un des plus graves scandales financiers survenus au Sénégal.
Le livre de notre confrère, globalement de nature factuelle, n’est pas seulement un plaidoyer contre la corruption et le détournement de deniers publics déguisés sous des formes diverses en militantisme politicien. Il interpelle la responsabilité collective des citoyens sénégalais et des organisations de la société civile sur l’impératif de maintenir une pression toujours plus forte sur des décideurs politiques trop souvent mus par la sauvegarde de leurs intérêts politiciens et partisans, au détriment de tout le reste. Ce livre est également et surtout un rappel à l’ordre républicain à cette partie de la magistrature qui a décidé de lier son sort à celui du pouvoir exécutif dominant, comme il l’a fait sans état d’âme avec ce même pouvoir sur d’autres sujets.
Les investigations sur le Coud, pourtant rendues possible par la volonté très tôt affichée du président Sall de faire faire un pas au Sénégal dans le secteur névralgique de la lutte contre la corruption – puis leur sabordage au niveau politique et judiciaire sont malheureusement devenues l’emblème du mal sénégalais depuis 2012. Elles résument de manière pratique la vision que Macky Sall se fait de la bonne gouvernance: le rabâchage systématique de paroles et d’actes contradictoires dans un cynisme dévastateur qui décrédibilise son auteur et enfonce le pays dans un trou de risques non mesurés.
Qui peut croire aujourd’hui que la montée en flèche de la criminalité et des actes d’agressions qui prospèrent au nez et à la barbe des services de sécurité pussent être étrangers à la promotion des actes de corruption et de brigandage protégés par l’autorité politique au sommet ? En lieu et place d’une prise en charge de la résorption des dangereuses inégalités qui foisonnent, le pouvoir a choisi depuis une dizaine d’années de favoriser l’émergence et la consolidation d’une caste de nouveaux riches reliés aux entreprises et marchés publics libérateurs de prébendes.
Une telle orientation est absolument contraire à l’esprit de sacrifice auquel un leader respectable et patriote est tenu de se conformer. In fine, c’est de l’aveuglement pur et simple.
Le livre de notre confrère, globalement de nature factuelle, n’est pas seulement un plaidoyer contre la corruption et le détournement de deniers publics déguisés sous des formes diverses en militantisme politicien. Il interpelle la responsabilité collective des citoyens sénégalais et des organisations de la société civile sur l’impératif de maintenir une pression toujours plus forte sur des décideurs politiques trop souvent mus par la sauvegarde de leurs intérêts politiciens et partisans, au détriment de tout le reste. Ce livre est également et surtout un rappel à l’ordre républicain à cette partie de la magistrature qui a décidé de lier son sort à celui du pouvoir exécutif dominant, comme il l’a fait sans état d’âme avec ce même pouvoir sur d’autres sujets.
Les investigations sur le Coud, pourtant rendues possible par la volonté très tôt affichée du président Sall de faire faire un pas au Sénégal dans le secteur névralgique de la lutte contre la corruption – puis leur sabordage au niveau politique et judiciaire sont malheureusement devenues l’emblème du mal sénégalais depuis 2012. Elles résument de manière pratique la vision que Macky Sall se fait de la bonne gouvernance: le rabâchage systématique de paroles et d’actes contradictoires dans un cynisme dévastateur qui décrédibilise son auteur et enfonce le pays dans un trou de risques non mesurés.
Qui peut croire aujourd’hui que la montée en flèche de la criminalité et des actes d’agressions qui prospèrent au nez et à la barbe des services de sécurité pussent être étrangers à la promotion des actes de corruption et de brigandage protégés par l’autorité politique au sommet ? En lieu et place d’une prise en charge de la résorption des dangereuses inégalités qui foisonnent, le pouvoir a choisi depuis une dizaine d’années de favoriser l’émergence et la consolidation d’une caste de nouveaux riches reliés aux entreprises et marchés publics libérateurs de prébendes.
Une telle orientation est absolument contraire à l’esprit de sacrifice auquel un leader respectable et patriote est tenu de se conformer. In fine, c’est de l’aveuglement pur et simple.
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On laissera à François Mitterrand son «coup d’Etat permanent», cet essai célèbre qui dénonçait la mutation du pouvoir démocratique en objet personnel opérée par un Général Charles de Gaulle auréolé pourtant par sa posture de résistant face à l’Allemagne hitlérienne. A ce «coup d’Etat permanent», il faudra désormais associer la duperie permanente qui caractérise l’action et le discours du président de la République du Sénégal. Alors que le pays tout entier réclame cohérence et certitude dans la gouvernance électorale du pays, en particulier sur l’impossibilité qu’il se représente pour un 3e mandat en 2024, le chef de l’Etat se réfugie avec un grand courage dans un galimatias de considérations crypto-personnelles qui ne font pas l’honneur de sa fonction ni celui de sa propre personne.
Les spécialistes de la science politique ne manquent jamais de rappeler combien le respect de règles du jeu communément acceptées par les acteurs et placées sous protection de la loi et du règlement demeure une exigence fondamentale pour la crédibilité de toute démocratie pluraliste libérée des écueils du paternalisme. En effet, c’est en fonction des dynamiques positives portées par les uns et les autres dans le champ politique que se concrétise cet idéal démocratique grâce auquel les contentieux électoraux deviennent marginaux et donc gérables. Mais on peine à s’y faire.
Les propos sibyllins («ni oui ni non») tenus en fin d’année par le président Sall concernant sa candidature éventuelle à la présidentielle de 2024 ne vont pas dans le sens d’une démythification du pouvoir et de ses enjeux dans notre pays. Que dit le chef de l’Etat pour justifier cette posture incompréhensible ? Entre autres : «L’année dernière, je me suis prononcé sur cette question. Et si j’en parle encore, personne ne se mettra au travail dans mon parti…» Dans tous les pays démocratiques normaux, les calendriers électoraux sont connus à l’avance sauf si des circonstances exceptionnelles et/ou des contraintes objectives obligent à les réaménager. Le Sénégal n’est ni dans un cas ni dans l’autre, fort heureusement. Il est un pays stable dans une sous-région gravement perturbée par un accès de violences et de désordres pour lesquels des Etats incompétents, faibles et privatisés au profit de groupes d’intérêts portent de grandes responsabilités.
Esprit de patrimonialisation du pouvoir
Ce qui est en cause, c’est la patrimonialisation permanente du pouvoir au cours de son exercice, sa mise au service de clans politiciens et affairistes dont le pays ne profite d’aucuns des «investissements», s’ils en font. L’administration verticale du parti qui devient un instrument monolithique au service de son chef unique, la préposition de frères, sœurs, cousins, cousines et alliés à des postes-clefs de l’appareil d’Etat et leur protection garantie contre toutes poursuites judiciaires légitimes traduisent en réel la confusion entre le parti et l’Etat. C’est peut-être cela le casse-tête de Macky Sall : pour plusieurs raisons qu’il ne partagera pas avec les Sénégalais, il craindrait des lendemains tumultueux hors du pouvoir auxquels il ne pourrait imprimer sa marque ou sa direction. Les soubresauts de la traversée du désert des Wade et de leurs amis d’hier ne lui ont pas échappé.
C’est au regard de ces éléments là que la posture du «ni oui ni non» proclamée par le chef de l’Etat est totalement inexcusable pour celui qui est censé incarner la droiture et le respect de la parole donnée. Cette façon de prendre en otage la démocratie pour neutraliser les incertitudes liées à son agenda personnel pour la période post 2024 est un sous produit de la mégalomanie à laquelle se convertissent les assoiffés de pouvoir. Elle peut être comprise, avec raison, comme une tentative de répéter le coup du mandat précédent. A cette occasion, on a pu voir la capacité du président de la République à modéliser la mauvaise foi autour d’ambiguïtés qui n’avaient de sens que pour lui et que pour les juges qui l’avaient aidé à violer son serment. Mais à force de pousser le bouchon trop loin, on finit par être éclaboussé, d’une manière ou d’une autre…
Dans son discours du 31 décembre, le président Sall a dit ceci : «La violence qui secoue le monde doit constamment nous rappeler la chance que nous avons de vivre en paix, et la responsabilité qui nous incombe de la préserver. Nous en sommes à la fois les héritiers et les gardiens ; parce que cette paix est un legs que nous ont laissé les générations passées ; un legs qu’il nous faut entretenir et transmettre aux générations futures.»
Ce discours est d’une pertinence implacable, mais dans les pratiques en vigueur depuis une dizaine d’années, c’est un homme formaté aux violences symboliques et institutionnelles qui agit pour ses propres causes, sourd aux appels à la raison, sûr de la force que lui procure le Pouvoir. Une méthode de gouvernance assimilable à un terrorisme démocratique qui, malheureusement, échappe aux sanctions de la loi. Nous en sommes là et le pire est peut-être à l’horizon…
Les spécialistes de la science politique ne manquent jamais de rappeler combien le respect de règles du jeu communément acceptées par les acteurs et placées sous protection de la loi et du règlement demeure une exigence fondamentale pour la crédibilité de toute démocratie pluraliste libérée des écueils du paternalisme. En effet, c’est en fonction des dynamiques positives portées par les uns et les autres dans le champ politique que se concrétise cet idéal démocratique grâce auquel les contentieux électoraux deviennent marginaux et donc gérables. Mais on peine à s’y faire.
Les propos sibyllins («ni oui ni non») tenus en fin d’année par le président Sall concernant sa candidature éventuelle à la présidentielle de 2024 ne vont pas dans le sens d’une démythification du pouvoir et de ses enjeux dans notre pays. Que dit le chef de l’Etat pour justifier cette posture incompréhensible ? Entre autres : «L’année dernière, je me suis prononcé sur cette question. Et si j’en parle encore, personne ne se mettra au travail dans mon parti…» Dans tous les pays démocratiques normaux, les calendriers électoraux sont connus à l’avance sauf si des circonstances exceptionnelles et/ou des contraintes objectives obligent à les réaménager. Le Sénégal n’est ni dans un cas ni dans l’autre, fort heureusement. Il est un pays stable dans une sous-région gravement perturbée par un accès de violences et de désordres pour lesquels des Etats incompétents, faibles et privatisés au profit de groupes d’intérêts portent de grandes responsabilités.
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Ce qui est en cause, c’est la patrimonialisation permanente du pouvoir au cours de son exercice, sa mise au service de clans politiciens et affairistes dont le pays ne profite d’aucuns des «investissements», s’ils en font. L’administration verticale du parti qui devient un instrument monolithique au service de son chef unique, la préposition de frères, sœurs, cousins, cousines et alliés à des postes-clefs de l’appareil d’Etat et leur protection garantie contre toutes poursuites judiciaires légitimes traduisent en réel la confusion entre le parti et l’Etat. C’est peut-être cela le casse-tête de Macky Sall : pour plusieurs raisons qu’il ne partagera pas avec les Sénégalais, il craindrait des lendemains tumultueux hors du pouvoir auxquels il ne pourrait imprimer sa marque ou sa direction. Les soubresauts de la traversée du désert des Wade et de leurs amis d’hier ne lui ont pas échappé.
C’est au regard de ces éléments là que la posture du «ni oui ni non» proclamée par le chef de l’Etat est totalement inexcusable pour celui qui est censé incarner la droiture et le respect de la parole donnée. Cette façon de prendre en otage la démocratie pour neutraliser les incertitudes liées à son agenda personnel pour la période post 2024 est un sous produit de la mégalomanie à laquelle se convertissent les assoiffés de pouvoir. Elle peut être comprise, avec raison, comme une tentative de répéter le coup du mandat précédent. A cette occasion, on a pu voir la capacité du président de la République à modéliser la mauvaise foi autour d’ambiguïtés qui n’avaient de sens que pour lui et que pour les juges qui l’avaient aidé à violer son serment. Mais à force de pousser le bouchon trop loin, on finit par être éclaboussé, d’une manière ou d’une autre…
Dans son discours du 31 décembre, le président Sall a dit ceci : «La violence qui secoue le monde doit constamment nous rappeler la chance que nous avons de vivre en paix, et la responsabilité qui nous incombe de la préserver. Nous en sommes à la fois les héritiers et les gardiens ; parce que cette paix est un legs que nous ont laissé les générations passées ; un legs qu’il nous faut entretenir et transmettre aux générations futures.»
Ce discours est d’une pertinence implacable, mais dans les pratiques en vigueur depuis une dizaine d’années, c’est un homme formaté aux violences symboliques et institutionnelles qui agit pour ses propres causes, sourd aux appels à la raison, sûr de la force que lui procure le Pouvoir. Une méthode de gouvernance assimilable à un terrorisme démocratique qui, malheureusement, échappe aux sanctions de la loi. Nous en sommes là et le pire est peut-être à l’horizon…
En pièce jointe, le courrier du directeur Afrique de CFI au ministre béninois de la Justice. A lire!
Ils sont bien peinards, les gars de CFI, ceux qui, entre Cotonou et Paris, ont livré le journaliste Ignace Sossou à la guillotine d’un procureur revanchard du tribunal de Cotonou. Ils passeront cette fin d’année au chaud entre Paris et Province, en montagne pour certains, dans les îles pour d’autres, en famille ou en groupes de potes, les regards attentifs aux scintillements des sapins de Noël et scrutant mélodieusement l’année nouvelle qui pointe le bout du nez. Pendant ce temps, à quelques milliers de kilomètres de leurs agapes, leur infortunée victime va affronter des colonies de rats et de cafards dans une obscure chambrette de prison attenante à des WC dégoulinants de mauvaise odeur, loin des yeux loin du cœur. Sa femme et son bébé attendront...
Le procureur béninois Mario Métonou voulait absolument que la potence s’abatte sur ce journaliste «coupable» d’avoir mis à disposition de l’opinion de son pays des informations d’intérêt public. Canal France International (CFI) lui en a fourni le prétexte et le texte. Après, c’était un jeu d’enfant de dénicher l’épaisse corde destinée à la «pendaison» du jeune homme.
« Protéger notre partenaire média »
Le choix de CFI de sacrifier sa proie était si improbable que certains confrères et pas des moindres, croyant à un canular sorti des flancs de Père Noël, saisissent directement la direction du média français à Paris pour éclairage. Ils n’en reviennent toujours pas de leur mauvaise surprise. Oui, CFI est bien l’auteur du courrier incriminé. Un de ses responsables, acculé, s’incline avec une franchise admirable : «(le courrier) n’était destiné qu’au ministère (ndlr : de la Justice du Bénin) afin de protéger notre partenaire média qui avait fait venir le procureur au Forum et éviter une escalade de la situation…» Aveu sans appel. CFI revendique l’attentat contre Ignace Sossou et passe à autre chose, pestant mollement contre le sort infligé à notre confrère par une justice expéditive… Hypocrisie.
Il fallait sauver le projet «Verifox Afrique» en phase d’exécution au Bénin. Le reste n’était que clopinettes. Cette posture cynique adoptée par CFI n’aura pas été sans effet sur le juge et ses assesseurs : 18 mois de prison et 200 mille FCFA d’amende contre Ignace Sossou. Le «procès» a été scandaleux de célérité, raison pour laquelle on doute que son organisation ait respecté un minimum d’équité et de transparence. Ce verdict confirme, du reste, une des vérités attribuées au procureur Métonou entre quatre murs : «la législation béninoise telle qu’elle est n’offre pas une sécurité judiciaire aux justiciables.»
Un courrier-argument pour le procureur
CFI, bras armé de l’aide française aux médias du monde entier, porte une responsabilité historique écrasante dans l’échafaudage du deal qui jette Ignace Sossou en prison. Son courrier incendiaire, dégradant et insultant, gracieusement offert au ministre de la Justice du Bénin pour tailler en pièce notre jeune confrère, est dans la catégorie de ce qui se fait de pire en matière d’éthique. Dévastateur et cynique, son contenu a été la base argumentaire essentielle du parquet autant pour discréditer notre confrère aux yeux de ses pairs et du public que pour justifier le caractère impératif d’une très lourde sentence contre le prévenu afin que nul autre ne se hasarde plus à «sortir de leur contexte» les propos d’un démiurge de la République. A cet effet, Ignace Sossou a été essentialisé comme un mal absolu à extirper de la corporation des journalistes, au-delà de toute retenue, pour mieux l’enserrer sous les griffes coupantes d’un tribunal de consensus.
Un crime inexistant
En attendant, il appartient à CFI, au-delà du verdict judiciaire qui sanctionne Ignace Sossou, de nous dire enfin de quoi ce journaliste serait-il coupable pour mériter 18 mois de prison ? Quelle règle éthique ou déontologique aurait-il violée en rapportant au public les propos du procureur Mario Métonou ? Un gentlemen agreement avait-il été établi entre participants et visant à protéger le procureur en cas de traitement journalistique desdits propos ? Rien de tout cela ne semble avoir été pris en compte, jusqu’à preuve du contraire.
Dans un pays en crise politique et judiciaire comme le Bénin, un procureur de la République qui accepte de parler à des journalistes est potentiellement une bombe ambulante. Ne pas l’avoir prévu relève de la naïveté. En dissimulant ses propres incompétences à ce niveau, CFI a préféré sacrifier un innocent journaliste pour protéger ses intérêts en sauvant la carrière d’un magistrat inconséquent et peu courageux. C’est tout à son déshonneur !
Le procureur béninois Mario Métonou voulait absolument que la potence s’abatte sur ce journaliste «coupable» d’avoir mis à disposition de l’opinion de son pays des informations d’intérêt public. Canal France International (CFI) lui en a fourni le prétexte et le texte. Après, c’était un jeu d’enfant de dénicher l’épaisse corde destinée à la «pendaison» du jeune homme.
« Protéger notre partenaire média »
Le choix de CFI de sacrifier sa proie était si improbable que certains confrères et pas des moindres, croyant à un canular sorti des flancs de Père Noël, saisissent directement la direction du média français à Paris pour éclairage. Ils n’en reviennent toujours pas de leur mauvaise surprise. Oui, CFI est bien l’auteur du courrier incriminé. Un de ses responsables, acculé, s’incline avec une franchise admirable : «(le courrier) n’était destiné qu’au ministère (ndlr : de la Justice du Bénin) afin de protéger notre partenaire média qui avait fait venir le procureur au Forum et éviter une escalade de la situation…» Aveu sans appel. CFI revendique l’attentat contre Ignace Sossou et passe à autre chose, pestant mollement contre le sort infligé à notre confrère par une justice expéditive… Hypocrisie.
Il fallait sauver le projet «Verifox Afrique» en phase d’exécution au Bénin. Le reste n’était que clopinettes. Cette posture cynique adoptée par CFI n’aura pas été sans effet sur le juge et ses assesseurs : 18 mois de prison et 200 mille FCFA d’amende contre Ignace Sossou. Le «procès» a été scandaleux de célérité, raison pour laquelle on doute que son organisation ait respecté un minimum d’équité et de transparence. Ce verdict confirme, du reste, une des vérités attribuées au procureur Métonou entre quatre murs : «la législation béninoise telle qu’elle est n’offre pas une sécurité judiciaire aux justiciables.»
Un courrier-argument pour le procureur
CFI, bras armé de l’aide française aux médias du monde entier, porte une responsabilité historique écrasante dans l’échafaudage du deal qui jette Ignace Sossou en prison. Son courrier incendiaire, dégradant et insultant, gracieusement offert au ministre de la Justice du Bénin pour tailler en pièce notre jeune confrère, est dans la catégorie de ce qui se fait de pire en matière d’éthique. Dévastateur et cynique, son contenu a été la base argumentaire essentielle du parquet autant pour discréditer notre confrère aux yeux de ses pairs et du public que pour justifier le caractère impératif d’une très lourde sentence contre le prévenu afin que nul autre ne se hasarde plus à «sortir de leur contexte» les propos d’un démiurge de la République. A cet effet, Ignace Sossou a été essentialisé comme un mal absolu à extirper de la corporation des journalistes, au-delà de toute retenue, pour mieux l’enserrer sous les griffes coupantes d’un tribunal de consensus.
Un crime inexistant
En attendant, il appartient à CFI, au-delà du verdict judiciaire qui sanctionne Ignace Sossou, de nous dire enfin de quoi ce journaliste serait-il coupable pour mériter 18 mois de prison ? Quelle règle éthique ou déontologique aurait-il violée en rapportant au public les propos du procureur Mario Métonou ? Un gentlemen agreement avait-il été établi entre participants et visant à protéger le procureur en cas de traitement journalistique desdits propos ? Rien de tout cela ne semble avoir été pris en compte, jusqu’à preuve du contraire.
Dans un pays en crise politique et judiciaire comme le Bénin, un procureur de la République qui accepte de parler à des journalistes est potentiellement une bombe ambulante. Ne pas l’avoir prévu relève de la naïveté. En dissimulant ses propres incompétences à ce niveau, CFI a préféré sacrifier un innocent journaliste pour protéger ses intérêts en sauvant la carrière d’un magistrat inconséquent et peu courageux. C’est tout à son déshonneur !
Un jour, on se rappellera du pire président de la République que le Sénégal n’ait jamais connu en soixante ans d’indépendance. On se souviendra vaguement qu’il avait pour nom «Macky Sall», qu’il était sorti des flancs d’un prédécesseur autrement plus charismatique et ayant pour nom «Abdoulaye Wade». On se souviendra que ce pire président, à l’issue d’un montage grotesque au sein de l’assemblée nationale, avait pu passer pour un héros de la bonne gouvernance attaché au principe de la reddition des comptes, dans la crise qui l’opposa alors à son ex-mentor, Wade. On n’oubliera pas pour autant que c’est lui qui aura popularisé le concept d’«émergence» dans le discours politique et public au Sénégal.
Huit ans plus tard, on a fini de découvrir l’ampleur du faux phénomène qu’était cet emballage inconsistant qu’une puissance coloniale en déclin et désireuse de revenir aux affaires dans notre pays se fit fort de vendre à l’électorat national, avec le succès que l’on sait. Un mandat de sept ans et un an plus tard, nous continuons de constater que ce président de la République est une véritable catastrophe pour la démocratie sénégalaise, un frein dangereux à l’expression libre et responsable des libertés publiques et individuelles, une obstruction essentielle dans la préservation de la stabilité du pays. En misant sur une répression systématique des envies légitimes de jouissance démocratique qui peuvent animer des citoyens sénégalais, Macky Sall ne déshonore pas seulement son statut de chef d’Etat gardien de la Constitution, il trahit froidement son serment post-élection.
Pour la première fois dans l’histoire jeune de ce pays, nous sommes en présence d’un homme qui a fait de la corruption des élites et de l’administration publique une politique fondamentale de survie pour lui-même, pour sa famille et ses proches, pour son régime. Dans un environnement en crise absolue à tous les étages avec une prédominance inquiétante de la pauvreté de masse, son jeu favori basé sur la force d’attraction des moyens financiers et judiciaires de l’Etat est comme un jeu d’enfant pour lui. L’exercice est d’un cynisme sans nom.
La répression féroce qui s’est abattue ce vendredi sur les manifestants décidés à dénoncer sans arrêt la hausse incompréhensible du prix de l’électricité le 1er décembre dernier est quand même porteuse de signes prometteurs sur le chemin d’une démocratie libérée de ses fossoyeurs. Partout dans le monde en effet, l’usage illégitime de la violence d’Etat contre des citoyens aux mains nues a constitué le début de la fin ou, à tout le moins, le temps des difficultés sans issue autre que le clash avec le peuple.
Huit ans plus tard, on a fini de découvrir l’ampleur du faux phénomène qu’était cet emballage inconsistant qu’une puissance coloniale en déclin et désireuse de revenir aux affaires dans notre pays se fit fort de vendre à l’électorat national, avec le succès que l’on sait. Un mandat de sept ans et un an plus tard, nous continuons de constater que ce président de la République est une véritable catastrophe pour la démocratie sénégalaise, un frein dangereux à l’expression libre et responsable des libertés publiques et individuelles, une obstruction essentielle dans la préservation de la stabilité du pays. En misant sur une répression systématique des envies légitimes de jouissance démocratique qui peuvent animer des citoyens sénégalais, Macky Sall ne déshonore pas seulement son statut de chef d’Etat gardien de la Constitution, il trahit froidement son serment post-élection.
Pour la première fois dans l’histoire jeune de ce pays, nous sommes en présence d’un homme qui a fait de la corruption des élites et de l’administration publique une politique fondamentale de survie pour lui-même, pour sa famille et ses proches, pour son régime. Dans un environnement en crise absolue à tous les étages avec une prédominance inquiétante de la pauvreté de masse, son jeu favori basé sur la force d’attraction des moyens financiers et judiciaires de l’Etat est comme un jeu d’enfant pour lui. L’exercice est d’un cynisme sans nom.
La répression féroce qui s’est abattue ce vendredi sur les manifestants décidés à dénoncer sans arrêt la hausse incompréhensible du prix de l’électricité le 1er décembre dernier est quand même porteuse de signes prometteurs sur le chemin d’une démocratie libérée de ses fossoyeurs. Partout dans le monde en effet, l’usage illégitime de la violence d’Etat contre des citoyens aux mains nues a constitué le début de la fin ou, à tout le moins, le temps des difficultés sans issue autre que le clash avec le peuple.
La loi sur les déclarations de patrimoine au Sénégal a-t-elle encore un sens ? Les «difficultés» et «blocages» de toutes natures qui empêchent sa pleine application par les autorités compétentes sur les personnes y étant assujetties rendent la question légitime. Au lancement hier à Pikine de la «Quinzaine nationale de sensibilisation sur la corruption», la présidente de l’Ofnac a révélé que les statistiques de déclaration tournaient autour de 60% pour les entrées et sorties de fonctions. Soit 40% des fonctionnaires désignées par la loi qui refusent encore de déclarer leurs biens avant ou après l’exercice de fonctions publiques.
Pour justifier cet échec, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté soutient: «Le Sénégalais répugne à parler de son patrimoine, mais lorsque nous expliquons aux assujettis le rôle protecteur de la déclaration de patrimoine, ils y adhèrent. Ils comprennent que c’est un moyen pour eux, s’ils sont poursuivis ou accusés d’enrichissement illicite, de prouver qu’ils ont acquis légalement leur patrimoine.»
Pour la présidente de l’Ofnac, la lutte contre la corruption se limiterait donc à des exercices de plaidoyer, de sensibilisation à l’endroit de catégories sociales et professionnelles présumées poreuses ou exposées aux trafics, en attendant que les personnes assujetties à la déclaration de patrimoine veuillent bien le faire, selon leur propre agenda.
Cette méthode de gouvernance frise l’irresponsabilité, la faiblesse, et tendrait vers une certaine compromission. La loi du 2014-17 du 2 avril 2014 stipule en son article 2 que les personnes suivantes nommément désignées doivent obligatoirement déclarer leurs biens. Ce sont : le président de l’assemblée nationale,, le premier questeur de l’assemblée nationale, le premier ministre, les ministres (sans exception donc), le (la) président(e) du conseil économique, social et environnemental, tous les administrateurs de crédits, les ordonnateurs de recettes et de dépenses, les comptables publics effectuant des opérations portant sur un total annuel supérieur ou égal à 1 milliard de francs CFA, en plus du président de la République qui, lui, déclare son patrimoine devant le conseil constitutionnel.
Pour évacuer tout malentendu, il est précisé sur le site de l’Ofnac que : «les personnes occupant les positions visées à l’article 2 et qui exercent leurs fonctions avant la promulgation de la présente loi, sont soumises au régime de l’effet immédiat. Pour celles-ci, l’entrée en vigueur entraine le fait générateur, dans les mêmes conditions que pour la nomination.»
L’opinion avait bien sentie, avec le limogeage brutal de Nafi Ngom Keïta, que les investigations de nature sensible et ayant des connexions directes ou dangereuses avec le président de la République, son gouvernement, sa famille, allaient être strictement encadrées pour éviter les scandales publics. A l’heure qu’il est, cette mission d’endiguement semble parfaitement assurée par Seynabou Ndiaye Diakhaté à travers le folklore qui caractérise globalement l’anti-corruption sous sa présidence. Une posture qui n’est pas si éloignée du principe consistant à gagner de l’argent en dormant.
Pour justifier cet échec, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté soutient: «Le Sénégalais répugne à parler de son patrimoine, mais lorsque nous expliquons aux assujettis le rôle protecteur de la déclaration de patrimoine, ils y adhèrent. Ils comprennent que c’est un moyen pour eux, s’ils sont poursuivis ou accusés d’enrichissement illicite, de prouver qu’ils ont acquis légalement leur patrimoine.»
Pour la présidente de l’Ofnac, la lutte contre la corruption se limiterait donc à des exercices de plaidoyer, de sensibilisation à l’endroit de catégories sociales et professionnelles présumées poreuses ou exposées aux trafics, en attendant que les personnes assujetties à la déclaration de patrimoine veuillent bien le faire, selon leur propre agenda.
Cette méthode de gouvernance frise l’irresponsabilité, la faiblesse, et tendrait vers une certaine compromission. La loi du 2014-17 du 2 avril 2014 stipule en son article 2 que les personnes suivantes nommément désignées doivent obligatoirement déclarer leurs biens. Ce sont : le président de l’assemblée nationale,, le premier questeur de l’assemblée nationale, le premier ministre, les ministres (sans exception donc), le (la) président(e) du conseil économique, social et environnemental, tous les administrateurs de crédits, les ordonnateurs de recettes et de dépenses, les comptables publics effectuant des opérations portant sur un total annuel supérieur ou égal à 1 milliard de francs CFA, en plus du président de la République qui, lui, déclare son patrimoine devant le conseil constitutionnel.
Pour évacuer tout malentendu, il est précisé sur le site de l’Ofnac que : «les personnes occupant les positions visées à l’article 2 et qui exercent leurs fonctions avant la promulgation de la présente loi, sont soumises au régime de l’effet immédiat. Pour celles-ci, l’entrée en vigueur entraine le fait générateur, dans les mêmes conditions que pour la nomination.»
L’opinion avait bien sentie, avec le limogeage brutal de Nafi Ngom Keïta, que les investigations de nature sensible et ayant des connexions directes ou dangereuses avec le président de la République, son gouvernement, sa famille, allaient être strictement encadrées pour éviter les scandales publics. A l’heure qu’il est, cette mission d’endiguement semble parfaitement assurée par Seynabou Ndiaye Diakhaté à travers le folklore qui caractérise globalement l’anti-corruption sous sa présidence. Une posture qui n’est pas si éloignée du principe consistant à gagner de l’argent en dormant.
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Révision constitutionnelle : la République mérite un débat de fond (Par Balla Diop)
Révision constitutionnelle : fuite en avant ou moment du bilan ? (Par Ibrahima Thioub - Historien)
07/07/2026
Révision constitutionnelle 2026 : ce que la proposition reprend, ce qu’elle ajoute, ce qu’on veut lui retirer - Une matrice citoyenne de fidélité aux sources revendiquées (Par Moussa MBAYE)
29/06/2026
De la victoire électorale à la victoire institutionnelle : l’heure de vérité du Projet (par Hady Traoré)
29/06/2026
La loi de Pastef dans la continuité des Assises ! (par Nioxor Tine)
28/06/2026
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Notre Charte Éthique - 29/01/2024
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IMPACT MEDIA : Entreprise Individuelle (EI)
N.I.N.E.A. : 011720796 du 06/12/2024
IMPACT.SN - No ISSN : 3084-0813
Directeur de la publication : Momar DIENG
Titulaire de la Carte nationale de presse
contact@impact.sn - (221) 76 519 82 39
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