| 29/06/2026 | 345 vues
EDITORIAL
La justice ivoirienne vient de condamner l’ex président de l’assemblée nationale Guillaume Soro à une triple peine : civile, pécuniaire, civique.
Ce verdict du tribunal correctionnel d’Abidjan est tombé juste après l’injonction adressée le 22 avril dernier par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) à la Côte d’Ivoire de surseoir au mandat d’arrêt visant Guillaume Soro et de placer en liberté provisoire une vingtaine de ses proches dont cinq parlementaires, des militants et des parents, tous accusés de « complicités » dans la commission des actes visés par la justice ivoirienne. Il n’y a pas de hasard qui tienne lorsque la politique et la justice agissent en symbiose comme c’est le cas dans l’affaire que voilà. La décision sans appel de la CADHP à laquelle Abidjan avait répondu avec snobisme a directement précipité la fuite en avant des autorités ivoiriennes dans ce dossier.
L’idée n’est pas de soutenir l’innocence ou la culpabilité de l’ex-rebelle, mais le bon sens sait souvent orienter vers la bonne direction. Il nous dit par exemple que si Soro avait accepté de rejoindre la coalition du RHDP fabriquée de toutes pièces par Ouattara, il serait encore, aujourd’hui, à son perchoir du parlement. De 2012 à 2019, ce jeune professionnel de la politique a été président de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire après avoir été ministre de la Défense. En Afrique, ce n’est pas rien, surtout pour quelqu’un qui n’a pas encore 50 ans.
L’Afrique ! On en est encore là, 60 ans après les indépendances, entre machineries politiciennes, hypocrisies morbides, intolérances têtues, appétits voraces pour le pouvoir. Jusqu’au risque de miner avec une charge de C4 les fragiles équilibres socio-ethniques et claniques qui survivent dans l’ombre d’un Etat dit de droit lui-même rétif à toute évolution mentale. La Côte d’Ivoire, comme beaucoup d’autres pays africains, est malheureusement en phase parfaite avec ces caractéristiques apocalyptiques pour lesquelles elle n’a pas encore totalement fini de réparer les blessures profondes que l’inconscience dramatique de certaines de ses élites lui a infligées dans un passé récent.
Nul ne sait ce qui surviendra demain dans ce pays moteur de la construction et de l’intégration en Afrique de l’Ouest, à l’heure où les éléphants politiques – les mêmes qui sont au front depuis presque trente ans - fourbissent leurs armes en direction de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Personne ne sait ce qui adviendra quand Guillaume Soro aura décidé de vendre chèrement sa peau – même si certains soutiennent qu’il s’est trop embourgeoisé et enrichi pour retourner dans le maquis, là où il a acquis ses premiers titres de noblesse. Nul ne sait ce qui proviendra d’une révolte intérieure si le rouleau compresseur des radicaux qui entourent Ouattara s’effondrai.
Finalement, pour la Côte d’Ivoire, au regard des fiançailles sans lendemain que les « chefs-éléphants » ont pris l’habitude de sceller entre eux, il n’y aura pas de salut en dehors d’un mariage raisonnable et assumé avec la modernité politique, celle qui laisse aux institutions républicaines l’arbitrage légal du jeu démocratique sous l’œil vigilant des citoyens. Cette option est d’autant plus incontournable que le président Ouattara ne sera plus, bientôt, le ciment qui fédère des clans et des ego pressés de toucher le Graal. En son absence, il n’est pas dit que Soro ne reviendra pas… C’est là tout le désespoir que procure aux Africains une démocratie qui désespère de ses élites.
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Les conjectures du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du Quai d’Orsay sur un cataclysme qui va s’abattre sur l’Afrique, d’Ouest au Centre, provoquant une « onde de choc » dévastatrice et débouchant, pour certains Etats, sur une « crise finale » ont interpellé bien des consciences africaines. Selon cette cellule du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, la crise sanitaire mondiale née du coronavirus va balayer un certain nombre d’Etats africains mal outillés pour endiguer cette maladie et, surtout, condamnés à faire les frais des révoltes populaires plus ou moins violentes des masses africaines excédées par des montagnes d’incompétences sous un nid épais de corruption.
La (mauvaise) surprise dans cette « note diplomatique » est moins sa fonction classique d’aide à la décision au service des intérêts français en Afrique que le caractère peu pertinent de son contenu et les orientations brutales qu’elle suggère au point de citer, en les catégorisant, les bons et les méchants d’entre les Etats confrontés à la crise du coronavirus.
Une étude d’anticipation sur l’avenir à court terme de régimes politiques africains aurait supposé des éléments d’appréciation ne relevant pas seulement des conséquences alléguées du coronavirus. Le seul dénuement des systèmes sanitaires et hospitaliers de ces pays, le soulèvement des masses populaires, et même la fonction systémique qu’y joue cette autre pandémie qu’est la corruption suffisent-ils à accréditer des bouleversements aussi gigantesques que ceux prédits par le CAPS ? L’histoire à venir le dira.
Le désespoir dans l’analyse atteint un point critique quand les rédacteurs de la « note diplomatique » transforment leur cénacle en une entité extérieure de « Pôle Emploi » avec cet appel d’offres lancé à destination de certaines élites africaines priées de se mettre en situation pour présider à brève échéance les Etats dominos. Ce qui les placerait de facto sous l’influence et la protection de Paris. Un éternel recommencement !
L’Effet Pygmalion recherché saute aux yeux : on suggère aux hommes d’affaires fortunés (Tony Elumelu ?), artistes célèbres (Youssou Ndour ?), cadres religieux ((Mahmoud Dicko ?) et aux diasporas africaines de capturer et de canaliser les mécontentements généralisés pour prévenir le chaos et jouer un rôle de premier plan dans des transitions politiques qui seraient inévitables.
Il est difficile d’imaginer que ces prédictions abracadabrantesques soient celles de la France officielle, celle qui tente d’accompagner les mutations profondes, politiques et citoyennes, économiques et sociales, dans un continent en ébullition sur un rythme qui lui est propre. Mieux vaut alors ne pas condamner cette Afrique à la géhenne au moment où la crise du coronavirus dévoile de façon nette l’ampleur des incompétences, imprévoyances, corruptions et égoïsmes qui caractérisent les systèmes de gouvernance des pays occidentaux dans cette période de crise inédite.
Avec un système de santé publique gangrené par divers facteurs en termes d’efficacité dans la prise en charge, victime de la corruption de ses élites, l’Afrique parvient jusqu’ici à contenir les ravages du Covid-19 avec sans doute l’appui de partenaires soucieux de son salut. Cela prouve que ce continent porte en lui des ressorts insoupçonnés lui permettant d’organiser une certaine résistance aux fléaux ambiants. Ce qui ne présage en rien de l’issue de la plus gigantesque déprime sanitaire du XXIe siècle.
C’est pourtant à ce niveau que l’Afrique et les Africains sont en droit d’attendre de tous leurs partenaires et amis les soutiens pour traverser cette situation difficile. De là découle l’une des leçons fondamentales à tirer de cette crise inattendue. C’est la nécessité pour les dirigeants africains de refonder – s’ils en ont encore la légitimité – les termes de la gouvernance autour d’un principe longtemps galvaudé au Sénégal sans jamais trouver de traduction concrète : «moins d’Etat, mieux d’Etat».
La crise du coronavirus a démontré qu’un Etat aux prérogatives régaliennes bien comprises et mises en œuvre avec intelligence ne dépérit jamais. Les pays africains ont besoin en urgence de cette vision pour se construire en répondant aux préoccupations de leurs populations, en particulier dans le domaine de la santé. Sous cet angle, beaucoup d’anomalies ne devraient plus se perpétuer, comme celle qui rémunère 100 000 FCFA une infirmière sur la ligne de front contre le coronavirus alors qu’un parlementaire formé à applaudir s’en tape quinze à vingt fois plus en dormant!
(Texte écrit le 8 avril 2020)
La (mauvaise) surprise dans cette « note diplomatique » est moins sa fonction classique d’aide à la décision au service des intérêts français en Afrique que le caractère peu pertinent de son contenu et les orientations brutales qu’elle suggère au point de citer, en les catégorisant, les bons et les méchants d’entre les Etats confrontés à la crise du coronavirus.
Une étude d’anticipation sur l’avenir à court terme de régimes politiques africains aurait supposé des éléments d’appréciation ne relevant pas seulement des conséquences alléguées du coronavirus. Le seul dénuement des systèmes sanitaires et hospitaliers de ces pays, le soulèvement des masses populaires, et même la fonction systémique qu’y joue cette autre pandémie qu’est la corruption suffisent-ils à accréditer des bouleversements aussi gigantesques que ceux prédits par le CAPS ? L’histoire à venir le dira.
Le désespoir dans l’analyse atteint un point critique quand les rédacteurs de la « note diplomatique » transforment leur cénacle en une entité extérieure de « Pôle Emploi » avec cet appel d’offres lancé à destination de certaines élites africaines priées de se mettre en situation pour présider à brève échéance les Etats dominos. Ce qui les placerait de facto sous l’influence et la protection de Paris. Un éternel recommencement !
L’Effet Pygmalion recherché saute aux yeux : on suggère aux hommes d’affaires fortunés (Tony Elumelu ?), artistes célèbres (Youssou Ndour ?), cadres religieux ((Mahmoud Dicko ?) et aux diasporas africaines de capturer et de canaliser les mécontentements généralisés pour prévenir le chaos et jouer un rôle de premier plan dans des transitions politiques qui seraient inévitables.
Il est difficile d’imaginer que ces prédictions abracadabrantesques soient celles de la France officielle, celle qui tente d’accompagner les mutations profondes, politiques et citoyennes, économiques et sociales, dans un continent en ébullition sur un rythme qui lui est propre. Mieux vaut alors ne pas condamner cette Afrique à la géhenne au moment où la crise du coronavirus dévoile de façon nette l’ampleur des incompétences, imprévoyances, corruptions et égoïsmes qui caractérisent les systèmes de gouvernance des pays occidentaux dans cette période de crise inédite.
Avec un système de santé publique gangrené par divers facteurs en termes d’efficacité dans la prise en charge, victime de la corruption de ses élites, l’Afrique parvient jusqu’ici à contenir les ravages du Covid-19 avec sans doute l’appui de partenaires soucieux de son salut. Cela prouve que ce continent porte en lui des ressorts insoupçonnés lui permettant d’organiser une certaine résistance aux fléaux ambiants. Ce qui ne présage en rien de l’issue de la plus gigantesque déprime sanitaire du XXIe siècle.
C’est pourtant à ce niveau que l’Afrique et les Africains sont en droit d’attendre de tous leurs partenaires et amis les soutiens pour traverser cette situation difficile. De là découle l’une des leçons fondamentales à tirer de cette crise inattendue. C’est la nécessité pour les dirigeants africains de refonder – s’ils en ont encore la légitimité – les termes de la gouvernance autour d’un principe longtemps galvaudé au Sénégal sans jamais trouver de traduction concrète : «moins d’Etat, mieux d’Etat».
La crise du coronavirus a démontré qu’un Etat aux prérogatives régaliennes bien comprises et mises en œuvre avec intelligence ne dépérit jamais. Les pays africains ont besoin en urgence de cette vision pour se construire en répondant aux préoccupations de leurs populations, en particulier dans le domaine de la santé. Sous cet angle, beaucoup d’anomalies ne devraient plus se perpétuer, comme celle qui rémunère 100 000 FCFA une infirmière sur la ligne de front contre le coronavirus alors qu’un parlementaire formé à applaudir s’en tape quinze à vingt fois plus en dormant!
(Texte écrit le 8 avril 2020)
Macky Sall et Boun Abdallah Dionne
Ce 20 mars, le ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République, s’est rendu à Touba où il a pris part à la prière du vendredi dans la capitale du mouridisme aux côtés du khalife général. En temps normal, cette présence d’une haute personnalité de l’Etat et premier collaborateur du président de la république serait passée inaperçue tant nos politiciens de tous bords ont pris l’habitude de rallier Touba pour diverses raisons dont les plus prégnantes sont d’ordre politique.
Mais avec la lutte (bien) enclenchée du reste par le chef de l’Etat Macky Sall contre les menaces du coronavirus, un certain nombre de directives sanitaires ont été prises sous l’autorité présidentielle pour sauver ce qui doit l’être, ce qui peut l’être. Dans le lot, il y a l’interdiction des rassemblements en tous lieux et sous toutes ses formes eu égard aux capacités de dissémination et de propagation du virus. Un arrêté ministériel a même été rendu public à cet égard, avec ses insuffisances certes.
Sous cet angle, la présence du SG général de la présidence de la république au milieu des fidèles de la mosquée de Touba est incompréhensible. Devant une opinion plus ou moins angoissée, elle persécute la cohérence d’ensemble qui devait accompagner une des mesures phare que les scientifiques travaillant contre le virus jugent stratégique et vitale dans l’issue de la «guerre» contre le virus.
Des centaines ou milliers de citoyens lambda ont sans doute bravé cette interdiction à travers le pays, mais quelle est la puissance d’un acte posé par un citoyen lambda en face d’un autre porté par l’un des plus hauts représentants de l’Etat et de la république ? Il est indispensable que le président de le république sache clairement ce qu'il veut. En attendant, nous disons que l'ex-Premier ministre a fait preuve d'une irresponsabilité inacceptable.
Les tentatives de justification (par certains journalistes) de la présence du Secrétaire général de la présidence de la république à la prière du vendredi à Touba (avec des sources totalement fermées) ne rendent pas service à la lutte censée devoir être menée contre le coronavirus.
Quand l'Etat et ses plus hauts représentants ne sont pas exemplaires avec les préconisations d'ordre sanitaire qu'ils ont eux-mêmes édictées, ils ne doivent pas en attendre grand chose de la part des autres citoyens. Ils brouillent solennellement les messages qu'ils voudraient faire passer. Ils rendent relatif et banal ce qui devait être exceptionnel et grave en affaiblissant toute une stratégie nationale de lutte qui, faute de gros moyens financiers, est fondamentalement assise sur la prévention à grande échelle.
Ces images montrant «l’Etat-Dionne» en prière à Touba, et celles relayant la chasse aux «citoyens-lambda» désireux de faire leur "vendredi" en d'autres endroits de la capitale sont désastreuses pour l'unité nationale contre le coronavirus. C’est du «tappalé» purement sénégalais auquel il faut opposer un coup d’arrêt ici et maintenant. Sinon, tout devient dérisoire et sans objet.
Mais avec la lutte (bien) enclenchée du reste par le chef de l’Etat Macky Sall contre les menaces du coronavirus, un certain nombre de directives sanitaires ont été prises sous l’autorité présidentielle pour sauver ce qui doit l’être, ce qui peut l’être. Dans le lot, il y a l’interdiction des rassemblements en tous lieux et sous toutes ses formes eu égard aux capacités de dissémination et de propagation du virus. Un arrêté ministériel a même été rendu public à cet égard, avec ses insuffisances certes.
Sous cet angle, la présence du SG général de la présidence de la république au milieu des fidèles de la mosquée de Touba est incompréhensible. Devant une opinion plus ou moins angoissée, elle persécute la cohérence d’ensemble qui devait accompagner une des mesures phare que les scientifiques travaillant contre le virus jugent stratégique et vitale dans l’issue de la «guerre» contre le virus.
Des centaines ou milliers de citoyens lambda ont sans doute bravé cette interdiction à travers le pays, mais quelle est la puissance d’un acte posé par un citoyen lambda en face d’un autre porté par l’un des plus hauts représentants de l’Etat et de la république ? Il est indispensable que le président de le république sache clairement ce qu'il veut. En attendant, nous disons que l'ex-Premier ministre a fait preuve d'une irresponsabilité inacceptable.
Les tentatives de justification (par certains journalistes) de la présence du Secrétaire général de la présidence de la république à la prière du vendredi à Touba (avec des sources totalement fermées) ne rendent pas service à la lutte censée devoir être menée contre le coronavirus.
Quand l'Etat et ses plus hauts représentants ne sont pas exemplaires avec les préconisations d'ordre sanitaire qu'ils ont eux-mêmes édictées, ils ne doivent pas en attendre grand chose de la part des autres citoyens. Ils brouillent solennellement les messages qu'ils voudraient faire passer. Ils rendent relatif et banal ce qui devait être exceptionnel et grave en affaiblissant toute une stratégie nationale de lutte qui, faute de gros moyens financiers, est fondamentalement assise sur la prévention à grande échelle.
Ces images montrant «l’Etat-Dionne» en prière à Touba, et celles relayant la chasse aux «citoyens-lambda» désireux de faire leur "vendredi" en d'autres endroits de la capitale sont désastreuses pour l'unité nationale contre le coronavirus. C’est du «tappalé» purement sénégalais auquel il faut opposer un coup d’arrêt ici et maintenant. Sinon, tout devient dérisoire et sans objet.
L’ancien premier ministre du Sénégal est une drôle de personnalité dans une drôle de gouvernance. Exfiltré de la primature pour incapacité à obtenir des résultats auprès de ses collègues du gouvernement, il est depuis le début du second (et dernier) mandat de Macky Sall, le secrétaire général de la présidence de la république. Mais hier comme aujourd’hui, il est encore décidé à être le Cassandre d’une mise à mort graduelle des institutions censées refléter la démocratie dans notre pays.
Mahamed Boun Abdallah Dionne ne se suffit plus d’être un devin outillé pour prédire un nombre maximal de candidats à une élection présidentielle, ni à souffler le pourcentage de voix sécurisé qui réélit un président. Il prophétise désormais l’avenir de son mentor à la tête du Sénégal pour un temps indéterminé en crachant sur une Constitution pour laquelle il a fait campagne il y a moins de quatre ans.
Cassandre ou oiseau de mauvais augure ? Les deux à la fois sans doute, mais il est surtout ce petit maure qui, après s’être ingurgité mille et un litres de thé à la menthe sous la tente du chef, s’en va porter des ballons de sonde un peu partout. D’une opinion publique désabusée à une classe politique émiettée en passant par une société civile faiblarde, toutes collectivement impuissantes à contrecarrer les desseins noirs d’un parti-Etat ayant pris goût à un autoritarisme naissant.
Ces messages de Dionne ne sont ni neutres ni innocents, ils viennent en appoint pour asseoir définitivement les pseudo-hésitations d’un président de la république incapable de dire aujourd’hui s’il se retire en 2024 ou s’il envisage, comme certains de ses collègues du «syndicat» des chefs d’Etat africains, un coup de force qui lui permettrait de faire un troisième mandat consécutif.
Le maure du palais est un drôle de responsable. En 2016, il se «disait favorable à la limitation des mandats.» Aujourd’hui, il a une autre religion sur le même sujet : «Est-il pertinent de limiter le nombre des mandats ?» Entre ces deux extrêmes, se dégage une si grande conviction !
Mahamed Boun Abdallah Dionne ne se suffit plus d’être un devin outillé pour prédire un nombre maximal de candidats à une élection présidentielle, ni à souffler le pourcentage de voix sécurisé qui réélit un président. Il prophétise désormais l’avenir de son mentor à la tête du Sénégal pour un temps indéterminé en crachant sur une Constitution pour laquelle il a fait campagne il y a moins de quatre ans.
Cassandre ou oiseau de mauvais augure ? Les deux à la fois sans doute, mais il est surtout ce petit maure qui, après s’être ingurgité mille et un litres de thé à la menthe sous la tente du chef, s’en va porter des ballons de sonde un peu partout. D’une opinion publique désabusée à une classe politique émiettée en passant par une société civile faiblarde, toutes collectivement impuissantes à contrecarrer les desseins noirs d’un parti-Etat ayant pris goût à un autoritarisme naissant.
Ces messages de Dionne ne sont ni neutres ni innocents, ils viennent en appoint pour asseoir définitivement les pseudo-hésitations d’un président de la république incapable de dire aujourd’hui s’il se retire en 2024 ou s’il envisage, comme certains de ses collègues du «syndicat» des chefs d’Etat africains, un coup de force qui lui permettrait de faire un troisième mandat consécutif.
Le maure du palais est un drôle de responsable. En 2016, il se «disait favorable à la limitation des mandats.» Aujourd’hui, il a une autre religion sur le même sujet : «Est-il pertinent de limiter le nombre des mandats ?» Entre ces deux extrêmes, se dégage une si grande conviction !
C’est avec une franchise sans frontières que le chef de l’Etat a affirmé, ouvertement et sans doute avec une idée cachée dans la tête, que le Sénégal n’a pas les moyens de rapatrier ses «13» ressortissants bloqués à Wuhan pour cause de propagation du coronavirus qui a déjà tué près de 600 personnes en Chine. Cette déclaration, à la fois surprenante et scandaleuse venant de la plus haute autorité du pays est un ATTENTAT politique contre le pays qu’il dirige, contre la diaspora sénégalaise et, surtout, contre ces infortunés compatriotes dont le seul tort est d’avoir été sur un mauvais lieu à un mauvais moment de leurs cursus universitaire.
En dépit du respect que l’on doit vouer au premier magistrat de notre pays, nous nous faisons un devoir de lui poser la question qui fâche, ou plutôt les questions : Monsieur le Président, si un de vos fils avait eu la malchance de se trouver à Wuhan au moment de l’épidémie, qu’auriez-vous fait ? Auriez-vous dit : je n’ai pas les moyens de le rapatrier ? Auriez-vous dit : c’est trop compliqué car il faut des moyens et de la logistique dont je ne dispose point ? L’auriez-vous abandonné dans cet enfer chinois devenu fantôme en arguant de votre impuissance ?
Le propre d’un grand Président, c’est justement de rendre possible l’impossible, de retourner les situations désespérées en opportunités et espérances, de transformer le mal en bien, le noir en bleu ciel… Il n’est donc pas de subir les événements en clamant son impuissance dans un monde que l’on sait sans doute impitoyable – notamment dans les rapports que les pays entretiennent entre eux, et vous en savez quelque chose. Mais vous, vous êtes le dernier à manquer de ressorts et de possibilités pour agir.
Un peu d’imagination et de folie dans la tête vous aurait suggéré de contacter vos «alliés» dans le monde afin d’aider vos pauvres compatriotes à échapper à un phénomène brutalement surgi de nulle part. La France, les Etats-Unis, le Canada, la Grande Bretagne, la Russie, par exemple, ont trouvé les moyens d’aller chercher ceux de leurs ressortissants qui voulaient quitter Wuhan. Le Maroc l’a fait, l’Algérie aussi, et j’en passe.
Depuis 8 ans que vous êtes au pouvoir, vous avez tellement fait pour la France, pour son économie et ses entreprises installées au Sénégal qu’elle avait le devoir moral et humain de vous aider à rapatrier nos compatriotes. Avez-vous sollicité votre ami Emmanuel Macron à cet effet ? La Chine, omniprésente dans notre pays, serait-elle incapable de vous faire exfiltrer 13 personnes de Wuhan ? Pourquoi avez-vous démissionné si tôt alors même que la partie ne faisait que commencer ? Que se cache-t-il dans votre posture incompréhensible, comme celle d’un Général qui dit à ses troupes : nous allons perdre la guerre, pas la peine de se battre ?
Cet «abandon» de vos compatriotes en rase campagne chinoise, cette insouciance dramatique, ce «refus» de se casser la tête pour imaginer des solutions… Finalement, en regard de votre manière de gouverner, tout cela semble implacablement logique. Hélas !
En dépit du respect que l’on doit vouer au premier magistrat de notre pays, nous nous faisons un devoir de lui poser la question qui fâche, ou plutôt les questions : Monsieur le Président, si un de vos fils avait eu la malchance de se trouver à Wuhan au moment de l’épidémie, qu’auriez-vous fait ? Auriez-vous dit : je n’ai pas les moyens de le rapatrier ? Auriez-vous dit : c’est trop compliqué car il faut des moyens et de la logistique dont je ne dispose point ? L’auriez-vous abandonné dans cet enfer chinois devenu fantôme en arguant de votre impuissance ?
Le propre d’un grand Président, c’est justement de rendre possible l’impossible, de retourner les situations désespérées en opportunités et espérances, de transformer le mal en bien, le noir en bleu ciel… Il n’est donc pas de subir les événements en clamant son impuissance dans un monde que l’on sait sans doute impitoyable – notamment dans les rapports que les pays entretiennent entre eux, et vous en savez quelque chose. Mais vous, vous êtes le dernier à manquer de ressorts et de possibilités pour agir.
Un peu d’imagination et de folie dans la tête vous aurait suggéré de contacter vos «alliés» dans le monde afin d’aider vos pauvres compatriotes à échapper à un phénomène brutalement surgi de nulle part. La France, les Etats-Unis, le Canada, la Grande Bretagne, la Russie, par exemple, ont trouvé les moyens d’aller chercher ceux de leurs ressortissants qui voulaient quitter Wuhan. Le Maroc l’a fait, l’Algérie aussi, et j’en passe.
Depuis 8 ans que vous êtes au pouvoir, vous avez tellement fait pour la France, pour son économie et ses entreprises installées au Sénégal qu’elle avait le devoir moral et humain de vous aider à rapatrier nos compatriotes. Avez-vous sollicité votre ami Emmanuel Macron à cet effet ? La Chine, omniprésente dans notre pays, serait-elle incapable de vous faire exfiltrer 13 personnes de Wuhan ? Pourquoi avez-vous démissionné si tôt alors même que la partie ne faisait que commencer ? Que se cache-t-il dans votre posture incompréhensible, comme celle d’un Général qui dit à ses troupes : nous allons perdre la guerre, pas la peine de se battre ?
Cet «abandon» de vos compatriotes en rase campagne chinoise, cette insouciance dramatique, ce «refus» de se casser la tête pour imaginer des solutions… Finalement, en regard de votre manière de gouverner, tout cela semble implacablement logique. Hélas !
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