« Monsieur Trump n’est pas un homme de paix. C’est un homme de déstabilisation du monde. » Quoi de plus factuel ? On a le sentiment que les propos du premier ministre sénégalais sont bien modérés par rapport aux désordres qu’un vieux potentiel criminel de guerre inflige à la planète tout entière depuis janvier 2025. En toute impunité. Mais il ne fallait pas les rendre publics, ces propos ! Il fallait les chuchoter doucement aux oreilles de quelques collaborateurs qui les auraient gardés pour eux-mêmes.
Il est utile de rappeler que c’est par une sorte de rituel sacrificiel obligé que le locataire actuel de la Maison Blanche est entré en guerre contre l’Iran en balançant 2 missiles sur une école fréquentée par des enfants à Mineb en Iran, tuant plus de 300 personnes le 28 février 2026. Au mépris du Droit international (ou de ce qu’il en reste !). Devant les télévisions du monde entier, sans sourciller, sans l’once d’humanité qui devrait fait frémir tous les papas et mamans que compte la terre, il a assumé cette performance criminelle, tout naturellement, presque en rigolant. C’est Trump !
C’est le même gars qui, en janvier 2026, a supervisé (depuis la Situation room de la Maison Blanche) puis revendiqué l’enlèvement et le transfert chez lui aux Usa de Nicolas Maduro, président en exercice d’un Etat souverain et indépendant, le Venezuela, au mépris (toujours) de ce qui est encore pour une majorité de pays le Droit international.
C’est également ce même président des Etats-Unis d’Amérique qui, lors de son premier mandat 2016-2020, a insulté l’Afrique entière avec une expression devenue célèbre : pays de merde.
De quoi Trump est-il le nom ? L’association de malfaiteurs - corrompue et messianique - qu’il forme avec son acolyte Benyamin Netanyahu est sans doute la pire des tragédies qui secouent le monde. Il n’est pas fortuit d’ailleurs que son compère sioniste soit, depuis novembre 2024, à la fois sous mandat d’arrêt international de la CPI pour crimes de guerre et crime contre l’humanité à Gaza et en procès pour corruption dans trois affaires distinctes devant les tribunaux de l’entité terroriste et coloniale que l’on appelle Israël.
C’est donc ce sinistre individu dont tous les superlatifs négatifs de la langue française ne suffiraient pas à ressortir la quintessence de ce qu’il est en réalité que des gens bien de chez nous se plaisent à défendre d’une certaine manière. Sans argument crédible. On a même entendu un diplomate dire sur une radio que ce n’était ni le lieu ni le moment (meeting avec Pascal Boniface) pour lâcher des propos si graves d’Ousmane Sonko ! Ce qui laisse supposer donc qu’il y a bien un lieu et un moment pour lesquels les propos du PM pouvaient être dits ! L’argument saute faute de crédibilité.
De quoi sommes-nous le nom pour nous indigner en protégeant la réputation (déjà tordue) d’un individu à l’immoralité reconnue de tous et de toutes et qui mérite d’être mis face à ses responsabilités ? On nous parle de diplomatie ! Soit. C’est quoi la diplomatie ? Un ensemble de rites, pratiques, d’us et de coutumes que les Etats conviennent de partager entre eux pour établir un minimum de paix dans le monde. La diplomatie n’est donc pas une matière scientifique (au sens usuel du terme) que l’on peut convoquer à tout bout de champ pour légitimer ou délégitimer des propos substantiellement politiques et absolument véridiques et courageux. A la place, ces doctes indignés sans cause recommandent le silence, le refoulement de nos frustrations, la souffrance intérieure face aux crimes innommables et assumés de la doublette Trump/Netanyahu et, en fin de compte, la soumission et l’indifférence face au réel.
Ce que notre diplomatie n’ose pas dire des entreprises criminelles israélo-américaines contre des pays et peuples libres, notamment la Palestine et l’Iran, Ousmane Sonko l’a caractérisé en des mots simples que le plus grotesque des présidents américains incarne parfaitement. C’est la fourberie d’un personnage sans foi ni loi et animé d’une volonté de puissance sans bornes qui menace le monde, et elle seule.
Des représailles contre le Sénégal ? C’est cela un de nos problèmes : cette culture séculaire enfouie dans le subconscient de nos élites politiques et qui lierait notre sort au bon vouloir des « grands » de ce monde. Des élites dépersonnalisées à outrance et déconnectées de leurs milieux d’origine par des décennies d’acculturation lesquelles ont fini par leur faire prendre des vessies pour des lanternes dans toutes les circonstances. La diplomatie de façade est passe par là, celle des compromissions, des faux-semblants et des calculs tactiques perdants qui elles finit par nous produire des militants de leurs propres ambitions au détriment d’une diplomatie de souveraineté active.







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