L’Iran a accusé mardi les États-Unis d’avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.
Les signes d’ouverture de ces derniers jours ont de nouveau cédé la place à une rhétorique martiale, dans un conflit où les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril, mais où les menaces ne cessent pas tout comme le blocage du détroit d’Ormuz, faisant flamber les prix du pétrole.
« L’armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu […], a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d’Hormozgan », a déclaré le ministère des Affaires étrangères, sans préciser la nature des faits.
Et de prévenir : « La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse et n’hésitera pas à défendre la nation iranienne ».
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit des sites de lancement de missiles dans le sud de l’Iran.
L’Iran n’a pas officiellement confirmé l’information, mais les médias d’État ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas, et annoncé qu’une enquête était en cours pour en déterminer l’origine.
Dans un autre incident, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir abattu un drone américain et tiré sur d’autres aéronefs tentant de pénétrer dans l’espace aérien du pays, sans préciser la date de ces incidents.
Les dernières frappes américaines connues remontent à début mai quand le sud de l’Iran avait été visé, provoquant une riposte de l’armée iranienne sur des bateaux dans le détroit d’Ormuz. Une « broutille », avait alors dit Donald Trump.
Internet partiellement rétabli
Portés la veille par l’espoir d’un accord, les marchés mondiaux ont « retrouvé un ton plus prudent », malgré « l’optimisme du week-end », commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com. Les Bourses européennes hésitaient à la mi-journée et le pétrole est reparti à la hausse.
En Iran, les autorités ont annoncé de premières mesures pour rétablir internet après une coupure quasi-totale depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine le 28 février. L’ONG étrangère de surveillance de la cybersécurité NetBlocks avait auparavant fait état d’un rétablissement « partiel ».
« Depuis quelques minutes, je peux ouvrir des sites internet internationaux avec mon fournisseur d’accès », a déclaré à l’AFP une habitante de 22 ans de la ville occidentale de Kermanshah, ajoutant qu’elle avait toutefois toujours besoin de VPN (réseau privé virtuel) pour accéder aux réseaux sociaux.
Malgré les menaces, les tractations diplomatiques se poursuivent. De hauts responsables iraniens, dont le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rendus lundi à Doha, une première depuis le début de la guerre.
Le gouverneur de la Banque centrale a également fait le déplacement pour discuter des fonds gelés à l’étranger en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d’avoirs, selon l’agence de presse Tasnim. [AFP]







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