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Une militante française de la flottille pour Gaza accuse Israël de violences sexuelles et de torture

Mardi 26 Mai 2026

Laetitia Merle, le bras levé et portant un foulard palestinien
Laetitia Merle, le bras levé et portant un foulard palestinien

Laetitia Merle, l’une des activistes françaises de la Flottille Sumud, accuse les forces israéliennes d’avoir infligé des violences physiques, psychologiques et sexuelles aux militants retenus pendant quatre jours après la prise de contrôle de leur navire par Israël dans les eaux internationales, une opération considérée comme illégale au regard du droit international.

 

Les militants français de cette flottille propalestinienne, capturée alors qu’elle tentait d’acheminer une aide humanitaire vers la bande de Gaza, sont rentrés en France la semaine dernière par différents vols.

 

De retour à Paris le 22 mai, Laetitia Merle a raconté à Anadolu avoir été « kidnappée dans les eaux internationales » par les forces israéliennes et soumise à « des violences sexistes et des tortures » pendant sa détention illégale.

 

Selon elle, les militaires israéliens l’ont interrogée sur de supposés liens avec le Hamas, accusation qu’elle affirme avoir rejetée en expliquant participer à une mission humanitaire.

 

La militante affirme que les hommes et les femmes ont été séparés dès leur arrestation puis soumis à des humiliations et à des privations d’eau, de nourriture, de soins et de sommeil.

 

Elle raconte que les détenus étaient réveillés durant la nuit pour être forcés de marcher « à quatre pattes », attachés les uns aux autres, dans les lieux de détention. Elle affirme également avoir été frappée après avoir crié « Free Palestine » devant le ministre israélien d'extrême droite Itamar Ben-Gvir.

 

Laetitia Merle affirme aussi que les détenus ne recevaient qu’une vingtaine de bouteilles d’eau pour environ 160 personnes toutes les six heures à bord du navire transformé en centre de détention temporaire. Selon elle, des packs d’eau auraient été jetés depuis les passerelles, manquant de blesser certains militants.

 

Elle accuse également les forces israéliennes d’avoir menacé les activistes avec des balles en caoutchouc, des armes à impulsion électrique et des chiens afin de les forcer à entrer dans des conteneurs avant leur arrivée au Port d'Ashdod.

 

Selon son témoignage, deux militants turcs auraient été emmenés pour être battus lors des interrogatoires. « J’ai entendu leurs cris », affirme-t-elle.

 

La militante française déclare également avoir été menottée dans le dos avec des liens plastiques serrés « jusqu’à perdre connaissance », avant l’intervention d’un médecin. Elle affirme que certains détenus ont ensuite été emmenés pour être frappés hors de leur cellule.

 

Elle dit avoir été privée de son traitement contre l’hypertension et affirme que certaines femmes ont été dénudées et fouillées manuellement sans justification sécuritaire. Après consultation d’un avocat à son retour en France, elle estime que ces pratiques relevaient d’« agressions sexuelles ».

 

Laetitia Merle accuse par ailleurs les forces israéliennes d’avoir eu des comportements « racistes » et « sexistes », affirmant notamment que des militantes voilées ont vu leur voile arraché. Elle affirme également que des chiens ont été utilisés pour intimider les femmes détenues.

 

« Cela a été quatre jours d’enfer », a-t-elle déclaré, affirmant vouloir « rendre visibles les souffrances du peuple palestinien ».

 

L’initiative Flottille mondiale Sumud s’inscrit dans le cadre d’une série d’efforts internationaux visant à rompre le blocus israélien imposé à Gaza depuis 2007, en violation flagrante de toutes les conventions, règles et lois humanitaires et internationales.

 

La crise humanitaire dans la bande assiégée a atteint des niveaux catastrophiques depuis le déclenchement de la guerre en octobre 2023, aggravée par des destructions massives d’habitations et le déplacement forcé de près de 1 500 000 Palestiniens à l’intérieur des territoires occupés. [Press TV]

 
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