Les anciens premiers ministres défilent suivis d’ex-ministres de l’intérieur, des finances, etc, tous des libéraux néocoloniaux au palais du « président légal ». La dictature du régime présidentialiste institué en 1963 suite au coup d'État de 1962 reprend droit de cité après l’espérance immense née de la résistance du peuple qui a vaincu dans les urnes l’autocratie liberticide et criminelle qui a infligé 80 morts, des tortures et des emprisonnements. Les vies brisées planent sur le ralliement en cours à la bourgeoisie bureaucratique d’État néocolonial chassée de la présidence et de l’Assemblée nationale par le vote du peuple. La montagne de la « révolution » souverainiste panafricaine anti-impérialiste promise a enfanté la souris des ambitions personnalisées dont l’une des racines de classe est la cohabitation économique et sociologique en position subordonnée du féodalisme au capitalisme néocolonial qui est l’essence structurelle même du colonialisme.
Les victoires électorales du camp souverainiste présidentielle du « président légal » imposé par l’exclusion forcée du « président légitime » et législative ont permis le départ des bases militaires françaises, les renégociations en cours des contrats d’exploitation des entreprises impérialistes dans la pêche, les mines, le pétrole, le gaz, la remise en cause des exonérations indues attribuées aux groupes capitalistes et impérialistes, la révélation de la dette cachée et du taux d’un endettement colossal prélude au refus de sa restructuration dictée par le FMI/BM/Agence de notation, la recherche de la diversification des Investissements Directs Étrangers (IDE), une diplomatie sous régionale pour neutraliser les velléités guerrières de la CEDEAO vassale de la françafrique, de l’eurafrique et de l’usafrique contre l’AES, sans oublier les efforts de baisse des prix, etc.
Les contentieux déclarés entre le « président légal » et le « président légitime » portent sur la question des « caisses noires », l’exigence de la reddition des crimes de sang et financiers et la soumission du premier aux impérialistes avec l’épisode honteux du « prix Nobel de la paix » au commerçant cowboy Trump fauteur d’agression contre les peuples et à leurs valets néocoloniaux de la CEDEAO/UEMOA.
La tendance à réduire la mutation du duo en duel entre le « président légal » et le « président légitime » aux seules ambitions présidentielles de 2029 ne tient pas compte de la profondeur de l’héritage néocolonial de l’État à tous ses échelons et de la nature intrinsèquement coloniale de l’économie nationale extravertie. Il y a une certaine naïveté, voire une duperie qui consiste à ne pas relier ce limogeage au sommet françafricain du Kenya où le président de l’impérialisme français à réuni ses affidés « francophones et anglophones » ?
L’impérialisme français en butte avec le réveil du souverainisme sénégalais projette que « Le Sénégal : (est) un partenariat stratégique pour l’innovation éducative et agroalimentaire… Le Sénégal, acteur majeur de l’Afrique de l’Ouest, est un partenaire privilégié dans la nouvelle dynamique diplomatique française. Le pays bénéficie d’un potentiel important dans les secteurs du numérique, de l’éducation et de l’agro-industrie, qui sont au cœur des ambitions franco-africaines. Le projet de création d’un campus technologique franco-sénégalais illustre cette vision. Ce campus doit devenir un hub d’innovation, combinant formation en intelligence artificielle, développement durable, et agriculture intelligente. Il vise à former des talents capables de relever les défis locaux tout en intégrant les standards internationaux. Sur le plan agroalimentaire, la coopération s’oriente vers la transformation locale des produits agricoles phares du Sénégal, notamment l’arachide, le riz et les fruits tropicaux. La France s’engage à soutenir les investissements conjoints dans des infrastructures agro-industrielles, favorisant la création de chaînes de valeur régionales compétitives. Enfin, le soutien à l’initiative Dakar Hub éducatif ambitionne de positionner le Sénégal comme une plaque tournante régionale pour la formation professionnelle et technique, dans une logique inclusive et tournée vers la jeunesse » (présenté au sommet du Kenya).
Au Kenya, a été ainsi tendu au « président légal » l’appât d’« accompagner les transitions avec nos financements, notre expertise et notre réseau, c’est vraiment ce qui définit aujourd’hui nos lignes d’intervention sur le continent » que le Général français Lecointre a explicité ainsi : « Nous avons toujours essayé, nous Français, d’entraîner les Européens dans cette prise de conscience de la nécessité d’agir collectivement en Afrique et en Méditerranée. Je suis absolument désolé de voir l’échec de nos engagements au Sahel »; « notre destin commun, nous européens c’est la Méditerranée et l’Afrique, (…) la nécessité d’agir collectivement en Afrique et en Méditerranée »; « un continent qui est de plus en plus entrain de s’enfoncer dans la destruction des appareils d’états (…) ». « L’Europe devra se décider à aller défendre ses intérêts, y compris par les moyens militaires ».
La coïncidence du limogeage avec la libération par grâce royale marocaine et l’accueil présidentielle des supporters emprisonnés n’est pas non plus un hasard parce que l’ex-président autocrate y est exilé et que le Royaume Chérifien joue de plus en plus la fonction de tête de pont pour la reconquête projetée par les impérialistes françafricain, eurafricain et usafricain.
Force est de constater que le « président légal » est en passe de devenir le nouveau « butin de guerre » de la françafrique.
Que peut faire maintenant « le président légal » après ce limogeage. Pour y répondre, il faut constater que les forces politiques libérales néocoloniales agissent dans l’ombre pour diviser pour mieux régner – les entristes du camp souverainiste de la « coalition », les fractions BBY qui ont soutenu le candidat ex-premier ministre, le PDS, Taxaw, sans omettre les libéraux encore tapis dans Pastef et APTE –. Ces forces ont la particularité d’être toutes discréditées constituent la base politique de l’opération de transfuge du camp souverainiste vers le camp néocolonial libéral.
Derrière ces politiciens discrédités sont tapis l’impérialisme françafricain et ses affidés régionaux de la CEDEAO/UEMOA.
La menace n’est donc pas ces forces politiques que le peuple abhorre. Donc la vraie menace est la division qui émiette et oppose les forces de la transformation souverainiste du pays en raison des ambitions carriéristes, de l’opportunisme et de l’entrisme trotskiste. Voilà pourquoi la clarté exigée est la démission de tous ceux et celles qui ont été nommés par décret présidentiel.
Le constat de l’inanité politique des opposants externes néocoloniaux libéraux au sein du peuple laisse entrevoir que l’hypothèse d’une politique répressive à terme, à l’instar du coup d’état de Senghor contre Mamadou Dia, pour annihiler la popularité du leadership de Pastef et son leader.
Il faut s’y préparer en toute conscience pour resserrer les rangs et bâtir démocratiquement une direction collégiale capable d’y faire face. A cette hypothèse, à ne pas sous-estimer, ajoutons l’extension possible de la guerre de l’OTAN par mercenaires djihado-terroristes que l’on voit contre l’AES surtout en cas d’échec des autres stratagèmes déstabilisateurs. La masse d’enfants mendiants de certains Daaras qui devraient être à l’école ou en formation professionnelle est un terreau potentiel pour ce type de provocation hostile contre le souverainisme.
Cette rupture avec l’engagement souverainiste panafricain dans notre pays pose aussi la question du régime politique le plus à même de constituer un antidote au présidentialisme qui garde la marque d’une monarchie à l’image de la personnification et la personnalisation maraboutique confrérique. C’est là une conséquence de la désidéologisation induite par l’hégémonie culturelle du libéralisme que la gauche a cessé de combattre par l’intégration des principaux leaders dans l’État néocolonial. Ce qui est valable en religion ne l’est nullement en politique.
Le régime parlementaire est une réponse idoine nécessaire par suffisante au présidentialisme autocratique parce que c’est un régime de partis et non du président personnifié. Le chef d’État et le pouvoir exécutif sont issus de la majorité adoubée par le vote du peuple.
Ce limogeage-trahison du camp souverainiste est un recul dans la longue lutte pour libérer notre pays du néocolonialisme. C'est un coup dur à la Pyrrhus qui sera prolongé par des tentatives de neutralisation, y compris par la répression, à laquelle nous devons nous préparer et préparer le peuple pour y faire face victorieusement.
Nous avons perdu la bataille de l'unité, critique, unité mais pas la guerre de la victoire à venir du camp souverainiste. Le congrès de Pastef doit mettre en rang de bataille les militants et le peuple. Tenons bon, ne pas se décourager, la lutte continue jusqu’à la victoire.
24/05/26
Diagne Fode Roland







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