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Réponse au Professeur Ibrahima Thioub : la comédie de la neutralité intellectuelle!

Jeudi 9 Juillet 2026

« Professeur Thioub, l'histoire vous regarde : vous n'êtes pas neutre, vous êtes un produit du système ». L’habit de l'historien ne fait pas le moine!

 

Professeur Thioub, votre article se présente comme une réflexion lucide d'un historien éminent sur la révision constitutionnelle. 

 

Pourtant, après une lecture profonde, il s'agit d'un réquisitoire politique à peine déguisé. Recteur de l'UCAD de 2014 à 2020 sous l'ancien régime, vous avez été un rouage du système que vous critiquez aujourd'hui avec une virulence suspecte. Pendant six ans, vous avez dirigé la plus grande université d'Afrique de l'Ouest. Quel bilan ? Les étudiants se souviennent encore : des grèves, des campus dégradés. Pendant que vous receviez des titres honorifiques à Nantes, Bordeaux et Sciences Po, l'université s'effondrait.

 

Bizarre que deux anciennes villes négrières, qui toutes deux possédaient des ports de débarquement de nos ancêtres noirs, vous distinguent. Décidément, le révisionnisme historique se récompense bien.

 

Et voilà qu'après 66 ans d'indépendance, après des décennies de gestion calamiteuse, vous vous permettez de dresser un bilan négatif d'un pouvoir qui n'a que deux ans.

 

Vous avez servi ce système. Vous en êtes un produit, un bénéficiaire. Votre article n'est pas une contribution intellectuelle, c'est une opération de réhabilitation personnelle déguisée en critique savante.

 

La « neutralité » académique : une posture, pas une position!

 

Vous écrivez : « N'étant pas constitutionnaliste, je ne m'attarderai pas sur les aspects techniques de la réforme proposée. » Puis vous passez les trois quarts de l'article à discuter de politique, d'économie, de culture. C'est une figure de style bien connue : annoncer qu'on ne va pas parler de quelque chose pour en parler pendant des pages.

 

Cette posture de « modeste historien qui pose des questions » est un trompe-l'œil. Vous ne posez pas des questions, vous assénez des jugements. Vous ne cherchez pas à comprendre, vous cherchez à disqualifier.

 

Où sont les chiffres, Professeur ? Vous parlez d'« impasse économique » sans fournir le moindre indicateur. Vous évoquez des « transformations limitées » sans étayer. Vous dénoncez un « train de vie des gouvernants » sans l'ombre d'une preuve. Un historien de votre rang sait que l'affirmation sans preuve est la marque du militant, pas du chercheur. Les chiffres qui vous contredisent formellement!

 

Puisque vous avez choisi de parler d'économie, parlons-en avec les chiffres officiels de l'ANSD que vous avez sciemment ignorés :

 

Une croissance multisectorielle exceptionnelle

 

Au quatrième trimestre 2025, le Sénégal a enregistré une croissance de 3,1 % du PIB réel. Sur l'ensemble de l'année 2025, la croissance atteint 6,7 %, après 6,9 % en 2024. 

 

Le secteur secondaire a bondi de 16,7 % sur l'année, le secteur primaire de 7,0 %. L'agriculture progresse de 4,7 %, l'élevage de 3,9 %, la construction de 6,9 %, les services financiers de 9,7 %.

 

Ce ne sont pas les hydrocarbures seuls qui portent notre économie, comme vous le suggérez. C'est un redressement multisectoriel.

 

Un déficit budgétaire en chute libre!

 

Le déficit budgétaire est passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025, une réduction de plus de moitié en un an. 

 

La balance commerciale est excédentaire pour la première fois depuis 1962, avec un excédent de 183,8 milliards FCFA en mars 2026.

 

La dette : les irrégularités que vous minimisez!

 

Vous évoquez la dette comme une « discussion animée ». Pourtant, la dette cachée s'élève à 15 000 milliards FCFA, une ampleur inédite en Afrique. La Cour des comptes a révélé que le montant de la dette était évalué à 99 % du PIB, bien au-delà des chiffres officiels. 

Le FMI lui-même a reconnu un « misreporting » pendant des années.

 

Vous faites comme le FMI : vous minimisez la gabegie du passé pour critiquer le redressement du présent. Or le FMI, qui avait validé ces chiffres et félicité l'ancien régime, se permet aujourd'hui de donner des leçons.

 

La rigueur budgétaire : une réalité que vous niez!

 

Vous parlez d'« impasse économique », mais la réalité est tout autre. Sous la direction du Premier ministre Ousmane Sonko, les finances publiques ont connu une gestion rigoureuse et transparente, malgré des conditions exceptionnellement difficiles :

 

- Absence de décaissements extérieurs : le FMI a suspendu ses appuis, le Sénégal a tenu.

- Boycott du FMI : le pays a résisté, les salaires ont été payés à temps, l'économie a fonctionné.

- Baisse généralisée des prix : malgré la conjoncture, certaines denrées alimentaires (riz, huile, sucre, etc.) et d'autres secteurs comme le ciment, l'électricité ont vu leurs prix baisser.

- Contexte mondial hostile : récession mondiale, guerres Russie-Ukraine, Iran, USA, Israël, tensions Amérique-Chine, vous ignorez royalement ces facteurs dans votre analyse.

 

Et pourtant, notre économie a non seulement résisté, elle a crû. Le PRESS (Plan de Redressement Économique et Social) est une réponse parfaite et adéquate à cette conjoncture.

 

Les victoires historiques que vous passez sous silence

 

Votre article est muet sur les avancées majeures de ce régime. Pourtant, elles sont historiques :

 

- Le départ des militaires français en terre sénégalaise

Après 172 ans de présence militaire française au Sénégal  depuis Faidherbe en 1854, les troupes françaises ont quitté notre sol en 2026. 

C'est une victoire historique, une étape majeure vers la souveraineté pleine et entière.

 

-La renégociation des contrats

 

- Secteur minier : les contrats ont été renégociés à l'avantage du Sénégal.

- Hydrocarbures : les termes ont été revus pour une meilleure répartition des richesses.

- Licences de pêche : les accords avec l'Union européenne ont été résiliés, mettant fin à une exploitation déséquilibrée de nos ressources halieutiques.

- La transparence financière!

 

La Cour des comptes a publié un rapport accablant sur la gestion de l'ancien régime, avec une dette cachée évaluée à 99 % du PIB, une ardoise de plus de 15 000 milliards FCFA révélée au grand jour. Tout cela ne compte pas pour vous, Professeur ? Alors permettez-moi de vous dire : vous êtes disqualifié, intellectuellement, pour apporter une analyse crédible.

 

La culture politique : le fatalisme comme arme idéologique! 

 

Vous écrivez que le « conservatisme sénégalais n'est pas d'abord idéologique : il est culturel ». C'est une forme de mépris, pour ne pas dire de racisme culturel doux. Vous enfermez le peuple sénégalais dans une immutabilité, comme si les Sénégalais que nous sommes étions condamnés à la servitude politique par notre ADN.

 

Mais les faits vous contredisent. La jeunesse, qui constitue les deux tiers de la population, s'est politisée comme jamais. Ce qui dérange et heurte des gens comme vous, c'est de constater avec faiblesse cette jeunesse porter et choisir Ousmane Sonko comme leader politique. 

 

 Avec ce choix assumé, la jeunesse montre qu'elle ne veut plus de la politique du ventre, des clientélismes et des fidélités personnelles.

 

Vous-même : une figure du système!

 

Recteur de l'UCAD pendant six ans, vous êtes un acteur du bilan que vous prétendez évaluer. Avez-vous une seule mesure majeure pour redresser l'université ? Votre passage n'a rien changé. Dara ! Touss ! Nada ! Kherr ! Bref, Professeur, Todjio fenn !

 

Votre stratégie est connue : ça avait marché sous l'ancien régime : critiquer le pouvoir en place, jouer la carte de l'indépendance d'esprit, pour espérer décrocher une nomination. Professeur Meissa Diakhaté a excellé dans cet art. Vous empruntez le même chemin.

 

L'appel de Cheikh Anta Diop pour la jeunesse!

 

Vous enseignez l'histoire. J'ose espérer que vous avez entendu parler de cet appel du maître : « Armez-vous de savoir jusqu'aux dents et allez arracher votre patrimoine culturel. »

 

Pourtant, votre article est un hymne à la prudence, un plaidoyer pour la continuité. Vous appelez à la modération quand Diop nous appelait à réclamer notre patrimoine, quitte même à l'arracher. N'est-ce pas là la marque de votre génération ? Celle qui, après l'indépendance, a laissé le pays s'installer dans l'ornière. 

 

Tout le contraire de la nôtre. Notre génération a le sacerdoce de Wole Soyinka en mission : ne pas passer notre temps précieux à réclamer notre négritude, mais plutôt bondir sur notre proie. Les deux tiers des Sénégalais ont soif de justice et de souveraineté. Vous leur dites qu'ils ne peuvent rien changer.

 

Assumer sa posture : l'audace et le courage!

 

Professeur Thioub, vous vous déguisez sous le manteau de l'analyse pour émettre un jugement. Mais votre article n'est ni neutre, ni objectif. Il est politique. Alors, Professeur : assumez votre posture. Dites clairement que vous êtes un opposant au parti Pastef, comme d'ailleurs le sont beaucoup d'intellectuels. Dites que vous regrettez l'ancien régime. Mais ne nous faites pas avaler la pilule de la « neutralité académique ».

 

Moi, je l'assume pleinement : je suis un militant de Pastef. Je soutiens Ousmane Sonko. Je crois en sa vision pour le Sénégal. Je suis fier des réalisations de ce régime en seulement deux ans. Et je le dis haut et fort.

Nietzsche le disait dans Ainsi parlait Zarathoustra : le courage est une femme, il n'épouse que les audacieux.  La jeunesse sénégalaise a fait ce choix : elle a épousé le courage, la rupture, la souveraineté. Elle ne reviendra pas en arrière.

 

Priez pour nous, Professeur!

Professeur Thioub, vous appelez à une « introspection politique ». Faites-en vous-même le premier exercice. Interrogez-vous sur votre rôle dans le système que vous critiquez. Demandez-vous ce que vous avez réellement apporté à ce pays en cinq décennies. L'université de Touba est un bon repère. Allez-y prier pour nous, puisque vous ne pouvez plus nous enseigner. Car quoi que vous écriviez, le basculement est irréversible.

 

Aux jeunes de ce pays : ne laissez personne vous dire que vous ne pouvez pas changer les choses. L'histoire est écrite par ceux qui osent, pas par ceux qui doutent. Ce pays se fera. Pas par votre génération. Justement par la nôtre, celle d'Ousmane Sonko.

 

Cheikh Djibril Kane

Historien-Culturaliste, militant assumé de Pastef 

 
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