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« Les cadres de PASTEF et le mythe du plébiscite populaire » (par Maimouna Astou Yade)

Dimanche 28 Juin 2026

Un meeting du parti Pastef-Les patriotes (photo DR)
Un meeting du parti Pastef-Les patriotes (photo DR)

L’argument selon lequel la majorité parlementaire disposerait d’un mandat suffisant pour réviser profondément la Constitution sans consulter le peuple ne résiste pas à l’analyse.

 

- Oui, le Président de la République a remporté l’élection présidentielle de 2024. 

- Oui, PASTEF dispose aujourd’hui d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale. 

 

Personne ne conteste cette légitimité démocratique. Mais cette légitimité est celle de gouverner, elle n’est pas automatiquement celle de modifier, seul, le pacte constitutionnel qui lie l’ensemble des Sénégalais.

 

Une constitution ne concerne pas uniquement les électeurs qui ont voté pour la majorité. Elle concerne également ceux qui ont choisi un autre projet politique, ceux qui se sont abstenus, ceux et celles qui n’étaient pas inscrits.es sur les listes électorales et, plus largement, les générations futures.

 

Gouverner, ce n’est pas administrer un pays pour ses seuls électeurs, c’est décider, d’une large mesure, au nom de toute la Nation.

 

L’histoire démocratique du Sénégal en témoigne. En effet, le Président Abdoulaye Wade, malgré une majorité politique solide, avait choisi en 2001, la voie du référendum pour faire adopter des réformes constitutionnelles. Le Président Macky Sall avait lui aussi soumis une importante révision de la Constitution au peuple par référendum (OUI ou NON) .Tous deux avaient compris qu’une Constitution tire sa force de l’adhésion populaire autant que de sa régularité juridique.

 

À cela s’ajoute une autre interrogation. Si cette réforme est présentée comme la simple mise en œuvre du programme « Diomaye Président », pourquoi plusieurs propositions majeures de ce programme ne figurent-elles plus dans la proposition de révision soumise par l’Assemblée Nationale ? Dès lors que le contenu a été modifié, l’argument du mandat électoral perd de sa force et ne peut, à lui seul, dispenser d’un large débat national.

 

Une majorité parlementaire donne le pouvoir de voter les lois, elle ne dispense jamais du devoir de rechercher le consensus lorsque l’on modifie les fondements de la République.

 

La constitution appartient au peuple sénégalais. C’est donc au peuple qu’il revient, directement ou à travers une véritable concertation nationale, d’être associé aux choix qui engageront durablement l’avenir de nos institutions.

 

Mesdames et Messieurs les cadres de PASTEF, s’il faut autant d’arguments pour justifier qu’on n’a pas besoin de consulter le peuple, c’est peut-être que le véritable problème est précisément là : la peur de lui donner la parole.

 

Maimouna Astou Yade

Citoyenne, militante féministe, activiste

 
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