De nouvelles révélations indiquent que Paris a étudié l’achat du logiciel espion israélien Pegasus au moment même où plusieurs ministres français en étaient les cibles.
Cinq ans après le scandale Pegasus, de nouvelles enquêtes publiées ce jeudi 16 juillet par le consortium Forbidden Stories relancent l’affaire en révélant que la France avait envisagé d’acquérir le logiciel espion israélien au moment précis où plusieurs de ses ministres étaient visés.
Ces révélations surviennent alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, effectue une visite officielle au Maroc afin de consolider le rapprochement diplomatique entre Paris et Rabat. Interrogés, l’entourage du chef du gouvernement et le Quai d’Orsay n’ont fait aucun commentaire.
Selon les documents et témoignages recueillis par le consortium de médias, dont Le Monde, des traces techniques analysées par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) permettraient d’établir des indices de compromission sur les téléphones de plusieurs membres du gouvernement français de l’époque, dont Florence Parly (Armées) et Jean-Michel Blanquer (Éducation nationale).
L’enquête affirme que Sébastien Lecornu aurait été ciblé dès juillet 2019, alors qu’il occupait le portefeuille des Collectivités territoriales. Les investigations associent plusieurs marqueurs techniques retrouvés sur des téléphones français à des opérations déjà attribuées à des intérêts marocains.
Selon ce consortium, plusieurs administrations françaises auraient en outre étudié entre 2019 et 2020 l’acquisition du logiciel Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group.
Selon des auditions judiciaires citées par Forbidden Stories, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), la Direction du renseignement militaire (DRM) et le ministère de la Justice se seraient intéressés aux capacités du logiciel pour des enquêtes liées au terrorisme ou au narcotrafic.
Le dirigeant de la société française Syans, intermédiaire de NSO en France, a affirmé aux enquêteurs que les discussions avec les autorités françaises avaient atteint un stade avancé avec un montant envisagé d’acquisition compris entre 60 et 80 millions d’euros.
Le projet aurait toutefois été abandonné à la fin de 2020 après un arbitrage de l’Élysée. Selon plusieurs témoignages recueillis par le consortium, Emmanuel Macron aurait invoqué des motifs de souveraineté technologique et le risque réputationnel.
Dans une autre enquête, Forbidden Stories s’appuie sur le témoignage inédit d’un ancien membre du renseignement intérieur marocain, présenté sous le pseudonyme de « Safir » qui décrit un dispositif de surveillance déployé contre les opposants, journalistes et défenseurs des droits humains. [Press TV]







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