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Stratégie de sécurité nationale des USA ou comment tenter de maintenir son hégémonie mondiale ?

Mercredi 15 Juillet 2026

Diagne Fodé Roland
Diagne Fodé Roland

L’échec de l’agression yankee et sioniste contre la Palestine victime de génocide, l’Iran et le Liban est un accélérateur du déclin de l’hégémonisme US/UE/OTAN/G7/Israël sur le monde. Plus que jamais comme l’enseignait le communiste italien du PCI, le monde ancien se meurt et le monde nouveau émerge progressivement et dans l’entre deux planent les monstres de la fascisation, du fascisme et de la guerre pour tenter en vain de sauver le monde unipolaire impérialiste prédateur.

 

Depuis 1989/91, chaque pouvoir US successifs s’est évertué à essayer de préserver la domination impérialiste sur la planète par l’imposition du libéralisme idéologique et les guerres agressives de « faible intensité » en Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Somalie, Libye, Syrie, AES, etc. Trump est arrivé au pouvoir en bousculant le bipartisme « Républicains et Démocrates » et en promettant de « ré-industrialiser », de « renforcer l’externalisation punitive des lois US » et de « préserver la dollarisation du commerce mondiale ».
 

Au delà de leurs différences d’approche de la solution au déclin US de plus en plus menacé d’effondrement, tous les présidents US demeurent des libéraux obsédés par le développement fulgurant du socialisme chinois, par le besoin de maintenir le système néocolonial mondial, d’empêcher la souveraineté des peuples sur leurs matières premières et de freiner le développement des vrais pays émergents.

 

C’est dans ce cadre que nous vous proposons cette lecture du document de stratégie de sécurité nationale des USA de 2025.

 

Le nouveau diagnostic des stratèges US

 

En novembre 2025, les USA ont redéfini leur « Stratégie de sécurité nationale » avec l’objectif de stopper son déclin et préserver son hégémonie unilatérale sur la planète. Ce document fixe la stratégie de reconquête de sa domination sur les peuples et de sauvetage du mode de production capitaliste à son stade suprême l’impérialisme à partir d’une critique des politiques des prédécesseurs de Donald Trump. Quels en sont les axes principaux ?

 

Dès l’entame, les rédacteurs affirment que « pour que les États-Unis restent le pays le plus fort, le plus riche, le plus puissant et le plus prospère du monde pendant les décennies à venir, notre pays a besoin d'une stratégie cohérente et ciblée sur la manière dont nous interagissons avec le monde ».

 

L’inter-agissement avec le monde des prédécesseurs est dénoncé comme suit : « Les stratégies américaines depuis la fin de la guerre froide ont été insuffisantes : elles se sont résumées à des listes de souhaits ou d'objectifs souhaités, n'ont pas clairement défini ce que nous voulons, mais ont plutôt énoncé des platitudes vagues, et ont souvent mal évalué ce que nous devrions vouloir... Nos élites ont gravement sous-estimé la volonté des États-Unis d'assumer indéfiniment des responsabilités mondiales que le peuple américain ne considérait pas comme liées à l'intérêt national. Elles ont surestimé la capacité des États-Unis à financer simultanément un État providence, réglementaire et administratif massif, ainsi qu'un complexe militaire, diplomatique, de renseignement et d'aide étrangère tout aussi massif. Elles ont fait des paris extrêmement malavisés et destructeurs sur le mondialisme et le soi-disant « libre-échange », qui ont vidé de leur substance la classe moyenne et la base industrielle dont dépendent la prééminence économique et militaire des États-Unis. Elles ont permis à leurs alliés et partenaires de faire supporter le coût de leur défense au peuple américain, et parfois de nous entraîner dans des conflits et des controverses qui sont au cœur de leurs intérêts, mais qui sont périphériques ou sans importance pour les nôtres. Et ils ont lié la politique américaine à un réseau d'institutions internationales, dont certaines sont animées par un anti-américanisme pur et simple et beaucoup par un trans-nationalisme qui cherche explicitement à dissoudre la souveraineté des États individuels. En résumé, non seulement nos élites ont poursuivi un objectif fondamentalement indésirable et impossible, mais ce faisant, elles ont sapé les moyens mêmes nécessaires pour atteindre cet objectif : le caractère de notre nation sur lequel reposait sa puissance, sa richesse et sa décence ».

 

En un mot, l’impérialisme US doit faire payer à ses alliés et au monde sa présence et sa domination tout en ramenant au pays la base industrielle de sa puissance et en adaptant ses interventions extérieures aux intérêts de ses monopoles du capital financier.

 

Ce qu’ils veulent faire

 

A partir de ce diagnostic, l’État impérialiste déclame que « Nous voulons l'économie la plus forte, la plus dynamique, la plus innovante et la plus avancée au monde... Notre économie est également le fondement de notre position mondiale et la base nécessaire de notre armée… Nous voulons rester le pays le plus avancé et le plus innovant au monde sur le plan scientifique et technologique, et tirer parti de ces atouts... L'esprit pionnier de l'Amérique est un pilier essentiel de notre domination économique et de notre supériorité militaire continue; il doit être préservé… Nous voulons une Amérique qui chérit ses gloires passées et ses héros, et qui aspire à un nouvel âge d'or ».

 

Pour réaliser ce vœu de « nouvel âge d’or », il faut « mobiliser toutes les ressources de notre puissance nationale. Or, cette stratégie est axée sur la politique étrangère... nous voulons garantir notre accès continu à des emplacements stratégiques clés. En d'autres termes, nous affirmerons et appliquerons un ‘’corollaire Trump’’ à la doctrine Monroe… Nous voulons nous assurer que la technologie et les normes américaines, en particulier dans les domaines de l'IA, des biotechnologies et de l'informatique quantique, font progresser le monde. Il s'agit là des intérêts nationaux fondamentaux et vitaux des États-Unis ».

 

Bien entendu, la magnanimité intéressée US pour ces vassaux Otaniens d’Europe fait que « Nous voulons aider nos alliés à préserver la liberté et la sécurité de l'Europe, tout en restaurant la confiance en soi de la civilisation européenne et l'identité occidentale ».

 

Les moyens à mettre en œuvre pour y arriver sont de bâtir « L'économie la plus importante et la plus innovante au monde, qui génère à la fois des richesses que nous pouvons investir dans des intérêts stratégiques et nous donne un moyen de pression sur les pays qui souhaitent accéder à nos marchés; Le système financier et les marchés de capitaux les plus importants au monde, notamment le statut du dollar comme monnaie de réserve mondialeL'armée la plus puissante et la plus compétente au monde; Un vaste réseau d'alliances, avec des alliés et des partenaires dans les régions les plus importantes sur le plan stratégiqueUn « soft power » et une influence culturelle inégalés… L'objectif de cette stratégie est de réunir tous ces atouts de premier plan, ainsi que d'autres, afin de renforcer la puissance et la prééminence américaines et de rendre notre pays encore plus grand qu'il ne l'a jamais été… La politique étrangère… est avant tout motivée par ce qui fonctionne pour l'Amérique, ou, en deux mots, ‘’l'Amérique d'abord’’ ».

 

Ainsi la devise est « La paix par la force – La force est le meilleur moyen de dissuasion. Les pays ou autres acteurs suffisamment dissuadés de menacer les intérêts américains ne le feront pas. Ainsi, la puissance peut nous permettre d'instaurer la paix… Les États-Unis ne peuvent permettre à aucune nation d'acquérir une position dominante susceptible de menacer leurs intérêts. Nous travaillerons avec nos alliés et partenaires afin de maintenir l'équilibre des pouvoirs à l'échelle mondiale et régionale, et d'empêcher l'émergence d'adversaires dominants ».

 

A ses alliés vassalisés, les USA exigent que « Tout comme nous voulons que nos alliés soient riches et compétents, nos alliés doivent comprendre qu'il est dans leur intérêt que les États-Unis restent riches et compétents. En particulier, nous attendons de nos alliés qu'ils consacrent une part beaucoup plus importante de leur produit intérieur brut (PIB) à leur propre défense, afin de commencer à compenser les énormes déséquilibres accumulés au cours de décennies de dépenses beaucoup plus importantes de la part des États-Unis… une nouvelle norme mondiale avec l'engagement de La Haye, qui engage les pays de l'OTAN à consacrer 5 % de leur PIB à la défense et que nos alliés de l'OTAN ont approuvé et doivent désormais respecter ». Ce diktat US est justifié par le fait que « L'époque où les États-Unis soutenaient à eux seuls l'ordre mondial comme Atlas est révolue. Nous comptons parmi nos nombreux alliés et partenaires des dizaines de nations riches et sophistiquées qui doivent assumer la responsabilité principale de leurs régions et contribuer beaucoup plus à notre défense collective… les États-Unis organiseront un réseau de partage des charges, avec notre gouvernement comme organisateur et soutien ».

 

Proclamant que « L'ère de la migration de masse doit prendre fin… Nous devons protéger notre pays contre les invasions, non seulement contre l'immigration incontrôlée » et que « Nous rejetons les idéologies désastreuses du ‘’changement climatique’’ et du ‘’zéro net’’ qui ont tant nui à l'Europe, menacent les États-Unis et subventionnent nos adversaires », la doctrine US préconise que « Nous devons rétablir notre accès indépendant et fiable aux biens dont nous avons besoin pour nous défendre et préserver notre mode de vie. Cela nécessitera d'élargir l'accès des États-Unis aux minéraux et matériaux essentiels… De plus, les services de renseignement surveilleront les chaînes d'approvisionnement clés et les avancées technologiques dans le monde entier…  Rétablir la domination énergétique américaine (dans les domaines du pétrole, du gaz, du charbon et du nucléaire)… Préserver et renforcer la domination du secteur financier américain Les États-Unis possèdent les principaux marchés financiers et de capitaux au monde, qui sont les piliers de l'influence américaine… Mais notre position de leader ne peut être considérée comme acquise ».

 

Ne pouvant plus « considérer cette position de leader comme acquise », l’obsession hégémonique US est que « Préserver et renforcer notre domination implique de tirer parti de notre système de libre marché dynamique et de notre leadership dans le domaine de la finance numérique et de l'innovation afin de garantir que nos marchés restent les plus dynamiques, les plus liquides et les plus sûrs, et continuent de faire l'envie du monde entier… Après des années de négligence, les États-Unis réaffirmeront et appliqueront la doctrine Monroe afin de restaurer la prééminence américaine dans l'hémisphère occidental et de protéger notre territoire national et notre accès à des zones géographiques clés dans toute la région… Nous récompenserons et encouragerons les gouvernements, les partis politiques et les mouvements de la région qui s'alignent largement sur nos principes et notre stratégie… Les États-Unis doivent reconsidérer leur présence militaire dans l'hémisphère occidental… L'objectif de cette stratégie est... de renforcer la puissance et la prééminence américaines et de rendre notre pays encore plus grand qu'il ne l'a jamais été ».

 

En d’autres termes, l’appropriation partout des richesses naturelles par les Monopoles impérialistes US doublée du contrôle politique des gouvernants des autres pays sont les deux axes de la stratégie de préservation du monde unilatéral sous hégémonie US.

 

Endiguer le développement du socialisme chinois

 

Le document stratégique US préconise en Asie « une position de force » à partir d’une critique de la politique des présidents précédents qui ont été porteurs de « plus de trois décennies d'hypothèses erronées des États-Unis sur la Chine, à savoir qu'en ouvrant nos marchés à la Chine, en encourageant les entreprises américaines à investir en Chine et en externalisant notre production vers la Chine, nous faciliteront l'entrée de la Chine dans ce qu'on appelle « l'ordre international fondé sur des règles ». Cela ne s'est pas produit. La Chine est devenue riche et puissante, et a utilisé sa richesse et sa puissance à son avantage considérable. Les élites américaines, au cours de quatre administrations successives des deux partis politiques, ont soit volontairement facilité la stratégie de la Chine, soit refusé de voir la réalité en face ».

 

Le chapitre « Économie : l'enjeu ultime » laisse voir le cauchemar des stratèges impérialistes US devant les performances développementales du socialisme Chinois qui découlent, selon eux, du fait que « Depuis la réouverture de l'économie chinoise au monde en 1979, les relations commerciales entre nos deux pays ont été et restent fondamentalement déséquilibrées. Ce qui a commencé comme une relation entre une économie mature et riche et l'un des pays les plus pauvres du monde s'est transformé en une relation entre deux pays presque égaux, même si, jusqu'à très récemment, la position des États-Unis restait ancrée dans ces hypothèses passées ». Il s’agit ici d’une critique de la doctrine Kissinger/Nixon qui a intégré la Chine dans la mondialisation capitaliste dans le but de rompre l’unité du camp socialiste mondial d’alors.

 

Le document poursuit : « La Chine s'est adaptée au changement de politique tarifaire américaine amorcé en 2017, en partie en renforçant son emprise sur les chaînes d'approvisionnement, en particulier dans les pays à faible et moyen revenu (c'est-à-dire dont le PIB par habitant est inférieur ou égal à 13 800 dollars), qui seront parmi les principaux champs de bataille économiques des prochaines décennies… Les exportations chinoises vers les pays à faible revenu sont aujourd'hui près de quatre fois supérieures à celles vers les États-Unis ».

 

Pour contrer l’extraordinaire développement du socialisme chinois « Le commerce avec la Chine doit être équilibré et axé sur des facteurs non sensibles. Si les États-Unis restent sur la voie de la croissance et parviennent à la maintenir tout en entretenant des relations économiques véritablement mutuellement avantageuses avec Pékin, notre économie devrait passer de 30 000 milliards de dollars en 2025 à 40 000 milliards de dollars dans les années 2030, ce qui placerait notre pays dans une position enviable pour conserver son statut de première économie mondiale ».

 

Mais pour y arriver les stratèges US dans le désarroi ont besoin des autres impérialistes « Deuxièmement, les États-Unis doivent collaborer avec leurs alliés et partenaires signataires de traités — qui, ensemble, ajoutent 35.000 milliards de dollars supplémentaires à la puissance économique de notre économie nationale de 30.000 milliards de dollars (représentant ensemble plus de la moitié de l'économie mondiale) — afin de contrer les pratiques économiques prédatrices (sic!) et d'utiliser notre puissance économique combinée pour aider à préserver notre position de premier plan dans l'économie mondiale et veiller à ce que les économies alliées ne deviennent pas subordonnées à une puissance concurrente. Nous devons continuer à améliorer nos relations commerciales (et autres) avec l'Inde afin d'encourager New Delhi à contribuer à la sécurité indo-pacifique, notamment par le biais d'une coopération quadrilatérale continue avec l'Australie, le Japon et les États-Unis (« le Quad ») ».

 

Du désarroi ils passent à l’affolement : «  De plus, les relations cruciales que le gouvernement américain entretient avec le secteur privé américain contribuent à maintenir la surveillance des menaces persistantes qui pèsent sur les réseaux américains, y compris les infrastructures critiques. Cela permet au gouvernement américain de mener des opérations de détection, d'attribution et de réponse en temps réel (c'est-à-dire de défense des réseaux et de 21 opérations cyber offensives) tout en protégeant la compétitivité de l'économie américaine et en renforçant la résilience du secteur technologique américain. L'amélioration de ces capacités nécessitera également une déréglementation considérable afin d'améliorer encore notre compétitivité, de stimuler l'innovation et d'accroître l'accès aux ressources naturelles américaines. Ce faisant, nous devons viser à rétablir un équilibre militaire favorable aux États-Unis et à nos alliés dans la région ».

 

Pour réaliser cet objectif «  Outre le maintien de leur prééminence économique et la consolidation de leur système d'alliances en un groupe économique, les États-Unis doivent mener une action diplomatique et économique solide, menée par le secteur privé, dans les pays où la majeure partie de la croissance économique mondiale devrait se produire au cours des prochaines décennies. La diplomatie « America First » vise à rééquilibrer les relations commerciales mondiales ».

 

Ce "rééquilibrage" est nécessaire parce que « Les entreprises chinoises dirigées et soutenues par l'État excellent dans la construction d'infrastructures physiques et numériques, et la Chine a recyclé environ 1 300 milliards de dollars de ses excédents commerciaux sous forme de prêts à ses partenaires commerciaux. Les États-Unis et leurs alliés n'ont pas encore élaboré, et encore moins mis en œuvre, de plan commun pour ce qu'on appelle le « Sud global », mais ils possèdent ensemble des ressources considérables. L'Europe, le Japon, la Corée du Sud et d'autres pays détiennent des actifs étrangers nets d'une valeur de 7 000 milliards de dollars. Les institutions financières internationales, y compris les banques multilatérales de développement, possèdent des actifs combinés d'une valeur de 1 500 milliards de dollars. Si la dérive des missions a sapé l'efficacité de certaines de ces institutions, l'administration actuelle est déterminée à utiliser sa position de leader pour mettre en œuvre des réformes qui garantissent qu'elles servent les intérêts américains ».

 

L’impérialisme US se confronte ici à la supériorité du socialisme sur le capitalisme que l’URSS avait déjà démontrée en édifiant le socialisme à partir de la NEP et en écrasant la bête immonde nazie.

 

Diviser la Russie bourgeoise et la Chine socialiste

 

Il faut en outre couper la relation Russie-Chine, voilà pourquoi « Il est dans l'intérêt fondamental des États-Unis de négocier un cessez-le-feu rapide en Ukraine afin de stabiliser les économies européennes, d'empêcher une escalade ou une extension involontaire de la guerre, de rétablir la stabilité stratégique avec la Russie et de permettre la reconstruction de l'Ukraine après les hostilités afin qu'elle puisse survivre en tant qu'État viable. La guerre en Ukraine a eu pour effet pervers d'accroître la dépendance extérieure de l'Europe, en particulier de l'Allemagne. Aujourd'hui, les entreprises chimiques allemandes construisent certaines des plus grandes usines de transformation au monde en Chine, en utilisant du gaz russe qu'elles ne peuvent pas obtenir chez elles. L'administration Trump se trouve en désaccord avec les responsables européens qui ont des attentes irréalistes concernant la guerre, perchés dans des gouvernements minoritaires instables, dont beaucoup bafouent les principes fondamentaux de la démocratie pour réprimer l'opposition. Une large majorité des Européens souhaite la paix, mais ce désir ne se traduit pas en politique, en grande partie à cause de la subversion des processus démocratiques par ces gouvernements. Cela revêt une importance stratégique pour les États-Unis précisément parce que les États européens ne peuvent se réformer s'ils sont enlisés dans une crise politique. Pourtant, l'Europe reste stratégiquement et culturellement vitale pour les États-Unis ». Il faut donc « Rétablir les conditions de stabilité en Europe et la stabilité stratégique avec la Russie… Ouvrir les marchés européens aux biens et services américains et garantir un traitement équitable aux travailleurs et aux entreprises américains ».

 

C'est ici l’aveu du besoin d’amener la Russie bourgeoise à rompre avec la doctrine Primakov qui mit fin au règne du néocolonialisme libéral pro-occidental de Eltsine et permit l’avènement du souverainisme de Poutine. 

 

C’est que prophétisait en 1992 le leader communiste Fidel Castro : « La prochaine guerre sera en Europe, entre la Russie et le fascisme, sauf que le fascisme sera appelé démocratie ». Avant d’ajouter en 2014 dans un message intitulé « Que les idées justes triomphent, ou c'est le désastre qui triomphera ! » : « L’Union européenne, dirigée d'une main de fer et de manière inconditionnelle par les États-Unis, a jugé que l'heure était venue de régler ses comptes avec les deux grandes nations, la Russie et la Chine ».

 

S’approprier les richesses stratégiques du Sud global et de l’Afrique

 

Tel est un but majeur de la doctrine US : « Les États-Unis auront toujours un intérêt fondamental à veiller à ce que les approvisionnements énergétiques du Golfe ne tombent pas entre les mains d'un ennemi déclaré, à ce que le détroit d'Ormuz reste ouvert, à ce que la mer Rouge reste navigable, à ce que la région ne soit pas un incubateur ou un exportateur de terrorisme contre les intérêts américains ou le territoire américain, et à ce qu'Israël reste en sécurité. Nous pouvons et devons faire face à cette menace sur le plan idéologique et militaire ».

 

Et c’est là où les matières premières africaines deviennent vitales pour « l’America First » qui regrette que « Pendant trop longtemps, la politique américaine en Afrique s'est concentrée sur la diffusion, puis l'expansion, de l'idéologie libérale ». Le complément en est défini ainsi : « Les États-Unis devraient passer d'une relation avec l'Afrique axée sur l'aide à une relation axée sur le commerce et l'investissement, en privilégiant les partenariats avec des États compétents et fiables qui s'engagent à ouvrir leurs marchés aux biens et services américains. Le secteur de l'énergie et le développement des minéraux critiques constituent un domaine d'investissement immédiat pour les États-Unis en Afrique, avec de bonnes perspectives de retour sur investissement ».

 

Ouvrir et privatiser toujours plus les marchés africains par le renforcement de l’intégration des pays dans la mondialisation libérale sous domination US, telle est la recette impérialiste pour espérer juguler la crise systémique de surproduction et de sur-accumulation du mode de production impérialiste. Le sort actuel du pays de Lumumba, Mulele, Kabila subissant le « geno cost » par la néo-colonie rwandaise et ses mercenaires locaux en est une illustration éloquente.

 

Souverainisme panafricain pour un monde multipolaire antidote à l’hégémonisme unilatérale

 

La nouvelle stratégie US est le dernier avatar des stratagèmes US pour sauver leur hégémonie qui a succédé à celle des impérialistes anglo-français du 19éme siècle à la première moitié du 20éme siècle qui a précédé la tentative hégémonique fasciste de l’impérialisme allemand mise en échec par l’URSS et les peuples.

 

L’actuel basculement en cours annonce la fin de l’hégémonie de l’impérialisme fasciste des USA et l’avènement progressif du monde multipolaire porté par les BRICS.

 

L’émergence en cours de l’Afrique souverainiste doit apporter sa pierre dans la lutte pour la liberté et l’égalité des peuples.

 

Comprendre la nouvelle stratégie prédatrice des impérialistes US flanqués des impérialistes de l’OTAN/UE/G7/Israël est nécessaire pour fixer les tactiques et stratégies victorieuses contre l’impérialisme fasciste d’aujourd’hui.

 

Et nous autres communistes devons ne jamais perdre de vue que « Le socialisme consiste à faire reculer la tyrannie du marché. Tant que l'économie sera dominée par quelques privilégiés non élus, les arguments en faveur du socialisme existeront » (Chris HANI, secrétaire général du Parti communiste sud-africain, assassiné en 1993 par les services secrets de l’apartheid, le Mossad et la CIA).

 

15/07/26 

Diagne Fodé Roland

 

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