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Cameroun: Paul Biya ordonne l'arrêt des poursuites contre 289 détenus de la crise anglophone

Jeudi 13 Décembre 2018

Yaoundé - Le président camerounais Paul Biya a décidé jeudi l'arrêt des poursuites engagées contre 289 détenus de la crise anglophone, a annoncé la présidence dans un communiqué. 

Le président "a décidé (...) de l'arrêt des poursuites pendantes devant les tribunaux militaires contre un certain nombre de personnes arrêtées pour des délits commis dans le cadre de la crise dans les régions (anglophones) du Nord-ouest et du Sud-ouest", selon ce communiqué qui précise que la mesure concerne "289 détenus".
 
 
Le texte, lu à la radio d'Etat et signé par le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, ne précise pas le nom des bénéficiaires de cette mesure.

"Intervenant après la création d'un Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (Cnddr), cette décision du chef de l'État procède de sa volonté de permettre à (...) nos jeunes compatriotes de ces deux régions de renoncer à la violence et de revenir dans le droit chemin", ajoute-t-il.

L'objectif étant pour eux "de pouvoir de nouveau participer à la grande oeuvre de construction nationale", selon le communiqué.

Plusieurs centaines de personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone qui a débuté en 2016 pour se transformer fin 2017 en conflit armé, sont actuellement détenues dans différentes prisons camerounaises, selon des sources concordantes. 

Parmi elles figurent le leader séparatiste anglophone, Julius Sisiku Ayuk Tabe, accusé notamment de "terrorisme" et de "sécession", dont le proçès s'est ouvert il y a une semaine devant le tribunal militaire de Yaoundé, puis renvoyé au 10 janvier. 

C'était la première fois que M. Tabe, président autoproclamé de l'Ambazonie, nom de l'Etat que les séparatistes veulent créer au Cameroun anglophone, comparaissait depuis son arrestation au Nigeria et son extradition au Cameroun en janvier avec 46 autres personnes. On ignore s'il fait partie des personnes concernées par l'arrêt des poursuites, dans la mesure où aucun nom n'a encore été divulgué. 

Depuis fin 2017, des dizaines de séparatistes ont pris les armes dans les deux régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest pour en finir avec ce qu'ils estiment être "la marginalisation" de la minorité anglophone du Cameroun.

Des affrontements entre soldats déployés en nombre et ces séparatistes, regroupés en groupes épars dans la forêt équatoriale, s'y produisent depuis très régulièrement.

Selon des sources concordantes, aux séparatistes se sont ajoutées des bandes armées de bandits et de pillards qui rackettent les populations et les entreprises.

Plus de 200 membres des forces de défense et sécurité camerounaises ont perdu la vie dans ce conflit ainsi que plus de 500 civils, selon le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG).

Ce conflit, qui n'a cessé de prendre de l'ampleur, a déjà forcé plus de 437.000 personnes à fuir leur domicile dans ces régions, selon l'ONU.
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