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Un sénateur élu haïtien, accusé de trafic de drogues, transféré aux Etats-Unis

Samedi 7 Janvier 2017

Miami - L'ancien meneur d'un coup d'Etat en Haïti, récemment élu sénateur, a comparu devant un juge fédéral américain au lendemain de son transfert aux Etats-Unis où il était recherché pour trafic de stupéfiants et blanchiment d'argent, ont indiqué vendredi les autorités américaines.

Guy Philippe, visé par un mandat d'arrêt émis en 2005 par un tribunal fédéral américain, a été arrêté jeudi près de Port-au-Prince par des policiers lourdement armés de la brigade haïtienne de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS). Il a été transféré par avion aux Etats-Unis dans la foulée.

L'homme de 48 ans a été élu sénateur en novembre mais ne bénéficiait pas encore d'une immunité car sa prestation de serment devait intervenir lundi.
Il est proche du nouveau président élu Jovenel Moïse, dont la victoire a été confirmée mardi et qui doit entrer en fonctions le 7 février.

Guy Philippe est à Miami pour répondre de chefs d'accusation fédéraux devant un tribunal de Floride, avait indiqué dans la matinée Sarah Schall, une porte-parole du ministère américain de la Justice (DoJ).

Elle a précisé qu'il avait été placé en détention en Floride et qu'il allait être présenté à un juge fédéral, tout en soulignant que l'affaire était sous scellés, ce qui empêchait alors toute divulgation des détails du dossier au public.

L'avocat de l'élu haïtien, Richard Dansoh, avait indiqué de son côté que son client était détenu dans une prison fédérale de Miami et qu'il devait comparaître devant un juge dans l'après-midi.

Le DOJ a fait savoir dans un communiqué en fin d'après-midi que Guy Philippe avait été inculpé en 2005 de trois chefs, dont complot pour importer des stupéfiants, blanchiment d'argent et transactions financières portant sur des biens issus d'une activité illégale.

Lors de sa comparution devant le juge fédéral Barry Garber, du Southern District de Floride, il a été maintenu en détention sans possibilité de libération sous condition dans l'attente d'une audience d'inculpation le 13 janvier.

Selon l'acte d'accusation, évoqué par le ministère, il est soupçonné de s'être entendu avec des complices entre 1997 et 2001 pour importer plus de 5 kilos de cocaïne aux Etats-Unis. Et de s'être livré avec eux, entre 1999 et avril 2003, à des opérations de blanchiment d'argent pour dissimuler leur participation à des activités criminelles, dont du trafic de drogues.
M. Philippe a toujours nié être impliqué dans un quelconque trafic de drogues.

Le journal américain Miami Herald avait rapporté dans la soirée jeudi que l'homme avait été remis sur le sol haïtien à des officiers de l'agence américaine de lutte anti-drogues (DEA).

Personnage controversé, il a été élu en novembre sénateur du département de la Grande Anse. Il s'était fait connaître en 2004 pour avoir mené une rébellion armée ayant abouti au départ précipité à l'étranger du président Jean-Bertrand Aristide. Ce dernier était également contesté lors de grandes manifestations.

De plus, le bureau des affaires criminelles de la police nationale d'Haïti a conclu en juillet que le candidat à son premier mandat électoral était le cerveau d'une attaque perpétrée en mai contre le commissariat de la ville des Cayes (sud). Ce qu'il a nié.

Dans la nuit du 15 au 16 mai 2016, une cinquantaine d'hommes lourdement armés avaient attaqué ce commissariat, tuant un policier et blessant grièvement deux autres agents.

L'arrestation de M. Philippe a provoqué jeudi soir la colère d'élus, qui ont dénoncé un acte illégal. Mais, s'il était protégé de toute poursuite pendant la campagne électorale, ce n'était plus le cas jeudi.
 
 
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