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Trafic de drogues : Des ONG demandent la démission du président du Honduras

Mardi 6 Avril 2021

Le président Hernandez est accusé d’avoir changé le pays en un «narco-État», après la condamnation de son frère pour trafic de drogues aux États-Unis.


Plus d’une trentaine d’organisations de la société civile au Honduras ont réclamé lundi le «départ immédiat» du président Juan Orlando Hernandez, accusé d’avoir transformé le pays en un «narco-État», après la condamnation de son frère pour trafic de drogues aux États-Unis.
 
«Remplis d’indignation», les signataires ont également appelé au départ «du président du Congrès, du président de la Cour suprême de justice et du procureur général de la République» et ont appelé à la mise en place d’un gouvernement de transition pour organiser les élections générales du 28 novembre. «Nous sommes témoins de la destruction de l’État de droit et de la construction d’une dictature (…) qui est devenue un narco-État», affirme le communiqué.
 
La déclaration est signée par 36 organisations, dont Caritas de l’Église catholique, le Comité des proches des personnes détenues disparues au Honduras (Cofadeh), la Confédération unitaire des travailleurs honduriens (Cuth).
 
Condamné à perpétuité
 
La semaine dernière, un tribunal fédéral des États-Unis a condamné l’ex-député Tony Hernandez, 42 ans, frère du président hondurien, à la réclusion à perpétuité, le tenant responsable d’avoir expédié quelque 185 tonnes de cocaïne aux États-Unis. En octobre 2019, après deux semaines de procès à New York, il avait été jugé coupable de trafic de drogue -- trafic pour lequel il avait la protection de son frère, selon les procureurs américains --, faux témoignage et possession d’armes à feu.
 
Le juge Kevin Castel a estimé que la prison à vie, assortie de restitutions et confiscations équivalentes à 138,5 millions de dollars (130 millions de francs), était «pleinement méritée», plutôt que la peine minimale de 40 ans de prison pour laquelle avait plaidé sa défense. Pour sa part, le président Hernandez a rejeté les accusations et a critiqué les tribunaux américains pour s’être fondés, selon lui, sur des témoignages d’anciens chefs du trafic de drogue persécutés par le gouvernement hondurien et cherchant à se venger.
 
Son frère fera appel de la sentence. Le procureur fédéral Matthew Laroche a, lui, insisté lors de l’audience sur les liens entre l’accusé et le chef de l’État hondurien. Il a déclaré que Tony Hernandez avait conspiré avec «des alliés puissants», dont «son frère, le président», pour faire du Honduras un «narco-Etat virtuel». (AFP)
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