Des dizaines de milliers de personnes ont participé samedi à Paris à une marche organisée à l’occasion du 78ᵉ anniversaire de la Nakba palestinienne, dans un contexte de poursuite des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, de violences en Cisjordanie occupée et d’opérations militaires israéliennes au Liban et en Syrie.
Le rassemblement, organisé notamment par le collectif Europalestine et plusieurs organisations propalestiniennes, a réuni des responsables politiques, des militants associatifs et de nombreux citoyens venus dénoncer ce qu’ils qualifient de « génocide » à Gaza et d’impunité persistante accordée au gouvernement israélien dirigé par Benyamin Netanyahu, à la tête d’une coalition d’extrême droite.
La députée française Mathilde Panot, présidente du groupe « La France insoumise - Nouveau Front Populaire » à l’Assemblée nationale, a participé à la manifestation aux côtés d’Olivia Zémor, présidente du collectif Europalestine.
Les manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens, des pancartes appelant au boycott d’Israël et scandé des slogans réclamant un cessez-le-feu immédiat, la fin du blocus de Gaza et des sanctions internationales contre Israël.
Depuis octobre 2023, l’armée israélienne mène une offensive dévastatrice dans la bande de Gaza. Les attaques israéliennes ont provoqué la mort de dizaines de milliers de Palestiniens, en majorité des civils, selon les autorités sanitaires palestiniennes et plusieurs organisations internationales. Des infrastructures civiles, des hôpitaux, des écoles, des camps de réfugiés et des lieux de culte ont été détruits ou lourdement endommagés.
Les agences de l’ONU et de nombreuses ONG internationales, parmi lesquelles Amnesty International, Human Rights Watch et Médecins sans frontières, ont dénoncé des attaques répétées contre les civils, le blocage de l’aide humanitaire et l’utilisation de la famine comme arme de guerre.
Les autorités israéliennes poursuivent également leurs opérations militaires en Cisjordanie occupée, où les raids de l’armée et les violences commises par des colons israéliens contre les Palestiniens se sont intensifiés. Plusieurs rapports d’organisations de défense des droits humains accusent Israël de pratiquer un système d’apartheid à l’égard des Palestiniens.
Au Liban, l’armée israélienne a multiplié les frappes contre des zones du sud du pays dans le cadre des affrontements avec le Hezbollah, provoquant la mort de civils et des déplacements de population. Israël a également mené plusieurs frappes aériennes en Syrie contre des sites présentés comme liés à l’Iran ou au Hezbollah.
La Cour internationale de justice (CIJ), saisie par l’Afrique du Sud, a estimé en janvier 2024 qu’il existait un « risque plausible de génocide » à Gaza et a ordonné à Israël de prendre des mesures pour prévenir des actes entrant dans le cadre de la Convention sur le génocide.
La CIJ a ensuite réitéré ses injonctions dans plusieurs ordonnances, appelant notamment Israël à garantir l’accès de l’aide humanitaire et à empêcher la destruction de preuves liées aux accusations de crimes internationaux.
La Cour pénale internationale (CPI) a, de son côté, émis des mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahu et l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés commis dans la bande de Gaza. Les juges de la CPI évoquent notamment l’utilisation de la famine comme méthode de guerre ainsi que des attaques volontairement dirigées contre des civils.
Le gouvernement israélien rejette ces accusations et affirme agir dans le cadre de son droit à la défense après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui avait causé la mort de plus de 1 200 personnes en Israël, selon les autorités israéliennes. Pour leur part, l'ONU et de nombreuses ONG font état d'une disproportion des moyens employés par l'armée israélienne ainsi que d'une longue liste de crimes injustifiés.
La mobilisation parisienne intervient alors que les appels internationaux à un cessez-le-feu permanent et à des poursuites judiciaires contre les responsables de violations du droit international se multiplient. Les organisateurs de la marche ont appelé à renforcer les campagnes de boycott et à accentuer la pression diplomatique contre Israël, estimant que « l’impunité nourrit la poursuite des crimes ». [AA]






FRANCE


