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Loyauté et lucidité

Lundi 22 Août 2016

Loyauté et lucidité
«Il n’ya point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice.» (Montesquieu)
 
Quand il s’agit de protéger la République contre des intrusions pernicieuses qui visent son accaparement à des fins de domination et de patrimonialisation, il importe que cela se fasse de manière moins spectaculaire, moins hypocrite et plus en rapport avec l’intérêt général. Pour la «sécurité» de notre pays – quoique ce concept soit devenu tout à fait relatif aujourd’hui - il est impératif que les postulants à des fonctions suprêmes comme Président de la République présentent un certain profil à plusieurs niveaux.

A cet effet, il est salutaire que la Constitution ait déjà réglé la question de la nationalité en ce qui concerne le chef de l’Etat. Les complexités liées à la mondialisation et aux compétitions économiques transfrontalières qu’elle sécrète, aux nouveaux paradigmes qui sous-tendent l’espionnage à tous les niveaux, humains comme technologiques, commandent la mise en place de principes de précautions minima pour sauver ce qui peut l’être – eu égard à nos faiblesses.

Problème. Il n’est pas certain que ces éléments là soient le souci fondamental de nos dirigeants lorsqu’ils envisagent de fermer l’élection présidentielle à certains Sénégalais qui seraient «coupables» de posséder une ou plusieurs autres nationalités. Ils sont beaucoup moins ambitieux que cela ! La trame de fond de ce projet de loi contre les binationaux tel qu’il a été présenté n’est qu’une tentative politicienne de mettre hors-jeu des compatriotes dont on craindrait le comportement électoral.

On ne protège pas la République par des étincelles qui peuvent finir en giga-incendie, par une loi de circonstance qui – sait-on jamais  – peut réveiller des particularités dormantes capables, demain, de brûler nos diversités particulières si enrichissantes. C’est pourquoi cette initiative que le président de la République fait porter à l’Assemblée nationale ne peut être qu’un archaïsme porteur de dangers en plus de fragiliser l’ensemble national sur ses flancs.

Les hommes d’Etat conscients de leurs responsabilités ne s’engagent jamais dans ce type de projet sectaire. Et même après un premier pas, ils prennent le temps d’écouter plus leur peuple que les flagorneurs impénitents adeptes de la conflictualité permanente et des aventures ambiguës sans fin. La conservation du pouvoir n’a de sens que dans la mesure, la loyauté et la lucidité.
 
 
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