Bizarre que de tous ceux qui se sont prononcés jusqu’ici sur le 100e anniversaire de l’ancien président Abdoulaye WADE, qui sera célébré les 04 et 05 juin 2026, aucun n’a mis l’accent sur ce qu’il y a de plus saillant dans son bilan, le sort des femmes. Cela résulterait t-il d’une simple omission ?
Ce serait inimaginable, du moins pour ceux qui estiment qu’on ne doit pas passer sous silence un point si important parmi les réalisations d’un chef de l’Etat dont on d’apprête à célébrer le centième anniversaire. Les sénégalaises doivent de vifs remerciements au président Wade d’avoir entrepris d’alléger le fardeau que des traditions surannées font peser sur elles.
Ce que d’aucuns regrettent du départ du pouvoir de Laye Ndiombor, surtout la gente féminine, est que dans ce domaine précisément, « Khalam demoon na bey nerkh buum ba dagg ». En effet, le président Wade si les urnes n’avaient pas décidé qu’il cédât la place pour que ses compatriotes essayent avec d’autres, il se pourrait qu’il continuât dans ce qui paraissait être son domaine de prédilection, l’amélioration du sort des femmes. Une réforme en profondeur du code de la famille notamment les dispositions sur le mariage, le divorce et sur le droit successoral participerait d’un secours appréciable en faveur des femmes.
Un tel souci d’un homme politique ne participe-t-il pas d’un programme socialisant, qu’on n’attendrait moins d’un Abdoulaye WADE qui n’avait jamais montré de tendresse à l’égard du parti d’obédience socialiste qui combattait son parti, le PDS, d’obédience libérale.
Cela verse de l’eau dans le moulin de ceux qui disent que chez nous, pour balayer devant notre porte, le nom d’un parti et son appartenance déclarée à une idéologie donnée, ne veut rien dire. Le prouve encore plus, les transhumances auxquelles on assiste, de partis politiques à d’autres dont les idéologies déclarées et les programmes affichés sont diamétralement opposés les uns des autres, comme la nuit et le jour le sont. C’est pourquoi, quand quelqu’un de foncièrement apolitique dit qu’un tel est un politicien, comprendre qu’il traite celui-ci d’être sans objectif clair dans ses activités politiques.
Pour en revenir au centenaire maître Abdoulaye WADE, reconnaissons-lui le mérite d’avoir été, au moins, constant dans son choix pour la parité homme-femme, contre la part belle faite aux hommes sur la base de « li gnou fi fekk », renforcée par la culture islamique, et qui ne semble pas disposé à céder la place à la conception wadiste d’une communauté de vie commune dans la parité entre les hommes et les femmes.
Rappelons que lorsque le président Abdoulaye WADE instituait la parité, c’est de la parité absolue qu’il s’agissait. Apparut alors la naissance d’une divergence entre lui et les autres qui partageraient sa conception paritaire dont, il était le fondateur.
Mais l’application de la parité avait vite fait apparaître des divergences entre le Président Wade et ceux qui ne partageraient son point de vue sur la pratique.
Une chose est de concevoir une disposition législative ou réglementaire, une autre est son applicabilité. La créer est plus facile que la soumettre à une application.
Si à la lettre parité absolue signifie, par exemple, que dans le gouvernement, le nombre de membre homme doit être le même, que celui des membres femmes, qu’à l’Assemblée nationale, dans les conseils départementaux, communaux et j’en passe, le nombre de conseillers hommes est le même que le nombre de conseils femmes, il était apparue une impossibilité absolue d’appliquer la loi sur la parité absolue. On ne le crie pas sur les toits, mais on ne l’applique pas rigoureusement.
Si l’institution de cette loi est plus aisée que son applicabilité, le fait de faire figurer parmi les lois de la République une telle loi a des effets ne serait-ce qu’à caractère incitatif vers l’égalité hommes-femmes, but encore loin d’être atteint.
Ceci dit, le président Léopold Sédar SENGHOR a été le premier en Afrique à instituer le multipartisme qu’il avait limité à quatre. Il s’en était expliqué. Son successeur le président Abdou DIOUF avait maintenu le multipartisme, mais intégral.
Le président Abdoulaye WADE, apte à les concurrencer sur le plan de la démocratie mais pas sur le plan de l’organisation de l’Etat, n’eût rien à leur envier sur les autres domaines.
Tous les trois sont à féliciter, pour avoir donné l’exemple de la passation de témoin sans risque et de la gestion paisible de l’Etat.
Vive le président Abdoulaye WADE, joyeux anniversaire !
Le 01/06/26
Maître Wagane FAYE
Avocat à la Cour.






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