Le premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné mercredi les destructions « systématiques » dans le sud du Liban, où Israël a dit démolir « toutes les maisons » dans le secteur contrôlé par son armée.
Les forces israéliennes ont établi dans le sud du Liban voisin une « zone de sécurité », sur une bande d’environ 10 kilomètres le long de la frontière, disant vouloir protéger les populations du nord d’Israël des tirs du mouvement pro-iranien, accusé d’y avoir des infrastructures.
Les « attaques, incursions, démolitions et la destruction systématique des maisons », des infrastructures, des bâtiments gouvernementaux et des lieux sacrés menées par Israël « représentent une grave violation des principes et des règles du droit international », a déclaré M. Salam dans un communiqué.
Affirmer que les villes et villages de la région « sont exclusivement des “infrastructures militaires” […] ne peut servir de prétexte à leur destruction, à déplacer leurs habitants et empêcher leur retour », a ajouté le dirigeant.
Lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah cette année, plus d’un million de personnes, en majorité dans le sud du Liban, ont été déplacées par les frappes israéliennes. Si la majorité ont pu rentrer chez elles, beaucoup n’ont pas pu retrouver leurs maisons.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, s’est rendu mercredi dans le sud du Liban, réaffirmant sa détermination à maintenir des troupes dans la « zone de sécurité ».
« Nous nettoierons cette zone »
« L’armée est ici pour protéger les localités du nord » d’Israël « et ses propres forces. Nous nettoierons cette zone […] Nous ne nous retirerons en aucun cas des zones de sécurité : ni au Liban, ni en Syrie, ni à Gaza », a-t-il insisté.
L’armée y « détruit les infrastructures souterraines » des groupes armés et « toutes les maisons », a affirmé le ministre.
Techniquement en état de guerre, le Liban et Israël ont signé un accord-cadre fin juin qui prévoit le déploiement de l’armée libanaise dans le sud, à commencer par des « zones pilotes » qu’Israël doit évacuer sous réserve d’un désarmement du Hezbollah.
Le mouvement islamiste rejette cet accord et refuse de déposer les armes.
Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, Israël poursuit des frappes ponctuelles au Liban.
L’agence de presse officielle libanaise ANI a rapporté mercredi que des troupes israéliennes avaient déclenché des explosions dans des villages du sud du pays, notamment à Zawtar el-Charqiyé, qui jouxte l’une des « zones pilotes ».
Le général américain Joseph Clearfield, qui dirige un groupe de coordination chargé de la mise en œuvre de l’accord de juin, était en visite mercredi au Liban.
Il a rencontré le chef de l’armée, Rodolphe Haykal, avec lequel ont été évoquées « les dispositions en matière de sécurité » liées à l’accord, ainsi que les difficultés auxquelles les soldats libanais sont confrontés, a indiqué l’armée.
Le général américain a aussi rencontré le président libanais, Joseph Aoun, pour aborder la mise en place de l’accord-cadre.
Israël et le Liban doivent entamer le mois prochain un huitième cycle de négociations sous l’égide des États-Unis, à Rome. [AFP]







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