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Boris, Sonko et et Cheikh Anta Diop (Par Xaadim Njaay)

Jeudi 13 Août 2026

Xaadim Njaay
Xaadim Njaay

Pour saisir la posture intellectuelle de Boubacar Boris Diop, il faut toujours essayer de comprendre la grille à partir de laquelle il analyse. 


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Ceux qui le connaissent bien savent qu’il part toujours de plusieurs questions récurrentes : la souveraineté (linguistique, économique, culturelle, politique), le panafricanisme, le rapport à la France, la moralisation de la vie publique, l’intégrité personnelle et la fidélité aux engagements. Et, derrière tout cela, il y a une vieille question qui traverse une grande partie de son œuvre et de ses prises de position. C’est la question suivante : comment sortir réellement de la situation postcoloniale ?

 

Cette clé de lecture est importante pour comprendre l’homme.

 

Dans l’entretien accordé à Impact Media, Boris critique certes certaines déclarations et actions d’Ousmane Sonko, mais certaines choses très précises l’intéressent chez cet homme politique : la souveraineté, le rapport à la France, la fidélité aux engagements, la moralisation de la vie publique, l'intégrité personnelle et la capacité à rompre avec un ordre politique qu'il considère comme profondément marqué par la situation postcoloniale.

 

Et là, son jugement est clair : "Sonko et le Pastef sont parmi les meilleures choses qui soient arrivées à ce pays depuis notre indépendance."

 

Il présente par ailleurs Sonko comme un "héritier" de Cheikh Anta Diop et de Mamadou Dia. L’association des noms peut certes heurter certaines consciences. À juste titre. 

 

Pourquoi ?

Parce que Cheikh Anta Diop est Cheikh Anta Diop. Son œuvre scientifique, historique, linguistique, philosophique et politique appartient désormais à l’histoire intellectuelle de l’Afrique et du monde. Sonko est un homme politique encore à l’œuvre et dont l’action reste, pour l’essentiel, à évaluer.

 

Mais Boris ne les met pas sur le même plan. Il prend d’ailleurs soin de dire que "comparaison n’est pas raison". Et surtout, il emploie un mot précis : héritier. Un héritier n’est pas un égal. Il prolonge quelque chose. On peut être l’héritier d’une tradition sans avoir la stature de ceux qui l’ont fondée.


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Boris ne compare pas l’œuvre intellectuelle de Sonko à celle de Cheikh Anta Diop. Il ne dit pas que Sonko est l’égal de Cheikh Anta Diop. Il inscrit Sonko dans une histoire politique, celle de la volonté de desserrer l’étau des dépendances extérieures et de poursuivre le combat de ce que certains appellent la libération nationale.

 

Plus clairement, Boris regarde si les actions de Sonko sont conformes à sa grille de lecture habituelle : la souveraineté, le rapport à la France, la fidélité aux engagements, la moralisation de la vie publique, l'intégrité personnelle et la volonté de rupture avec l'ordre politique postcolonial.

 

Entre autres exemples, Boris parle dans cet entretien de "l'émergence dans notre pays d'une kleptocratie sauvage". À ses yeux, Sonko et le Pastef ont "posé des actes destinés à nous faire sortir de ce cycle". 

 

On peut même aller au-delà de la seule appréciation de Sonko. De façon générale, Boris juge les dirigeants africains à partir d'une question fondamentale. Est-ce qu’ils contribuent, à ses yeux, à sortir leur pays de la dépendance politique, économique, culturelle et psychologique héritée de la colonisation ?

Voilà Boris !

 

Xaadim Njaay

 
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