Plus de 500 Ghanéens ont été contraints de fuir leurs domiciles et leurs commerces en Afrique du Sud à la suite de récentes attaques xénophobes, avant de bénéficier d’une prise en charge d’urgence assurée par l’Église de Pentecôte, a indiqué mercredi le ministère ghanéen des Affaires étrangères.
Les personnes touchées ont notamment reçu un abri, de la nourriture, des vêtements et d’autres formes d’assistance, grâce à la mobilisation des responsables et des communautés de l’Église de Pentecôte en Afrique du Sud.
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a salué cette intervention lors d’une visite au président de l’Église de Pentecôte, l’Apôtre Dr Eric Nyamekye, au siège de l’organisation à Accra.
Au nom du président John Dramani Mahama, du gouvernement et du peuple ghanéens, le ministre a exprimé sa reconnaissance à l’Église pour son soutien aux ressortissants ghanéens touchés par les violences.
Cette intervention a revêtu une importance particulière dans un contexte où le Ghana ne dispose que d’une seule mission diplomatique en Afrique du Sud, à Pretoria, tandis que l’Église de Pentecôte bénéficie d’un réseau beaucoup plus étendu à travers le pays.
Selon le ministre, ce maillage a permis aux responsables religieux d’atteindre rapidement des Ghanéens affectés dans des localités où une intervention diplomatique directe aurait pu prendre davantage de temps.
L’aide a notamment été coordonnée par l’Apôtre Bernard Boakye Anyimadu, responsable national de l’Église de Pentecôte en Afrique du Sud, avec son équipe, dont l’Apôtre James Quaicoe, responsable de secteur de Johannesburg et ministre de district de Pretoria, ainsi que le pasteur Senoo Godsway, ministre de district de Kempton Park.
Pour Accra, l’épisode met en évidence le rôle que peuvent jouer les réseaux communautaires dans la protection et l’assistance aux ressortissants africains confrontés à des situations de crise à l’étranger.
Le ministre Ablakwa a également rappelé une précédente intervention de l’Église lors du conflit russo-ukrainien, lorsque ses responsables et membres avaient contribué à aider des étudiants ghanéens et d’autres ressortissants à quitter des zones de conflit et à rejoindre des pays voisins, notamment la Hongrie et la Roumanie.
Au-delà de l’aide d’urgence apportée aux victimes, l’épisode pourrait ainsi ouvrir une nouvelle réflexion à Accra sur les moyens de renforcer la protection des Ghanéens vivant à l’étranger, notamment dans les pays où la présence diplomatique du Ghana reste limitée.
Dans cette perspective, le ministère des Affaires étrangères et l’Église de Pentecôte envisagent de renforcer leur coopération.
Le ministre a indiqué que des consultations seraient menées avec les chefs de mission et les autres parties prenantes afin d’étudier la possibilité de formaliser ce partenariat par un protocole d’accord.
L’objectif serait notamment de mieux coordonner le vaste réseau international de l’Église avec les missions diplomatiques ghanéennes afin de faciliter une assistance rapide aux ressortissants en situation de détresse.
L’Église de Pentecôte est présente dans environ 210 pays et territoires, selon les informations communiquées lors de la rencontre.
Ces évènements interviennent dans un contexte marqué par des manifestations anti-immigration qui ont conduit de nombreux migrants à quitter l'Afrique du Sud. Plusieurs incidents impliquant des agressions contre des ressortissants étrangers ont suscité des critiques de gouvernements africains et d'organisations de défense des droits humains, qui appellent les autorités sud-africaines à renforcer la protection des migrants. [AA]






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