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Le PM Ousmane Sonko livre un bilan des infrastructures en cours de réalisation

Jeudi 21 Mai 2026

Le premier ministre sénégalais Ousmane Sonko (photo d'archives)
Le premier ministre sénégalais Ousmane Sonko (photo d'archives)

L’exploitation de données collectées auprès des ministères a permis de recenser 245 actifs et projets d’infrastructures non mises en service, susceptibles de faire l’objet d’un recyclage ou d’une valorisation, ou à achever dans les meilleurs délais.

 

Le Conseil des ministres du 15 avril dernier avait recommandé aux ministres de recenser les projets infrastructurels en cours de réalisation dans leur département ministériel, a rappelé M. Sonko. Il présidait un conseil interministériel sur les infrastructures.

 

‘’L’exploitation des données collectées auprès des départements ministériels a permis de recenser 245 actifs et projets d’infrastructures répartis en quatre catégories patrimoniales’’, a-t-il signalé dans un document publié par la Primature à la fin de la rencontre gouvernementale.

 

La première catégorie est celle des infrastructures achevées mais n’étant pas mises en service. Elles constituent ‘’des actifs dormants’’.

Quatre-vingt-quatorze projets d’infrastructures à achever. 

 

Les actifs déjà mis en service et pouvant faire l’objet d’un recyclage ou d’une valorisation sont la deuxième catégorie. 

 

La troisième catégorie réunit les projets d’infrastructures en cours de réalisation, qui sont à achever dans les meilleurs délais. 

 

Pour la dernière, le patrimoine immobilier et foncier est recyclable ou valorisable, selon le Premier ministre.

 

‘’Les projets achevés, non mis en service, sont au nombre de 30. Vingt-cinq d’entre eux connaissent un blocage et constituent des actifs dormants, pour un investissement gelé de 279 milliards de francs CFA’’, a-t-il signalé lors du conseil interministériel.

 

Quinze de ces projets sont classés ‘’haute priorité’’ en de leur impact financier et de la nature du blocage, selon Ousmane Sonko.

 

Les actifs mis en service, recyclables ou valorisables, au nombre de 23, couvrent huit secteurs et sont répartis entre 13 entités gestionnaires, pour une valeur estimative de 1065 milliards de francs CFA, a-t-il indiqué.

 

Les projets d’infrastructures en cours de réalisation, qui doivent être achevés, sont au nombre de 94. ‘’Soixante-deux de ces projets sont bloqués’’, a signalé Ousmane Sonko.

 

L’investissement global de ces 94 projets s’élève à 5 227 milliards, d’après lui. Leur achèvement nécessite un financement complémentaire de 973 milliards.

 

Le patrimoine immobilier et foncier recyclable ou valorisable concerne 97 biens de l’État, dont 91 sont situés dans la région de Dakar. 

 

Ces biens ont une valeur marchande globale estimée à 132 milliards, et le coût de la rénovation à 12,1 milliards.

 

Les facteurs de blocage sont d’ordre financier, juridique, technique et opérationnel, d’après M. Sonko.

Des conflits juridiques, des marchés ou des contrats annulés, des blocages administratifs

 

Sur le plan financier, 42 projets ont connu un blocage lié à une insuffisance de crédits d’investissement, au non-paiement des échéances ou au défaut de paiement tout court, a-t-il signalé.

 

Il en découle un arrêt des travaux, une absence d’équipements ou de budget de fonctionnement.

 

Dix-huit projets bloqués pour des raisons techniques ont été identifiés. Leur blocage relève souvent de défaillances de coordination entre les acteurs concernés, notamment entre le maître d’ouvrage et les opérateurs de réseaux (eau, électricité, télécoms).

 

Il en résulte l’existence de travaux techniques inachevés, des retards de livraison, des défauts de raccordement, des équipements manquants ou non installés, des bâtiments délabrés.

 

Dans certains cas, on a constaté des sites non disponibles, les emprises n’étant pas libérées.

 

Selon Ousmane Sonko, 14 projets ont connu un blocage d’ordre juridique. ‘’Cela découle de […] conflits juridiques, de marchés ou de contrats annulés, de blocages administratifs, de conventions et avenants en attente de signature ou de l’inexistence d’un statut institutionnel matérialisé par un décret.’’

 

‘’La situation la plus paradoxale relève de causes opérationnelles. En effet, on a identifié 13 projets achevés ou presque, parfois depuis plusieurs années, sans modèle d’exploitation ou de gestion’’, a signalé M. Sonko.

 

Des ‘’pertes énormes’’

 

En outre, pour des raisons d’inadéquation entre l’infrastructure et le besoin réel, de défaut de réception formelle entraînant une mise en service en attente, de faible coordination entre les acteurs, des infrastructures achevées ne sont pas mises en service, a-t-il relevé.

 

Dans d’autres cas, certains équipements et installations restent à finaliser.

 

‘’En raison de tous ces manquements, j’ai pris deux grandes décisions : d’abord la création d’un comité chargé, à la Primature, de poursuivre ce travail et de le finaliser ; ensuite une demande formelle de compléter l’inventaire qui, pour moi, est loin d’être exhaustif’’, a annoncé le Premier ministre.

 

Il a recommandé aux services concernés d’‘’anticiper les problèmes techniques liés au raccordement des réseaux hydrauliques et électriques’’ des infrastructures.

 

Ousmane Sonko juge ‘’inconcevable’’ de construire des infrastructures sans penser à leur exploitation, ce qui, d’après lui, est partiellement à l’origine des ‘’blocages’’ signalés.

 

Il a déploré ‘’les pertes énormes’’ engendrées par ces ‘’blocages’’.

 

‘’La roublardise, la négligence et le laxisme […] sont la conséquence des retards de livraison et des défaillances. Il faudrait, désormais, la tolérance zéro face à cette situation’’, a soutenu M. Sonko en parlant des causes de l’arrêt des projets infrastructures. [APS]

 
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