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Le Liban renonce à honorer « tous » ses bons du Trésor en dollars (ministère des Finances)

Lundi 23 Mars 2020

Ghazi Wazni, le ministre libanais des Finances
Ghazi Wazni, le ministre libanais des Finances
Le Liban, confronté à une crise financière inédite, a annoncé lundi qu’il ne paiera pas l’ensemble de ses bons du Trésor émis en dollars, dans le cadre d’un plan de restructuration de sa dette publique.
 
Le pays, qui croule sous une dette de 92 milliards de dollars, soit 170% du PIB, avait déjà annoncé le 7 mars qu’il ne paierait pas une première tranche de sa dette, d’un montant de 1,2 milliard de dollars qui arrivait à échéance le 9 mars, marquant ainsi le premier défaut de paiement de son histoire.
 
Dans un communiqué, le ministère libanais des Finances a indiqué que le pays, déjà en défaut de paiement depuis le 9 mars, « suspendra le paiement de tous les Euronbonds arrivant à échéance », en référence aux bons du Tésor émis par l’Etat en devises étrangères qu’il devait rembourser par tranches successives jusqu’en 2035.
 
Les autorités ont justifié leur décision par l’érosion des réserves de devises étrangères du pays.
 
Sur l’ensemble de l’année 2020, le pays devait en théorie honorer 4,6 milliards de dollars d’Eurobonds, dont le montant global jusqu’en 2035 s’élève à près de 30 milliards de dollars.
 
Les banques locales détiennent 12,7 milliards de dollars de l’ensemble des Eurobonds, contre 5,7 milliards par la Banque centrale, et plus de 11 milliards par des investisseurs étrangers.
 
Le ministère a, en parallèle, indiqué travailler sur un plan de « restructuration de la dette » et de « stabilisation de l’économie ».
 
La restructuration annoncée aura lieu par le biais de négociations de gré à gré avec les investisseurs et les créanciers du pays.
 
Une première présentation aux investisseurs (« Investment présentation ») aura lieu le 27 mars, a indiqué le ministère des Finances, qui a chargé la société « Lazard Frères », conseiller financier de l’Etat, d’organiser cette initiative.
 
Le pays surendetté traverse l’une des pires crises économiques et financières depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).
 
Le Liban avait requis en février une assistance technique du Fonds monétaire international (FMI) mais n’a toujours pas formulé de demande d’aide financière auprès de l’institution internationale.
 
Le FMI est « prêt à aider les autorités dans ces efforts », avait récemment indiqué le porte-parole du FMI, Gerry Rice.
 
Outre les défis financiers, le pays fait face depuis des semaines à la propagation du nouveau coronavirus qui risque de plomber davantage une économie au point mort.
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