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La Nupes souffle sa première bougie mais les tensions sont de plus en plus évidentes

Jeudi 4 Mai 2023

L'alliance de gauche Nupes, conclue il y a un an entre Insoumis, socialistes, écologistes et communistes, a soufflé jeudi sa première bougie déjouant les pronostics les plus pessimistes, même si les points d'achoppements s'accumulent à l'approche des futures échéances électorales.
 
 - Toujours là – 
 
La Nupes est devenue, en juin 2022, la première force d'opposition à Emmanuel Macron, grâce à des candidatures uniques à gauche de l'échiquier dans les circonscriptions. Ainsi, 151 députés de gauche ont fait leur entrée au Palais-Bourbon, dont 75 LFI, 31 PS, 23 EELV et 22 PCF.
 
"Cela a redonné de l'espérance au peuple de gauche", assure un élu socialiste. 
Malgré des tensions récurrentes et des divergences stratégiques, l'alliance a mené la bataille à l'Assemblée nationale contre l'adoption du budget 2023 et la réforme des retraites, gagnant même quelques victoires symboliques. Elle a notamment contraint le gouvernement à revoir sa copie sur le nombre réel de bénéficiaires de la pension minimale à 1.200 euros. 
 
Unies contre le texte dans des meetings communs et lors des manifestations lancées par l'intersyndicale, les formations politiques veulent désormais passer à l'"acte 2". Objectif: élargir la coalition et lui permettre de l'emporter à la présidentielle de 2027. Mais aussi, pour certains, rééquilibrer les forces et réduire l'hégémonie insoumise.
 
 - Européennes chausse-trappe -
 
La France insoumise, parti dominant de l'alliance après ses 22% à la présidentielle, réclame une liste commune aux élections européennes de 2024, et met la pression sur EELV, qui s'y refuse. 
 
Les écologistes, dont c'est l'élection phare, défendent une liste séparée, pour tenter de renforcer d'abord leur parti, fragilisé depuis la présidentielle. Surtout, ils soulignent des divergences fondamentales concernant l'Europe. 
 
Si EELV ou le PS se définissent clairement comme pro-européen, LFI ou le PC sont, eux, eurosceptiques. 
 
Même si une formulation avait été trouvée au moment de l'accord Nupes, prévoyant de "ne pas respecter certaines règles" de Bruxelles, pour ménager les sensibilités de tous, la question européenne reste la principale pierre d'achoppement de l'alliance, notamment sur l'Ukraine, l'Otan ou la défense européenne. 
 
Mais, pour La France insoumise, si la Nupes part séparée, l'image sera désastreuse, face à l'extrême droite et à la Macronie. 
 
Lors d'une réunion mardi soir des dirigeants, Manuel Bompard, coordinateur LFI, "a dit qu'il préférait faire 25% tous ensemble que 35% séparés", rapporte un élu écologiste. "Il raconte une stratégie de la +lose+, alors qu'on pourrait faire un récit sur l'addition de tous les scores des partis de l'alliance. La Nupes, ils n'en veulent que sous leur joug."  
 
Le PS est prêt à une discussion sur "le fond" pour savoir si une liste commune est possible, mais "s'il n'y en a pas, c'est pas la fin de la Nupes", argumente le secrétaire général du parti Pierre Jouvet: "Le scrutin européen n'a jamais configuré l'espace politique français". 
 
Les communistes jugent, eux, irréalistes une telle liste qui "défend tout et son contraire". 
Le sujet risque d'empoisonner l'union, jusqu'à la prochaine présidentielle. 
   
 
- Candidature commune en 2027 ? -
 
Après l'échec de la gauche en 2022, les principaux partis de la Nupes sont persuadés de la nécessité de partir ensemble en 2027. Mais la question de la désignation du candidat commun, et surtout de la candidature potentielle de Jean-Luc Mélenchon (LFI), font déjà débat.
 
Le patron du PS Olivier Faure plaide pour discuter d'abord "d'un contrat de coalition", sorte de programme commun à réécrire, ce qui n'est pas forcément du goût des Insoumis, dont le projet présidentiel de 2022 a servi de base à celui de la Nupes. 
 
Les écologistes appellent eux à "une coopérative", qui jouerait le rôle de "comité de campagne" et déterminerait le portrait robot du candidat commun idéal, alors que certains socialistes défendent une "primaire".
 
Beaucoup craignent en tout cas que le débat ne se résume à "pour ou contre" Jean-Luc Mélenchon. Déjà trois fois candidat, il refuse toute idée de primaire, mais reste pour beaucoup d'insoumis la meilleure option. 
 
Les autres formations soulignent "le plafond de verre" que pourrait constituer cette personnalité controversée pour certains électeurs, tandis que les communistes sont les seuls pour l'instant à envisager une candidature séparée. 
 
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