La décision administrative est rapidement devenue une polémique nationale. Le 14 août, la Côte d’Ivoire a annoncé la réinstauration d’un visa pour ses ressortissants souhaitant se rendre au Maroc. La mesure sera appliquée pour une période « expérimentale » de deux ans à compter de dimanche 1er septembre.
Une décision inattendue, les deux pays ayant noué de longue date un accord autorisant la libre circulation de leurs citoyens. Plus étonnant encore, la décision a été prise à l’initiative du gouvernement ivoirien, qui explique vouloir enrayer « l’afflux de migrants africains vers les côtes méditerranéennes » et affirme que « la plupart de ces immigrants clandestins sont des ressortissants étrangers se prévalant de la citoyenneté ivoirienne »...
Vérification faite, le gouvernement a donc expliqué le 14 août avoir découvert des « réseaux parfaitement organisés, disposant de spécimens de faux passeports et de cachets contrefaits ». La mesure de réinstauration des visas, « certes douloureuse pour certains de nos compatriotes », reconnaît le communiqué, devrait permettre d’« assécher les sources d’approvisionnement des réseaux de faussaires en renforçant ipso facto la crédibilité du passeport ivoirien et la sécurité nationale »...
« L’utilisation frauduleuse de passeports ne relève pas de la responsabilité des Ivoiriens, la population n’a pas à en payer le prix », défend Marie-Noëlle Ebia, une entrepreneuse installée depuis 2012 dans la capitale économique marocaine. Elle y vit légalement, s’y est mariée, y a fait ses enfants. Pour elle, cette mesure est « trop brusque ». [Le Monde]






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