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La Bénoué, « grenier » du Nigeria, est frappée de plein fouet par l’insécurité

Lundi 23 Août 2021

Donald Amokaha passe ses journées à arracher les mauvaises herbes sur ses terres autrefois fertiles, sur les rives de la Bénoué, dans le centre du Nigeria, cœur agricole du pays le plus peuplé d’Afrique. Le riziculteur a dû abandonner sa ferme de 100 hectares située à quelques kilomètres seulement de Makurdi, la capitale régionale, par crainte de devenir à son tour la cible des attaques et des enlèvements qui se multiplient dans la région.
 
Comme Donald Amokaha, de nombreux agriculteurs de la Middle Belt, la « ceinture du milieu » qui traverse le Nigeria d’est en ouest, fuient les violences qui sévissent en zones rurales, avec des conséquences désastreuses sur les récoltes et le coût, déjà élevé, des denrées alimentaires.
 
Depuis des années, une âpre compétition pour les ressources naturelles oppose éleveurs transhumants et agriculteurs sédentaires, les seconds accusant les premiers de saccager leurs terres avec leur bétail. Aggravées par le changement climatique et l’explosion démographique dans ce pays de 200 millions d’habitants, les violences sporadiques ont débouché sur une grave crise sécuritaire, entre attaques de bandits lourdement armés et représailles sans fin entre communautés. …
 
Outre l’insécurité, plusieurs économistes pointent du doigt le contexte économique difficile pour ce pays producteur de pétrole, confronté aux retombées de la pandémie de coronavirus et à l’effondrement de la demande d’or noir. Selon le Bureau des statistiques nigérian, l’inflation des denrées alimentaires culminait à un taux vertigineux de 21,83 % en juin. (Le Monde avec AFP)
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