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Tout n'est pas joué, Monsieur le Président (Par Ndaraw Sarr)

Jeudi 1 Janvier 2026

Le président Bassirou Diomaye Faye après son intronisation comme chef de l'Etat en avril 2024
Le président Bassirou Diomaye Faye après son intronisation comme chef de l'Etat en avril 2024

Je me permets de m’adresser à vous en cette année 2025 finissante pour partager avec vous une réflexion qu’inspire à un simple observateur la lecture des dynamiques visibles entre votre haute fonction et le projet politique dont vous êtes, avec le Premier ministre, le dépositaire. Je ne prétends ni connaître les arcanes de votre gouvernance, ni détenir une quelconque vérité sur les intentions profondes des acteurs en présence. Mon intention est plus modeste, mais sincère : tenter d’éclairer, à la lumière d’auteurs reconnus en matière de leadership, d’intelligence relationnelle et de psychologie sociale, les ombres portées d’une tension qui, de l’avis de nombreux concitoyens, semble aujourd’hui menacer la cohérence de l’édifice commun.

 

Mon approche se veut donc une tentative d’interprétation, humble mais rigoureuse, de ce qui se joue dans l’interaction entre vos rôles respectifs. Non pour juger, encore moins pour arbitrer, mais pour identifier avec vous des pistes de compréhension et de réajustement susceptibles de préserver l’essentiel : le projet, la confiance et l’espérance collective qui vous ont portés.

 

Depuis plusieurs mois, une préoccupation profonde traverse le pays. Elle ne se manifeste plus seulement sous la forme d’un malaise diffus, mais s’exprime désormais ouvertement, parfois violemment, à travers des critiques répétées et des invectives publiques portées par des partisans des deux camps.

 

Ce climat de confrontation verbale, souvent émotionnel et peu nuancé, est le symptôme visible d’un désalignement perçu au sommet de l’État. Il traduit moins une divergence idéologique de fond qu’une fracture relationnelle projetée dans l’espace public, où chacun interprète les gestes, les silences et les paroles à l’aune de ses propres loyautés et de ses propres craintes.

 

Ce durcissement du débat traduit, pour une partie significative des militants et sympathisants du parti qui vous a porté au pouvoir, une remise en cause directe de vos intentions politiques, certains allant jusqu’à évoquer une trahison du projet initial. Cette lecture, même si elle ne fait pas consensus, pèse lourdement sur le climat de confiance et mérite d’être prise au sérieux.

 

Cette divergence de perceptions ne porte donc pas seulement sur des styles ou des postures, mais sur la confiance même dans la continuité du projet, et sur la crainte que l’architecture fondatrice, articulant votre magistrature suprême, d’une part, et la légitimité politique, militante et populaire incarnée par le Premier ministre Ousmane Sonko, d’autre part, ne soit en train de se fissurer.

 

Lorsque ces piliers donnent l’impression de s’écarter, ce n’est pas une simple querelle de sommet qui est en cause. C’est la solidité même de toute la structure, et la confiance que les Sénégalais avaient placée dans sa capacité à tenir debout face aux tempêtes qui est questionnée. Dans un pays où l’espérance politique a souvent été déçue, la moindre fissure au sommet résonne bien au-delà des cercles militants ; elle atteint l’imaginaire collectif et ravive les doutes sur la possibilité même d’un changement durable.

 

Pour tenter de décrypter cette situation complexe, je m’appuie sur des penseurs dont les travaux éclairent précisément les écueils relationnels auxquels sont confrontés les leaders en situation de pouvoir. Leurs concepts offrent un langage pour nommer les choses et comprendre ce qui, autrement, resterait du domaine du ressenti.

 

L’Arbinger Institute, dans son ouvrage fondateur Leadership and Self-Deception, fournit à cet égard une clé de lecture essentielle. Il montre que les relations ne se dégradent pas d’abord à cause des désaccords objectifs, mais à cause du processus intérieur par lequel chacun se justifie dans ses propres positions. En se justifiant, le leader cesse progressivement de voir l’autre comme une personne à comprendre et commence à le percevoir comme un obstacle, une menace ou un problème à gérer. Ce basculement « dans la boîte », ce passage subtil de la perception à la justification, est insidieux et souvent invisible à celui qui le vit.

 

Appliqué à votre situation, ce mécanisme permet de comprendre comment, à partir de divergences pourtant normales de tempérament et de style : votre retenue présidentielle, face à une parole plus véhémente, forgée dans la résistance, chacun peut progressivement élaborer une narration intérieure qui légitime la méfiance ou la prise de distance.

 

L’autre n’est plus d’abord le compagnon de lutte, le frère, l’ami mais une fonction réduite à ses aspects les plus dérangeants : « le Premier ministre au style abrupt, qui interpelle publiquement », ou « le Président qui se tait face aux attaques répétées contre son Premier ministre ». Ces étiquettes, forgées pour se protéger psychologiquement, deviennent des prisons pour la relation et, à terme, pour le projet lui-même.

 

Cette dynamique relationnelle est d’autant plus exacerbée qu’elle s’inscrit dans un contexte institutionnel et politique singulier. Votre décision de vous mettre en retrait de la direction du parti qui vous a porté au pouvoir avait été largement saluée comme un acte fort d’incarnation de l’État. Elle avait donné corps à l’idée qu’un Président pouvait choisir la hauteur, la distinction des rôles et une certaine forme de désintéressement partisan. Elle avait nourri, chez beaucoup, l’espoir d’une éthique politique renouvelée.

 

Cependant, ce retrait, aussi juste fût-il dans son intention, a également produit des effets secondaires qu’il serait imprudent de négliger. Il a créé une distance avec votre parti et ouvert un espace dans lequel d’autres acteurs, ayant rejoint le mouvement ultérieurement, ont naturellement gagné en influence, en visibilité et en capacité d’orienter le récit collectif, parfois au détriment de l’esprit initial du projet.

 

C’est dans ce contexte que votre retour sur le champ politique, à travers la structuration et les changements opérés au sein de la direction de votre coalition, en décalage avec la position officielle de votre parti, a créé un malaise réel, tant au sein de la majorité que dans l’opinion. Ce malaise ne tient pas seulement à un désaccord tactique ; il touche à la cohérence symbolique de votre geste initial et ravive des interrogations profondes sur vos intentions, mais surtout sur la possibilité de maintenir une ligne éthique stable dans l’exercice du pouvoir.

 

Thomas d’Ansembourg apporte ici un éclairage précieux. Dans « Cessez d’être gentil, soyez vrai », il montre que le vide laissé par une parole non dite, par une position non explicitée ou par une retenue excessive, n’est jamais neutre. Il est toujours comblé par des interprétations, des projections et des récits concurrents. Ce que l’on n’ose pas dire par peur de déranger ne disparaît pas ; cela se transforme en ressentiment, en reproches silencieux ou en ruptures différées.

 

Ainsi, l’espace politique et médiatique libéré par votre « neutralité institutionnelle » n’est pas resté vide. Il a été investi par d’autres voix, parfois au sein même de votre coalition, dont certaines n’ont jamais caché leur défiance envers le Premier ministre. Sous couvert de stabilité, d’apaisement ou de respect des institutions, ces récits tendent à opposer artificiellement la dignité de l’État et la radicalité du projet de transformation. Votre silence face à ces narrations, même s’il est motivé par le souci d’équilibre, peut être perçu comme une concession silencieuse qui fragilise la confiance. On apprend qu’en politique, l’ambiguïté est rarement interprétée comme de la sagesse ; elle est souvent vécue comme une validation implicite.

 

Pour autant, il serait incomplet de faire porter l’essentiel de la responsabilité sur cette seule dynamique. Le style du Premier ministre, marqué par une franchise parfois déconcertante, peut effectivement compliquer la gestion d’équilibres institutionnels délicats. Mais vouloir le dissocier de son histoire reviendrait à lui ôter sa cohérence et sa force. C’est ce même style qui a permis la résilience, mobilisé les foules, tenu face à l’adversité et conduit Yewwi Askan Wi, puis la coalition Diomaye Président et enfin son parti, successivement, à la victoire lors des 3 dernières élections nationales. Cette légitimité démocratique est un fait politique majeur qui ne peut être ignoré. L’enjeu n’est donc pas de neutraliser cette énergie, mais de recréer un cadre dans lequel elle redevient complémentaire de votre hauteur présidentielle, et non perçue comme contraignante.

 

C’est ici qu’intervient avec force la pensée de John C. Maxwell, notamment à travers sa « Loi de la Navigation ». « Tout le monde peut diriger le navire, mais il faut un navigateur pour tracer le cap », écrit-il. Vous êtes le navigateur de Sunu Gaal, notre pirogue commune. Le Premier ministre en est le rameur principal, celui qui donne la puissance, le rythme et l’endurance à l’action. Aujourd’hui, les eaux sont agitées : défis économiques, attentes sociales immenses, héritages sensibles, jeunesses désemparées, pressions multiples. Si le navigateur et le rameur principal ne sont plus synchronisés, si les signaux envoyés ne sont plus clairement interprétés, l’embarcation tangue, perd sa trajectoire et s’expose aux courants contraires.

 

La tentation, pour le navigateur, pourrait être de prouver son autorité en s’entourant de rameurs plus dociles, à la nage plus calme, mais dont la direction réelle ramène vers les rivages d’antan. Or Maxwell nous met explicitement en garde contre ce réflexe. Dans High Road Leadership, il rappelle que le leadership le plus élevé ne consiste pas à gagner des batailles immédiates, mais à préserver ce qui permettra encore de gagner demain. La « voie haute » exige de protéger les relations structurantes, les valeurs fondatrices et l’avenir du projet, même lorsque cela est inconfortable à court terme.

 

Cette exigence rejoint ce que Brené Brown appelle le courage de la vulnérabilité. La vulnérabilité, écrit-elle, n’est ni une faiblesse ni une perte d’autorité ; elle est le courage de se montrer, de dire et de reconnaître, même lorsque le résultat n’est pas garanti. Dans votre position, Monsieur le Président, cela pourrait se traduire par le courage de nommer publiquement la valeur stratégique et politique du Premier ministre, non par complaisance, mais par fidélité au mandat populaire et par lucidité historique.

 

Face à ce qui peut apparaître comme une alternative impossible ; affirmer l’autorité ou préserver l’alliance, Stephen R. Covey propose, avec la Troisième Voie, une sortie par le haut. Il ne s’agit ni du compromis tiède, où chacun renonce à l’essentiel, ni de la confrontation, où l’un gagne au détriment de l’autre. Il s’agit de co-créer une solution nouvelle, plus exigeante, qui honore à la fois les rôles, les responsabilités et le projet. Cette Troisième Voie suppose une conversation authentique, protégée des interférences et des « démons politiques », centrée sur une seule question : comment accomplir ensemble la mission confiée par le peuple, sans trahir ni l’éthique ni la vision initiale ?

 

Monsieur le Président, l’analyse de ces auteurs converge vers un même impératif : l’urgence d’un réajustement relationnel conscient, assumé et courageux. Les tensions que vous traversez sont humaines et compréhensibles dans le passage de la lutte à l’exercice du pouvoir. Mais leur gestion définira durablement la trajectoire de notre embarcation.

 

Protéger le projet, c’est inévitablement protéger la relation qui l’a fait naître. Cela ne signifie ni éviter les exigences ni renoncer aux clarifications nécessaires. Le Premier ministre a, de son côté, le devoir d’ajuster son expression au service de l’unité d’action. Mais ces ajustements ne peuvent être durables que s’ils s’inscrivent dans un cadre de loyauté réaffirmée, de reconnaissance mutuelle et de clarté politique.

 

Tout n’est pas joué, Monsieur le Président. La confiance, bien qu’effritée, peut être restaurée par des actes lisibles : une réaffirmation publique de l’alliance stratégique, la mise en place d’un cadre de dialogue régulier et protégé, le recadrage sans ambiguïté de certains actes et discours de vos entourages respectifs, autant de leviers que votre position vous permet d’actionner.

 

Je termine cette lettre par la question essentielle que votre leadership est seul à pouvoir trancher, dans le for intérieur de votre conscience :

 

Au moment de faire le bilan de l’année écoulée et de préparer celle qui s’ouvre, la trajectoire sur laquelle nous engagent le silence ou la distance vaut-elle le coût immense de l’affaiblissement de la promesse initiale et de la déception d’un peuple qui a cru à la force d’un duo pour changer enfin de cap ?

 

Le Sénégal attend du navigateur qu’il tienne fermement la barre, mais aussi qu’il garantisse la cohésion et la détermination de tout l’équipage. C’est dans cette unité d’action retrouvée que réside la seule performance qui vaille : celle qui conduit la pirogue nationale, intacte et unie, vers la rive du progrès partagé : un Sénégal souverain, juste et prospère.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma respectueuse considération.

 

Ndaraw SARR

Coach & Formateur en Leadership

Membre de la John Maxwell Certified Team

 
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1.Posté par Me François JURAIN le 02/01/2026 11:31
Que de détours et de contours, pour tenter d'éclairer une situation finalement banale, tant elle est simple à comprendre, et s'est posée, un jour où l'autre, dans presque tous les pays monde.

Déjà, il faut bien comprendre que, comme dans tous les pays du monde, les sénégalais veulent avant tout rêver. Et les hommes politiques l'ont fort bien compris, pendant les campagnes électorales, ils vous vendent du rêve, et si vous croyez les promesses que l'on vous fait avant une élection, sans être cynique, je dirai: tant pis pour vous, en politique, les promesses n'engagent que ceux qui y croient, c'est bien connu.
C'est bien pour cela que les partis politiques qui sont le plus crédibles, sont les partis que je qualifierai d'opposition: je fais par exemple référence, en FRANCE, au parti de Marine LEPEN: cela fait plus de soixante ans qu'elle, après son père, raconte n'importe quoi, caresse tout le monde dans le sens du poil, l'important, c'est de plaire à tout prix et au plus grand nombre. Et ça marche, puisque, l'on gratifie ce parti de score vertigineux dans les sondages, sauf qu'il risque fort de passer au stade peu enviable et non prévu dans leur stratégie, à savoir celui de gouvernant, et là, le problème sera tout autre. Si les rêves se confondaient avec la réalité, ca se saurait!
Et bien, il s'est passé exactement la même chose au SENEGAL, et je suis surpris qu'aujourd'hui, il y ai des sénégalais surpris.

Le leader du parti PASTEF est sans conteste, un leader charismatique, qui sait galvaniser les foules.
C'est dans son genre une rock star surdouée, il le sait, et il aime ça. Son seul problème, c'est qu'il n'a aucune expérience de la politique, et ses méandres. Qui plus est, il a été aidé, bien aidé par son ennemi juré, Macky SALL, et les deux se sont bien servi de l'autre: l'un, pour se bâtir une image de martyr qui lui colle à la peau, l'autre, pour se forger l'image d'un Président "droit dans ses bottes", qui ne cède pas à la clameur de la rue. Et le moins que l'on,puisse dire, c'est que les deux scenario ont marché à la perfection.

Mais une fois élu, les choses changent du tout au tout: c'est le dur passage du rêve à la réalité. Et celle ci fut d'autant plus brutale que d'un côté, un champion de l'orgueil toutes catégories confondues, mais vieux routier de la politique, qui connait toutes les ficelles soit pour les avoir vues pratiquées par son mentor, soit pour les avoir mises en œuvre lui même, de l'autre côté un fonctionnaire des impôts sans aucune expérience politique, mais ayant de bons atouts dans sa manche: jeune, beau gosse, près des gens, magicien du rêve, sachant parler aux foules et aimant ça, éminemment charismatique, nouveau dans l'arène, donc, sans casseroles connues. Ça aide!

Je passe sur les détails, sauf un quand même : le monde politique est un monde sans pitié. Pour avoir fréquenté (et même en vivre!) professionnellement parlant s'entend, le monde des truands et le monde politique, je peux dire, mais ça n'engage que moi, que le monde des voyous m’apparaissait plus sympathique, car au moins, à cette époque là tout du moins(92-2016), ils avaient une certaine éthique.

Et ces deux là n'ont pas ménagé leurs coups, bas ou haut. A cette époque, je m'étonnais (et m'inquiétais) déjà que le Prétendant SONKO soit tombé dans tous les pièges que lui avait tendus par son,adversaire, absolument tous, et cela est inquiétant, car de nos,jours, un homme politique qui n'a pas une certaine "baraka" n'a pas trop sa place dans ce monde là.

Donc, et c'est vrai, SONKO a gagné l'élection. Il a fermement indiqué la porte de la sortie, à son adversaire qui s'est senti humilié, d'autant que pour lui, le Sénégal lui appartenait: dans son esprit, c'était propriété privée. Et dans ces conditions, il fallait bien s'attendre à ce que le sortant "savonne la planche" afin d'assurer l'échec de son adversaire, et pour être savonnée, elle a été savonnée,c'est le moins que l'on puisse dire!

D'autant que le sieur SONKO, gagnant l'élection, n'a pas le droit de s'assoir dans le fauteuil présidentiel, toujours à cause d'un piège qui lui avait été tendu et dans lequel il était tombé à pieds joints, à l'époque.

Qu'à cela ne tienne, SONKO ne sera pas dans le fauteuil, il va y placer son ami, son frère, son compagnon de lutte et de détention, son ami de toujours, DIOMAYE; A lui les honneurs, les bons diners et les voyages, mais à SONKO la gloire, et la reconnaissance. En fait, un remake de POUTINE premier ministre, en son temps, pour contourner la loi électorale
!

Sauf que, avant de prêter serment, DIOMAYE a dû relire la constitution, petit ouvrage qui manifestement n'encombre pas la table de chevet de notre ami SONKO, qui a ce point commun avec un autre illusionniste, TRUMP: la loi, c'est moi, et la seule loi que je connaisse, c'est la force.

Et que lit on dans la constitution: "Le Président de la République est le Président de tous les sénégalais", c'est à dire, les Pastefiens, membres du parti qui a porté SONKO au pouvoir, mais aussi les autres: le rôle du Président de la République est de rassembler tout ce beau monde, chercher un consensus entre les deux camps, rassembler, dans l'intérêt strict de la nation. La patrie avant le parti

SONKO, lui, a une vision diamétralement opposée: PASTEF a gagné,c'est PASTEF qui doit gouverner, et le camp d'en face est toujours notre ennemi juré. Le parti avant la patrie.
Preuve en est que SONKO, alors premier ministre, n'a jamais démissionné de son poste de leader de PASTEF, avec ses gardiens de la révolution tous acquis à sa cause, à la vie à la mort. Car il veut être Président de la République, à tout prix. On peut d'ailleurs se demander pourquoi, puisque le Poste de Premier Ministre est un poste hautement stratégique, et beaucoup plus efficace, pour qui veut œuvrer dans l’intérêt de la nation, que celui de Président de la République, même si le Président de la République détient une arme non secrète, celle de démettre ou de nommer le Premier Ministre, toujours d'après la constitution. Orgueil mal placé? nul ne sait...

Toutes les conditions étaient donc réunies pour que nos deux duettistes en viennent à se séparer, comme l'ont fait, avant eux, Fidel CASTRO et le "CHE", CHIRAC et BALADUR, MITTERAND et ROCARD, ect...L'histoire des politiques est pleine de ces exemples, et la raison en est simple: le fauteuil présidentiel, dans toutes les démocratie, n'est pas un canapé, c'est un fauteuil à une place exclusivement.

Rajouter à cela, les circonstances du moment. La situation laissée par l'ex équipe dirigeante est catastrophique, avec une dette abyssale, notre orgueilleux sortant ayant toujours l'espoir de revenir un jour, en grand sauveur adulé par les foules...

Mais, finalement, est ce que cette brouille "au plus haut sommet de l'état" a une grande importance?

Car, finalement, la seule personne qui a, dans la vie de chacun, toujours le dernier mot, c'est votre banquier! Ce que peuvent dire ou penser SONKO ou DIOMAYE n'a aucune importance, la seule chose qui compte, c'est la DETTE. Elle est colossale, et pour l'instant, le seul qui détient la solution, c'est le FMI, organisme sur lequel on ne peut pas vraiment dire que l'opinion de SONKO envers cet organisme soit des plus sympathique...
Alors, pour l'instant mais quand même pour un certain temps, hormis le fait que ces deux se "regardent en chiens de faience", cette brouille n'a pas énormément d'importance: certes, SONKO a pour lui sa garde prétorienne, ses "gardiens de la révolution" qu'il entretient intelligemment, il a sa majorité à l'assemblée, dont c'est peut dire qu'elle est confortable, mais il n'est que Premier Ministre, ce qui à ses yeux est inconcevable; De l'autre côté, DIOMAYE n'a aucune base politique, aucune armée, même si il essaie de s'en constituer une, mais le plus important, à mes yeux, est qu'ils soient globalement d'accord sur le programme et sur la politique à mener, et puisque faute d'argent, le pays ne pourra avancer qu'au pas d'un sénateur tétraplégique, le fait que DIOMAYE et SONKO n'aient pas réveillonné ensemble cette fin d'année (?) me fait ni chaud ni froid!

Les seuls perdants, dans l'affaire, et bien, ce seront toujours les mêmes: les cocus désignés, le peuple, nous à qui Monsieur SONKO a demandé de serrer la ceinture deux ou trois ans...OK! dès que les ministres les députés, les hauts fonctionnaires et autres DG se verront appliquer une diminution de salaire de dix pour cent, moi, je serre la ceinture de deux crans!
Cocus un jour, cocus toujours!!!

Me François JURAIN

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