L'ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy est au cœur d'une polémique après avoir affirmé, dans une tribune publiée vendredi dans le quotidien espagnol El Debate, que l'équipe de France ne comptait « aucun joueur français » dans ses rangs.
Évoquant la demi-finale de la Coupe du monde entre l'Espagne et la France, Mariano Rajoy a d'abord salué le parcours des Bleus, rappelant qu'ils avaient été sacrés champions du monde à deux reprises et finalistes de la dernière édition.
« Elle dispose en outre d'un effectif de très haut niveau. Certes, sans aucun Français. Et elle joue très bien. Ce sera un adversaire redoutable », a-t-il écrit.
Ces propos ont rapidement suscité une vague de réactions en France, plusieurs responsables politiques y voyant une remise en cause de la nationalité des joueurs français en raison de leurs origines diverses.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a dénoncé sur le réseau social X des déclarations contraires à la conception républicaine de la nation française.
« L'équipe de France ne comprend que des Français. La France n'est pas une nation ethnique, elle n'a pas de couleur de peau ou de religion. C'est une nation politique rassemblée autour de la devise républicaine », a-t-il écrit ce dimanche, dénonçant des propos relevant d'une « droite raciste ».
La ministre déléguée française chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a également condamné des « dérapages racistes répétés » qu'elle a jugés « insupportables ».
« Il est temps qu'ils cessent et que le sport redevienne du sport : un lieu où on est jugé sur son talent et sur aucun autre critère », a-t-elle déclaré sur X, saluant une équipe de France qui « montre le meilleur de nous-mêmes ».
Âgé de 71 ans, Mariano Rajoy a dirigé le gouvernement espagnol de 2011 à 2018 sous les couleurs du Parti populaire (PP), formation conservatrice de droite. Il a quitté le pouvoir à la suite d'une motion de censure adoptée après la condamnation de son parti dans une affaire de corruption.
Ses déclarations interviennent à deux jours de la demi-finale de la Coupe du monde opposant l'Espagne à la France et ravivent le débat sur les questions d'identité et de diversité au sein des sélections nationales européennes. [AA]






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