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L'Iran referme le détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre »

Dimanche 12 Juillet 2026

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé dimanche 12 juillet 2026 la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du détroit d’Ormuz, après avoir tiré des coups de semonce contre un navire qui empruntait une « route non autorisée ».

 

Le navire « a été touché par des tirs d’avertissement et arrêté », ont indiqué les Gardiens dans un communiqué. « À la suite de cet incident, et compte tenu notamment de l’insécurité engendrée par l’intervention illégale d’étrangers, le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre et jusqu’à la fin des interventions américaines dans cette région ; aucun navire ne sera autorisé à le traverser », ont-ils ajouté, menaçant également de s’en prendre aux bases américaines dans la région du Golfe.

 

« Vengeance »

 

Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a prévenu plus tôt que la « vengeance » était « inévitable » après les funérailles de son père, tué dans les attaques israélo-américaines, alors que Donald Trump a accusé la République islamique de vouloir l’assassiner.

 

De son côté, le représentant iranien à l’ONU, Amir Saeid Iravani, a averti que son pays ne se sentirait plus tenu par le protocole d’accord conclu en juin entre l’Iran et les États-Unis s’ils « continuent de manquer à leurs obligations », selon la télévision d’État.

 

L’ayatollah s’est exprimé, dans un message écrit daté de vendredi, mais diffusé samedi, pour la première fois depuis les funérailles nationales de son père et prédécesseur, Ali Khamenei, qui a été inhumé jeudi.

 

Armée américaine « prête »

 

« Je dis à notre guide martyr que nous jurons de venger son sang pur et celui de tous les martyrs de ces deux guerres », écrit Mojtaba Khamenei, désigné guide suprême en mars, mais qui n’est pas apparu en public depuis. « Cette vengeance est la volonté de notre nation et elle doit s’accomplir, inévitablement. »

 

« Ces criminels, dont les noms figurent sur une liste, emporteront dans leur tombe le souhait d’une mort paisible dans leur lit », a-t-il ajouté.

 

Vendredi, Donald Trump avait accusé l’Iran de vouloir le faire assassiner, renouant avec son ton martial en promettant une nouvelle fois d’anéantir ce pays.

 

« L’armée américaine est prête […] pendant une période d’un an, susceptible d’être prolongée, de décimer et de détruire complètement toutes les régions d’Iran », a écrit le président américain sur Truth Social.

 

Il a ajouté que « 1000 missiles » étaient « pointés vers la République islamique », avec « des milliers d’autres » à disposition. Un durcissement des propos qui fait suite à des échanges de frappes cette semaine, qui ont depuis cessé.

 

Les États-Unis ont frappé l’Iran deux nuits consécutives à partir de mardi après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d’attaques contre trois navires commerciaux dans le stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transitait un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures avant la guerre.

 

Selon le ministère iranien de la Santé, 17 Iraniens ont été tués et 115 blessés.

 

Si Washington affirme avoir visé des cibles militaires, Téhéran l’accuse d’avoir aussi touché des infrastructures civiles afin d’empêcher les Iraniens de se rendre aux obsèques de Khamenei.

 

L’Iran a de son côté visé ses voisins du Golfe : le Koweït, où au moins une personne a été blessée, Bahreïn et le Qatar.

 

Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, a prévenu vendredi que son pays riposterait « à toute attaque » contre ses infrastructures, y compris en s’en prenant à Israël.

 

Si Donald Trump a affirmé cette semaine que le cessez-le-feu était « terminé », il a cependant accepté de continuer les négociations avec l’Iran.

 

Et les médiateurs s’efforcent de les remettre sur les rails.

 

Tractations diplomatiques

 

Vendredi, une délégation du Qatar, pays médiateur, s’est rendue en Iran, selon un média local.

 

Et samedi, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a été reçu par son homologue omanais Badr al-Busaidi pour parler du détroit d’Ormuz, passage situé dans les eaux iraniennes et omanaises.

 

Selon l’agence de presse omanaise ONA, « les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions aux niveaux technique et politique afin de parvenir aux ententes requises dans le respect du droit international ».

 

L’Iran avait bloqué le détroit en riposte à l’attaque israélo-américaine le 28 février qui a déclenché la guerre.

 

Il autorise désormais un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage était gratuit, bien que le droit de la mer prévoit une liberté de navigation « sans entrave ».

 

Selon Axios et le média américain Politico, Washington a fait savoir à Téhéran qu’il lui donnait jusqu’à samedi pour s’engager publiquement à ne plus attaquer de navires à Ormuz. [AFP]

 
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