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L'UE et l'Iran conviennent d'une reprise bientôt des discussions sur le nucléaire

Samedi 25 Juin 2022

L'Union européenne (UE) et l'Iran ont annoncé samedi une reprise "dans les prochains jours" des pourparlers sur le dossier nucléaire suspendus depuis plus de trois mois, à l'occasion d'une visite surprise à Téhéran du dirigeant européen Josep Borrell.
 
Le chef de la diplomatie de l'UE et le ministre des Affaires étrangères iranien Hossein Amir-Abdollahian ont fait ces annonces lors d'une conférence de presse conjointe à Téhéran après un tête-à-tête de deux heures.
 
Pour faire avancer le processus, M. Borrell a indiqué que des contacts "indirects" entre les Etats-Unis et l'Iran auraient lieu rapidement "dans un pays du Golfe". 
 
Les pourparlers lancés à Vienne en avril 2021 entre l'Iran et les grandes puissances (Russie, Etats-Unis, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) sont au point mort depuis mars, les Américains et Iraniens s'accusant mutuellement de les bloquer. 
 
Ils visent à réintégrer les Etats-Unis à l'accord de 2015 prévoyant des limitations au programme nucléaire iranien, dénoncé en 2018 par le président américain d'alors Donald Trump, et à ramener l'Iran au respect de ses engagements dictés par ce pacte, appelé JCPOA.
 
Conclu par l'Iran et les six puissances, le JCPOA vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire de l'Iran, accusé de chercher à se doter de l'arme atomique malgré ses démentis, en échange d'une levée progressive des sanctions internationales asphyxiant l'économie iranienne. Or l'administration Trump avait rétabli les sanctions américaines, provoquant l'ire de l'Iran.
 
"Ma visite a pour principal objectif de briser la dynamique actuelle c'est-à-dire la dynamique de l'escalade" et de sortir de l'impasse, a déclaré M. Borrell, accompagné lors de sa visite d'un jour à Téhéran du coordinateur de l'UE chargé de superviser le dialogue de Vienne, Enrique Mora. 
 
"Nous allons reprendre les discussions sur le JCPOA dans les prochains jours", a-t-il dit. 
 
- Avantages économiques -
 
Pour M. Borrell, l'un des obstacles majeurs aux négociations est l'inimitié entre l'Iran et les Etats-Unis, ennemis de longue date.
 
"Nous avons convenu aujourd'hui que cette visite sera suivie par la reprise des négociations  entre l'Iran et les Etats-Unis facilitées par mon équipe pour tenter de résoudre les problèmes en suspens", a-t-il dit.
 
Lors d'une nouvelle conférence dans la soirée, M. Borrell a précisé aux journalistes que des "contacts bilatéraux entre l'Iran et les Etats-Unis auront lieu dans un pays du Golfe (...) plus vite que vous ne pouvez l'imaginer". 
 
Ces discussions ne seront pas directes, "mais mon équipe sera sur place et fera le lien entre les uns et les autres", a-t-il expliqué. 
 
A Vienne, les Etats-Unis et l'Iran tiennent des discussions indirectes, via l'UE.
 
M. Borrell a souligné devant son interlocuteur iranien les avantages économiques que pourrait tirer l'Iran d'une relance de l'accord de 2015, alors que ce pays souffre des sanctions.
 
"Nos relations bilatérales ont un énorme potentiel, mais sans un JCPOA fonctionnel, nous ne pouvons pas les développer pleinement", a-t-il dit dans un tweet.
 
Il a également soulevé la question de la "détention déconcertante de citoyens de l'UE en Iran", allusion à plusieurs Occidentaux détenus en Iran, sous des accusations d'espionnage ou autres.
 
De son côté, M. Amir-Abdollahian a souligné que son pays était "prêt à reprendre les pourparlers dans les prochains jours".
 
"Ce qui est important pour la République islamique d'Iran, c'est le plein avantage économique que l'Iran doit tirer de l'accord conclu en 2015", a-t-il ajouté, en référence surtout à la levée des sanctions.
 
"Nous essaierons de résoudre les problèmes et divergences à travers les pourparlers qui reprendront bientôt", a-t-il poursuivi.
Ni M. Borrell ni le ministre iranien n'ont avancé de date précise pour la reprise des pourparlers.
 
- "Ultimatum" -
 
Le dossier nucléaire empoissonne de longue date les relations entre l'Iran et la communauté internationale.
 
L'administration américaine de Joe Biden a dit vouloir revenir dans l'accord de 2015, à condition que Téhéran renoue avec ses engagements, tandis que l'Iran exige auparavant la levée des sanctions.
 
Début juin, après que les Etats-Unis et les Européens ont fait voter une résolution à l'AIEA dénonçant le manque de coopération de Téhéran, l'Iran a déconnecté des caméras de surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur ses sites nucléaires. 
Mais il a ensuite souligné que ces mesures étaient "réversibles" en cas d'accord à Vienne.
 
Pour le politologue iranien Ahmad Zeidabadi, "M. Borrell est venu faire des propositions finales et donner un ultimatum, en déclarant que si les pourparlers n'aboutissent pas à un accord, l'échec des négociations sera annoncé dans les jours et les semaines à venir".
 
Mais "je pense qu'il y a de bonnes chances qu'un accord soit conclu", car c'est dans l'intérêt des différentes parties, a-t-il ajouté. (AFP)
 
 
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