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JOËL JOSSO : «Le Forum mondial de l’eau, c’est de l’escroquerie pure et simple… »

Mardi 8 Octobre 2019

Co-président du réseau «Eau Bien Commun France», Joël Josso était à Dakar au mois de juin dernier. Il nous avait alors accordé un entretien au Centre de Bopp. Extraits.


Le droit d’inscription de 4 millions d’euros.
 
Il n’y a aucune justification à un tel montant. C’est de l’escroquerie pure et simple. Le Conseil Mondial de l’eau fait un intense lobbying avec le soutien de grandes structures de financement internationales. Le montant dont on parle ici, 4 millions d’euros sert à faire vivre la structure du CME entre 2 forums. Il faut se souvenir que le Brésil avait payé 6 millions d’euros. Ce montant exorbitant explique sans doute pourquoi les pays ne se battent pas pour être candidats. Pour 2021, seule DAKAR était candidate. Dans ces sommes ne sont pas comptées l’ensemble des frais d’organisation qui approcheront sans doute 30 millions d’euros, soit si je ne me trompe pas, autour de 20 milliards de francs.
 
Rapports entre le Conseil mondial de l’eau et les multinationales du secteur de l'Eau.
 
Il est difficile de répondre avec précision à cette question mais il est pour le moins troublant de voir Suez se battre bec et ongle pour rafler un grand marché de l’eau à la Sénégalaise des Eaux au moment où se prépare le Forum. On a pu voir dans les couloirs de la réunion préparatoire du Forum à Diamniadio les 20 et 21 juin dernier la « connivence », pour ne pas dire plus  qui existe entre les officiels, les multinationales et les grands bailleurs de fonds. Le tout autour d’un bon verre et de petits fours. A noter que cela se déroulait en plein développement de l’affaire du pétrolier BP ou, semble-t-il, le frère du Président SALL serait mouillé. C’est pour le moins inquiétant.
 
Retour sur investissement pour le pays hôte. 
 
Le retour sur investissement pour le Sénégal sera extrêmement faible. Le CME annonce des retours sur investissement de l’ordre de 70% mais la réalité pour toutes les villes organisatrices a été en réalité de l’ordre de 15 à 20%. Par contre c’est le jackpot pour les multinationales, elles font avancer leurs intérêts, placent leurs techniques et leurs bureaux d’étude et si ce n’est pour aujourd’hui ce sera pour demain. Avec la volonté de la présidence du Sénégal de privatiser toute l’eau y compris en zone rurale, le Sénégal représente une belle proie. Pour nous, d’autres solutions existent, elles nécessitent la mobilisation des citoyens, de la société civile pour exiger d’autres orientations de leurs gouvernants. Rien ne se fera sans cette société civile même si le « miroir aux alouettes » pourra jouer sur certains amis.
 
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