Près de 700 civils ont été tués par des frappes de drones depuis janvier au Soudan a rapporté mardi le secrétaire général adjoint de l’ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher, au moment où le conflit entre dans sa quatrième année.
« Au cours des trois premiers mois de cette année, près de 700 civils auraient été tués lors de frappes de drones », a déclaré M. Fletcher dans un communiqué, estimant que le « sombre anniversaire » du conflit qui a éclaté en avril 2023 « marque une année de plus où la communauté internationale a failli à sa mission face à la crise soudanaise ».
De son côté, l’UNICEF a indiqué que les drones étaient à près de 80 % à l’origine des morts et des blessures ayant concerné au moins 245 enfants au cours des trois premiers mois de l’année.
« Les drones tuent et blessent des filles et des garçons chez eux, sur les marchés, sur les routes, près des écoles et des centres de santé », a déploré lors d’un point presse à Genève Eva Hinds, porte-parole de l’UNICEF depuis le Soudan.
La guerre entre l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé plus de 11 millions de personnes et plongé plusieurs régions dans la faim et la famine.
« Près de 34 millions de personnes – soit près des deux tiers de la population – ont besoin d’aide humanitaire : il s’agit de la plus grave crise humanitaire au monde », a insisté M. Fletcher.
D’après le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU, plus de 19 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë et les deux tiers de la population ont un besoin urgent d’assistance, alors que les combats s’intensifient au Kordofan (Centre) et dans l’État du Nil Bleu (Sud-Est).
Ross Smith, responsable de la préparation et de la réponse aux situations d’urgence au PAM, a averti devant la presse à Genève que la situation était « dangereusement aggravée » par la guerre au Moyen-Orient, qui perturbe les routes maritimes et fait grimper le prix des denrées alimentaires, du carburant et des engrais.
« Cela aura un effet domino sur le prix de tous les biens de consommation courante et des produits alimentaires de base, plongeant ainsi davantage de personnes dans la faim », a-t-il alerté.
« Violences sexuelles systémiques »
Le chef des opérations humanitaires de l’ONU a rappelé que l’objectif cette année était de venir en aide à 20 millions de personnes au Soudan.
« Mais la réponse humanitaire est cruellement sous-financée. Il est urgent d’agir : mettre fin aux violences, protéger les civils, garantir l’accès aux communautés les plus menacées et financer la riposte », a exhorté M. Fletcher, alors que des donateurs doivent se réunir à Berlin mercredi pour une conférence internationale visant à relancer des pourparlers et permettre de répondre à la crise humanitaire.
Denise Brown, coordinatrice résidente des Nations unies au Soudan, a déclaré lundi que l’appel de fonds lancé par l’ONU pour collecter 2,9 milliards de dollars pour le Soudan cette année n’est couvert qu’à hauteur de 16 %, les contributions à l’aide internationale étant en baisse.
Enfin, M. Fletcher a aussi alerté sur la situation des femmes et les filles, « victimes de violences sexuelles systémiques et brutales » dans le conflit.
« Les violences sexuelles sont utilisées comme tactique de guerre pour semer la terreur, humilier, faire souffrir et exercer un contrôle sur les femmes et les filles, et pour opprimer des populations entières », a déclaré Anna Mutavati, directrice régionale d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Est et australe.
Le nombre de femmes et de filles ayant besoin d’aide en raison de violences sexistes a quadruplé depuis le début du conflit, a-t-elle précisé. [AFP]






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