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Etats-Unis - Un comité de l’ONU dénonce le « discours de haine raciste » de Trump

Mercredi 11 Mars 2026

Donald Trump
Donald Trump

Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) s’est dit profondément préoccupé par la montée d’un « discours de haine raciste » ainsi que par l’usage d’un « langage déshumanisant » et de stéréotypes nuisibles visant les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile aux États-Unis.

 

Ces groupes ont été décrits « comme des criminels ou comme un fardeau par des responsables politiques et des personnalités publiques influentes au plus haut niveau de l’État, en particulier par son président », a indiqué le comité dans un rapport.  

 

Cette situation « encourage l’intolérance et peut inciter à la discrimination raciale [et à] des crimes haineux », a-t-il averti.  

 

Le CERD appelle Washington à « prendre ses responsabilités, notamment en menant des enquêtes efficaces, approfondies et impartiales » sur toutes les violations présumées. Il appelle aussi Washington à condamner publiquement la discrimination raciale et ces discours de haine.  

 

Le CERD, qui se compose de 18 experts indépendants chargés de surveiller la mise en œuvre par les États d’une convention internationale sur l’élimination du racisme, s’est dit gravement préoccupé par le « recours systématique au profilage racial » par les agents de l’immigration et des douanes (ICE) et d’autres agents déployés dans le cadre de la répression de l’immigration menée par Trump.  

 

Le ciblage « de personnes d’origine hispanique/latino, africaine ou asiatique et les contrôles d’identité arbitraires […] ont conduit à l’arrestation massive présumée de réfugiés, de demandeurs d’asile, de migrants et de personnes perçues comme telles », a-t-il indiqué.

 

Au moins 675 000 personnes expulsées

 

Selon le rapport, au moins 675 000 personnes ont été expulsées depuis janvier 2025, date du retour au pouvoir de Donald Trump.  

 

Le comité dénonce en particulier « l’usage excessif de la force lors des opérations de contrôle de l’immigration », soulignant qu’au moins huit personnes étaient mortes depuis janvier lors d’opérations de l’ICE ou alors qu’elles étaient sous la garde de l’ICE.  

 

Le rapport du CERD fait suite à une requête urgente déposée début février par l’influente organisation de défense des droits civiques ACLU (American Civil Liberties Union).

 

Elle lui avait demandé « d’enquêter sur les graves violations par les États-Unis de leurs obligations en matière de droits humains » dans l’État du Minnesota, où deux manifestants ont été abattus par des policiers de l’immigration en janvier.

 

Cette requête a été déposée au titre de la procédure d’alerte et d’action urgente du CERD, qui lui permet de se saisir de questions urgentes entre ses sessions ordinaires.  

 

Des milliers d’agents fédéraux, y compris des agents de l’ICE, ont mené plus tôt cette année, au Minnesota, plusieurs semaines de raids massifs et d’arrestations, que l’administration Trump a présentés comme des opérations ciblant des criminels.  

 

L’opération controversée a pris fin le mois dernier sur fond d’indignation croissante dans le pays après les meurtres de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, tués par balles par des agents fédéraux à Minneapolis, et l’arrestation d’un enfant de cinq ans.

 

Le Cerd dénonce également l’« augmentation drastique » du nombre de personnes détenues dans les centres de rétention pour migrants, qui serait passé de 40 000 à la fin de 2024 à environ 73 000 au début de cette année.  

 

Il s’inquiète d’informations faisant état de « conditions inhumaines et de soins médicaux inadéquats » dans ces centres, déplorant la mort en détention d’au moins 29 migrants en 2025, et de six en janvier.  

 

Le CERD s’alarme aussi de la décision de Washington d’abroger des directives de longue date limitant les opérations de contrôle de l’immigration et les arrestations à proximité des écoles, des hôpitaux et des institutions religieuses. Dans ses recommandations, le CERD exhorte les États-Unis à suspendre toutes ces opérations et à procéder à un examen, fondé sur les droits humains, des mesures législatives adoptées depuis janvier 2025. [AFP]

 
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