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Rapport 2025 - La CENTIF ouvre une nouvelle saison contre le blanchiment de capitaux, 37 dossiers remis à la Justice

Mercredi 13 Mai 2026

Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, président de la CENTIF Sénégal
Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, président de la CENTIF Sénégal

La Cellule nationale de traitement des informations financières du Sénégal a transmis au Pool judiciaire financier (PJF) 37 rapports d’enquête portant sur 95 declarations d’opérations suspectes (DOS). C’est l’un des chiffres-clés contenus dans le rapport d’activités 2025 de la CENTIF présenté aux médias le 12 mai 2025 à Dakar. La transmission des dits rapports aux autorités judiciaires compétentes s’est imposée à la Commission d’examen (CE) de la CENTIF après « un ciblage rigoureux des dossiers présentant des indices graves et concordants de blanchiment de capitaux ».  

 

Les rapports d’enquête livrés aux autorités judiciaires sont le résultat de l’exploitation de 866 declarations d’opérations suspectes provenant de certaines entités assujetties à l’obligation légale de signalement de toutes suspicions dans les transactions financières. A ce titre, le secteur bancaire fait office de bon - ou de très bon élève - puisqu’il est l’auteur à lui seul de 648 DOS, soit 74,83 % du total. 

 

Toutefois, le nombre de DOS pour l’année 2025 est en recul après avoir atteint 928 en 2024, soit une chute de 6,7 %, et 807 en 2023. Une tendance baissière que les experts de la CENTIF ne jugent pas alarmante pour le moment car « l’activité declarative reste stable à un niveau élevé », soulignent Cheikh Mouhamadou Bamba Siby et Khadidjatou Fayez Diop, respectivement président et secrétaire générale de la CENTIF.

 

« Cette prédominance (des banques et établissements financiers) s’explique par leur exposition élevée aux flux financiers, la maturité de leur dispositif de conformité et leur rôle central dans la detection des opérations atypiques », indique le rapport d’activités 2025 de la CENTIF.

 

La cérémonie de présentation du rapport 2025 de la Cellule nationale nationale de traitement des informations financières, outre le président et la secrétaire générale, a été animée par Babacar Amadou Dieng, directeur des etudes administratives et financières (DEAF), Alioune Niokhor Diouf, directeur des affaires juridiques (DAJ), Mandjibou Lèye, directeur des enquêtes de police (DEP) et Tafsir Hane, directeur de la stratégie et de la coopération de l’organe de renseignement financier du Sénégal.

 

Les autres entités assujetties ayant contribué aux declarations d’operations suspectes sont les établissements de monnaie électronique (75), les opérateurs de transfert d’argent (74), les systèmes financiers décentralisés (58), les sociétés d’assurance (4), les cabinets de notaire (3), les établissements de jeux (2), les agents immobiliers (1) et les sociétés boursières (1). 

 

Avec 8,66 % et 8,54 % des DOS, ajoute le document, les établissements de monnaie électronique et les opérateurs de transfert d’argent traduisent à la fois « la montée en puissance des services financiers digitaux et leur exposition croissante aux risques LBC/FT ». 

 

En 2025, les catégories d’infractions sous-jacentes au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme ont concerné la fraude à 60 %, selon le rapport d’activités de la CENTIF. A cet égard, les 679 déclarations liées à la fraude sont de nature à confirmer « la centralité de cette ‘’infraction’’ dans les schémas de blanchiment détectés et la capacité accrue des assujettis à identifier les operations frauduleuses complexes ».

 

Les autres catégories d’infractions identifiées dans le rapport 2025 sont le faux et usage de faux (84 déclarations), la corruption (77 déclarations), les infractions fiscales liées aux imports directs et indirects (76 déclarations), les infractions à la réglementation des changes (71 déclarations), les participations à un groupe criminel et à un racket (45 déclarations), les détournements de fonds publics par des personnes exerçant une charge publique (30 déclarations), le financement du terrorisme (23 déclarations), etc. 

 

La baisse des déclarations d’opérations suspectes relatives à la corruption (77 contre 138 en 2024) « peut s’expliquer par une meilleure comprehension des indices liés à l’infraction (…), avec un recentrage vers des infractions connexes, notamment le détournement de fonds par des personnes exerçant une fonction publique (…) ainsi que la participation à un groupe criminel organisé ou à un racket… », rapporte le document. 

 

Si 37 autres rapports d’enquêtes issus de 45 déclarations d’opérations suspectes ont été provisoirement classés « car les éléments recueillis n’ont pas permis de caractériser suffisamment les faits », la CENTIF rappelle être en mesure de les rouvrir « si des elements nouveaux concernant leurs intervenants venaient a être portes à (sa) connaissance ».

 

Du reste, le Pool judiciaire financier pourrait recevoir d’autres dossiers de la « collection 2025 » concernant 12 rapports d’enquête actuellement objet d’« approfondissement des analyses » dans le cadre d’une poursuite d’investigations.

 
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