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Cyberattaque: un "message nous demandant 300 dollars pour récupérer nos données"

Mardi 27 Juin 2017

Lille - Une des sociétés au moins du groupe Saint-Gobain a été, la victime, mardi, d'une "énorme crise" provoquée par une cyberattaque mondiale qui a totalement désorganisé son activité, a raconté à l'AFP l'un de ses cadres.

"C'est arrivé entre midi et deux, certains de mes collègues ont vu s'afficher des choses étranges, puis l'écran noir et le message nous demandant 300 dollars pour récupérer nos données", a détaillé un chef de service travaillant, en Picardie, dans une société du groupe, et qui a requis l'anonymat. Le message était en anglais.

Dans la société française où travaille ce cadre, le mot d'ordre était au "no comment". Aucune communication extérieure n'était autorisée, sous peine de lourdes sanctions.

A l'origine de cette gigantesque panne, apparemment partie d'Ukraine et de Russie, le "ransonware" (rançongiciel) Petrwrap.

"La plupart des collaborateurs ont été invités à rentrer chez eux. Pour demain (mercredi), dans les bureaux, une partie a été mis en RTT", a-t-il rapporté.

Une fois son écran devenu noir, cet employé dit avoir "couru dans les bureaux pour débrancher un maximum de PC". "Je crois que j'en ai sauvé deux".

Selon son témoignage, le rançongiciel Petrwrap "s'est répandu en quelques minutes sur le site où (il) travaille, cela a été plus progressif dans nos agences, mais une centaine a été touchée dans le nord".

Conséquence, a-t-il expliqué, "nous n'avons plus accès à l'approvisionnement, aux livraisons, aux tarifs... C'est une énorme crise. Nous sommes très inquiets".

"Toutes les messageries étant hors service, c'est par texto que nous avons été prévenus", selon ce témoin. Dans cette société de Saint-Gobain, "le bruit court qu'il faudra, une fois le virus éradiqué, intervenir sur chaque machine qui a été touchée, ce qui représente plusieurs centaines d'ordinateurs".

Une autre société de Saint-Gobain, Sékurit spécialisée dans la transformation du verre pour l'automobile, située à Thourotte, près de Compiègne, dans l'Oise, et qui rassemble environ 348 salariés, a également été touchée.

"On a reçu un message vers 13h30, 14 heures, par texto et par le bouche à oreille, nous disant qu'il fallait débrancher tous les PC. Ensuite, nous n'avons plus eu de contact de tout l'après-midi", a expliqué à l'AFP José Rivas, délégué syndical CGT.

Selon lui, "à 17 heures, la fabrication n'était pas touchée, les ordinateurs ne sont pas sur le réseau, cela ne devrait pas poser de problème. Nous n'avons reçu aucune consigne pour le moment. Ce sera peut-être la surprise demain matin." (AFP)
 
 
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