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Assassinat d’un leader sikh au Canada - L’Inde confisque les propriétés d’un chef allié

Dimanche 24 Septembre 2023

La principale agence indienne de renseignements a confisqué samedi les propriétés d’un chef séparatiste sikh et proche allié de Hardeep Singh Nijjar, dont l’assassinat en juin près de Vancouver a déclenché une querelle diplomatique entre l’Inde et le Canada.

Gurpatwant Singh Pannun, un avocat qui serait basé au Canada, a été désigné comme terroriste par les autorités indiennes en 2020 et est recherché pour terrorisme et sédition.

 

Il est également le fondateur du groupe américain Sikhs For Justice (SFJ), dont la section canadienne était dirigée par Nijjar avant son assassinat.

 

Le groupe, qui a été interdit par l’Inde, défend la création d’un pays sikh indépendant appelé Khalistan.

 

Une tempête diplomatique a éclaté cette semaine lorsque le premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré qu’il y avait « des raisons crédibles de croire que des agents du gouvernement indien étaient impliqués » dans la mort de Nijjar.

 

New Delhi a qualifié ces allégations d’« absurdes », des expulsions diplomatiques ont suivi et l’Inde a cessé de traiter les demandes de visa des Canadiens.

 

Pannun a alors publié une vidéo appelant les hindous canadiens à « retourner en Inde », affirmant qu’ils avaient adopté une « approche chauvine » en se rangeant du côté de New Delhi.

 

Dans une interview à une chaîne d’information indienne, Pannun avait déclaré que Nijjar était son « proche associé » et avait imputé la responsabilité de son meurtre à l’Inde.

Peu après la diffusion de son interview, le gouvernement indien a publié un avertissement aux réseaux d’information leur demandant de s’abstenir de donner une tribune aux personnes accusées de « crimes odieux ».

 

Samedi, l’Agence nationale d’enquête indienne (NIA) a annoncé dans un communiqué avoir confisqué la maison de Pannun à Chandigarh, la capitale de l’État du Pendjab à majorité sikh, ainsi que des terrains agricoles lui appartenant à Amritsar.  

 

Dans un courriel à l’AFP, le bureau de M. Pannun a minimisé l’importance de la confiscation des biens de M. Pannun.

 

« Les propriétés de Pannun ne sont pas la question au cœur du conflit avec l’Inde », a affirmé le communiqué.

 

« C’est le Pendjab patrie des Sikhs qui est occupé par l’Inde et les ressources du peuple autochtone du Pendjab qui sont pillées par New Delhi », a-t-il ajouté.

 

Les autorités indiennes accusent Pannun d’avoir sur les réseaux sociaux « exhorté les gangsters et les jeunes du Pendjab » à « défendre la cause de l’État indépendant du Khalistan, mettant en cause la souveraineté, l’intégrité et la sécurité du pays ».

Le sikhisme est une religion minoritaire originaire du nord de l’Inde qui remonte au XVe siècle et s’inspire à la fois de l’hindouisme et de l’islam.  

 

La campagne en faveur du Khalistan était considérée comme marginale jusqu’au début des années 1980, lorsqu’un fondamentaliste sikh charismatique avait lancé une violente insurrection séparatiste.

 

Elle avait culminé avec l’assaut des forces indiennes sur le Temple d’Or, le sanctuaire le plus sacré de la foi à Amritsar, où les séparatistes s’étaient barricadés. La première ministre indienne Indira Gandhi avait ensuite été assassinée par deux de ses gardes du corps sikhs.

 

 

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