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Tabaski : au Sahel, le commerce de moutons mis en péril par la « maudite » guerre

Lundi 19 Juillet 2021

«Il y a une pénurie comme on n’en a jamais connu à cause de cette maudite crise sécuritaire !» Les traits tirés, la tête enveloppée dans un turban bleu, le vendeur de moutons nigérien Ali Zada ne décolère pas. Son travail : acheter des moutons dans sa région, Tillabéri – dans la région en conflit dite des « trois frontières » entre Mali, Burkina Faso et Niger –, puis les revendre dans la capitale du Niger. Mais cette année, rien ne va : «Avant, je pouvais amener à Niamey jusqu’à 500 têtes de moutons, mais regardez…», précise-t-il en se tournant.
 
Rencontré jeudi 15 juillet, à peine trente animaux squelettiques le suivaient alors timidement. Il espérait les avoir revendus d’ici à mardi, jour de la fête musulmane du sacrifice, l’Aïd el-Adha, qu’on appelle Tabaski en Afrique de l’Ouest, où les fidèles partagent en famille et avec leurs voisins un mouton sacrifié le jour même. Comme lui, ils sont des millions d’éleveurs, revendeurs et acheteurs à se lamenter de l’impact de la guerre sur « la grande fête » : des moutons moins nombreux et des prix qui s’envolent.
 
Depuis 2012 et l’émergence d’un conflit indépendantiste dans le nord du Mali, celui-ci s’est métastasé et étendu dans les trois pays du Sahel central (Mali, Burkina Faso et Niger). Des violences communautaires et djihadistes – de groupes affiliés à l’Etat islamique ou à Al-Qaida – endeuillent désormais quotidiennement ces pays. (Le Monde avec AFP)
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