Connectez-vous

RDC : Six mois après l’instauration de l’état de siège, les habitants de Goma vivent toujours « la peur au ventre »

Mardi 2 Novembre 2021

Thomas* a disparu un matin d’août sur le chemin de l’école. Dans la journée, son père a reçu un coup de téléphone : une voix transformée, robotique, l’a informé que le petit avait été kidnappé et qu’il risquait d’endurer les pires sévices si une rançon n’était pas versée. D’abord incrédules, Patrice* et sa femme ont très vite appris qu’ils n’étaient pas les seuls touchés : les mêmes ravisseurs s’en sont déjà pris à d’autres familles de Goma. Alors ils ont déposé plainte.
 
Depuis, soupire Patrice, « les autorités restent bouches fermées ». S’il ne veut pas que son fils subisse le même sort que le gamin de 3 ans avec des entailles de machette plein les bras qu’il a vu après sa libération, il n’a pas le choix : 2 000 dollars ont déjà été transférés à huit numéros de téléphone via des plates-formes de paiement mobile. Il en faudrait le double.
 
A Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), vols, braquages, assassinats ciblés et enlèvements sont toujours monnaie courante, malgré l’instauration de l’état de siège en mai. A la nuit tombée, une bande surnommée les « 40 voleurs » terrorise les habitants. Ni le couvre-feu imposé à 22 heures, ni l’interdiction de circulation pour les motos après 19 heures, ni le remplacement des autorités civiles par des officiers des forces armées ou de police n’ont enrayé la délinquance urbaine. (Le Monde)
Nombre de lectures : 111 fois














Inscription à la newsletter