Le président de la République française Emmanuel Macron a dénoncé mercredi la publication d’un manuel de révision du baccalauréat, accusé selon lui de falsifier les faits relatifs aux attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas.
Dans un message publié sur le réseau social américain X, Emmanuel Macron a déclaré : « Un manuel de révision du baccalauréat qui falsifie les faits : c’est intolérable. Comme tout relativisme sur les attentats terroristes et antisémites du Hamas du 7 octobre. Le révisionnisme n’a pas sa place en République. J’ai demandé au Gouvernement de prendre des mesures. »
Le manuel en question, destiné à la spécialité HGGSP, a été retiré de la vente après une alerte de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme). L’association a critiqué l’utilisation du terme « colons juifs » pour désigner les victimes israéliennes tuées le 7 octobre, estimant qu’il s’agit d’une « dérive confusionniste » susceptible de relativiser un attentat « terroriste » et « antisémite ».
Lors du compte-rendu du conseil des ministres ce mercredi, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a jugé le contenu « insupportable, intolérable et honteux ». Elle a insisté : « L’antisémitisme, où qu’il soit, et a fortiori dans des manuels scolaires, ne se justifie pas. »
Mais cette condamnation ne fait pas l’unanimité. L’organisation ADM (Action Droits des Musulmans), a réagi publiquement pour défendre le manuel. « Nous avons lu le manuel que vous condamnez. Où est l’antisémitisme ? », interroge ADM dans un message adressé directement à Emmanuel Macron.
L’organisation affirme que le texte incriminé présente « des faits historiques vérifiables », en citant l’OLP, le statut de la Palestine à l’ONU en 2012, la barrière de séparation de 2002 ou encore « les attaques du Hamas en octobre 2023 (1200+ victimes), riposte israélienne ».
Selon ADM, ce passage relève d’un travail de géopolitique, « pas de la propagande », et la polémique lancée par le chef de l’État repose sur une réaction « émotionnelle » : « Vous censurez l’enseignement factuel de l’histoire. Un président doit être stratégique. Pas émotionnel. Lisez avant de condamner. Analysez avant de réagir. »
L’organisation accuse même le président de « manipuler l’opinion » et de « trahir la vérité historique », et dénonce une censure qui porte atteinte à l’indépendance pédagogique. Elle appelle à défendre un enseignement fondé sur l’analyse, même lorsqu’il présente des faits sensibles.
Pour rappel, le passage du manuel, visible en ligne, mentionne notamment : « En octobre 2023, à la suite de la mort de plus de 1 200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer le blocus économique et d’envahir une grande partie de la Bande de Gaza, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur dans la région. » [AA]






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