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Le Hezbollah affirme qu’Israël dispose de « 60 jours » pour se retirer du Liban

Jeudi 18 Juin 2026

Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a déclaré jeudi qu’Israël disposait de « 60 jours » pour achever son retrait total du territoire libanais. Il a également appelé les autorités de Beyrouth à étudier « avec attention et objectivité » le mémorandum d’entente conclu entre les États-Unis et l’Iran.

 

Cette déclaration intervient alors qu’Israël poursuit ses attaques quotidiennes contre le Liban et maintient son refus de se retirer des zones qu’il occupe dans le sud du pays. Pourtant, la première clause de l’accord américano-iranien prévoit un « arrêt immédiat et permanent des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ».

 

Le mémorandum prévoit également de « garantir l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban » et stipule qu’un accord final devra consacrer « une fin permanente de la guerre sur tous les fronts ».

 

« Le délai maximal accordé à l’ennemi pour se retirer complètement du territoire libanais est exactement de deux mois », a affirmé Mohammad Raad dans un communiqué.

 

Selon lui, Israël devra, durant cette période, cesser toutes les hostilités « terrestres, maritimes et aériennes » et entamer son retrait du territoire libanais « sans qu’aucune négociation directe ne soit nécessaire ».

 

Le parlementaire du Hezbollah a exhorté les autorités libanaises à « lire attentivement et objectivement le texte du mémorandum » afin d’en tirer les conclusions nécessaires sur « les réalités et les implications qui pèseront sur la région et sur le monde, y compris le Liban ».

 

Il a également appelé les responsables libanais à ne pas sous-estimer « la capacité de l’Iran à respecter son engagement de dissuader l’ennemi sioniste (Israël) si celui-ci persiste à violer les termes du mémorandum ».

 

Mercredi soir, le président américain Donald Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian ont signé électroniquement le « Mémorandum d’entente d’Islamabad », destiné à mettre fin à la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février.

 

Les médiateurs pakistanais ont ensuite annoncé l’entrée en vigueur de l’accord, tandis que l’Iran doit rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation maritime et que Washington a commencé à lever son blocus naval imposé à Téhéran.

 

Conformément au mémorandum, Washington et Téhéran doivent engager des négociations d’une durée de 60 jours, avec possibilité de prolongation, afin de parvenir à un accord final portant sur le programme nucléaire iranien et le régime des sanctions internationales.

 

« La résistance conseille aux autorités de ne pas s’engager directement avec l’ennemi sioniste dans toute démarche visant la résistance, car cela ne sert ni les intérêts du Liban ni ceux du peuple libanais », a déclaré Raad.

 

« La guerre visant à éliminer la résistance au Liban a échoué et n’atteindra pas ses objectifs », a-t-il ajouté.

 

Les autorités libanaises et israéliennes n’ont pas réagi dans l’immédiat à ces déclarations.

 

Ces propos interviennent à quelques jours d’un cinquième cycle de négociations entre le Liban et Israël, prévu le 22 juin.

 

Selon un communiqué conjoint publié après le précédent round de discussions organisé aux États-Unis plus tôt ce mois-ci, les deux parties étaient convenues d’appliquer un cessez-le-feu conditionné à l’arrêt total des tirs du Hezbollah et au retrait de ses combattants des zones situées au sud du fleuve Litani.

 

Plus tôt jeudi, le président libanais Joseph Aoun a rencontré les membres de la délégation de négociation avant leur départ pour Washington.

 

Dans un communiqué, la présidence libanaise a indiqué que Joseph Aoun avait demandé à la délégation de « s’en tenir aux positions fondamentales du Liban », notamment un cessez-le-feu permanent, le retrait des forces israéliennes des territoires libanais occupés, le déploiement de l’armée libanaise jusqu’à la frontière, le retour des détenus libanais ainsi que le lancement du processus de reconstruction.

 

Depuis le 2 mars, Israël mène une offensive au Liban qui a fait 3 912 morts, 11 873 blessés et plus d’un million de déplacés, selon les derniers chiffres officiels.

 

Israël continue par ailleurs d’occuper plusieurs zones du sud du Liban, certaines depuis des décennies et d’autres depuis le dernier conflit entre les deux parties. Lors de sa récente campagne militaire, l’armée israélienne a avancé de plus de 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais. [AA]

 

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