Alors que le cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre la Russie et l’Ukraine doit prendre fin lundi, les deux parties se sont mutuellement accusées d’avoir violé cet accord de 72 heures.
Les autorités ukrainiennes ont signalé lundi 11 mai 2026 que des drones, des bombes et des tirs d’artillerie russes avaient frappé des zones civiles. Ces frappes auraient fait deux morts et sept blessés dans les régions de Kharkiv, au nord-est, et de Kherson, au sud.
Dimanche, pour sa part, le ministère russe de la Défense avait accusé Kyiv d’avoir commis plus de 1000 violations du cessez-le-feu, selon les médias d’État.
Selon l’Institut pour l’étude de la guerre, qui est établi à Washington, les données tirées des observations de la NASA indiquaient que les activités militaires avaient diminué, mais n’avaient pas cessé.
D’autres cessez-le-feu similaires annoncés plus tôt dans la guerre n’avaient pas non plus réussi à mettre fin aux combats.
Vendredi dernier, le président américain, Donald Trump, avait annoncé que le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, avaient accepté sa demande d’un cessez-le-feu s’étendant de samedi à lundi.
Cette initiative visait à marquer le Jour de la Victoire, la fête russe célébrant la défaite de l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.
M. Trump avait fait savoir qu’il y aurait également un échange de prisonniers, affirmant que cette trêve pourrait être le « début de la fin » de la guerre. M. Zelensky a confirmé qu’un échange de 1000 prisonniers de chaque côté était en préparation.
Rien n’indique toutefois que les deux parties soient prêtes à céder sur leurs positions clés dans les négociations.
Efforts européens
M. Poutine veut s’emparer de toute la région du Donbass, le cœur industriel de l’Ukraine, même si son armée ne l’a pas encore entièrement conquise. M. Zelensky refuse de la céder.
M. Zelensky a proposé un cessez-le-feu et une rencontre en personne avec M. Poutine, ce que le dirigeant russe a exclu tant qu’un accord négocié n’est pas sur le point d’être finalisé.
Cette fin de semaine, M. Poutine a suggéré que l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, qui entretient des liens d’affaires étroits avec la Russie, pourrait jouer le rôle de médiateur.
Les responsables allemands et européens ont écarté cette possibilité, tout en reconnaissant que l’Union européenne (UE) pourrait jouer un rôle plus important dans les efforts de paix, alors qu’elle a été largement mise à l’écart par Washington au cours de la dernière année.
Malgré tout, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré que l’UE devait clarifier ses objectifs avant de tenter de négocier avec le Kremlin.
« Avant de discuter avec la Russie, nous devrions discuter entre nous de ce dont nous voulons leur parler », a-t-elle expliqué aux journalistes à Bruxelles.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, était aussi à Bruxelles.
« Nous menons des pourparlers de paix sous l’égide des États-Unis, et nous avons besoin de cette voie ainsi que du leadership américain. Mais l’Europe pourrait également jouer son rôle », a-t-il plaidé.
Il a souligné qu’au cours des derniers mois, l’Ukraine avait amélioré ses performances sur le champ de bataille, réduisant la puissante armée russe à une avancée lente et coûteuse.
« Nous sommes face à une nouvelle réalité sur le champ de bataille. L’Ukraine est sortie renforcée de cet hiver particulièrement difficile », a soutenu M. Sybiha. [AFP]







FRANCE


