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États-Unis – Un Colombien inculpé pour son rôle dans l’assassinat du président haïtien

Mercredi 5 Janvier 2022

En juillet 2021, le président d’Haïti était assassiné à son domicile par une vingtaine d’hommes. Le premier d’entre eux vient d’être inculpé, aux États-Unis.


Jovenel Moïse, le Président assassiné en juillet 2021
Jovenel Moïse, le Président assassiné en juillet 2021
Six mois après le meurtre du président haïtien Jovenel Moïse dans sa résidence à Port-au-Prince, qui a aggravé la crise politique que connaît le pays, un Colombien a été inculpé aux États-Unis pour son rôle dans l’assassinat.
 
Mario P., 43 ans, est accusé d’avoir fait partie du groupe d’une vingtaine d’hommes ayant, le 7 juillet 2021, tué Jovenel Moïse et grièvement blessé son épouse dans leur résidence privée, située sur les hauteurs de la capitale haïtienne.
 
Bien qu’une quarantaine de personnes, dont une vingtaine de ressortissants colombiens, soient détenues à la prison de Port-au-Prince depuis cet été, l’enquête sur l’attentat commis contre le chef de l’État ne montre aucun signe de progrès, les identités des commanditaires restant inconnues.
 
Réclusion à perpétuité
 
Membre présumé du commando ayant assassiné Jovenel Moïse, Mario P. a été arrêté lundi au Panama lors d’une escale d’un vol en provenance de Jamaïque. Après avoir collaboré avec les enquêteurs américains, Mario P., arrêté en octobre en Jamaïque, était en train d’être expulsé vers la Colombie quand il a été intercepté lundi.
 
L’homme, qui encourt la réclusion à perpétuité, devait être présenté à un juge mardi. Le premier ministre haïtien Ariel Henry, réagissant à cette inculpation, a déclaré vouloir «que la justice triomphe pour l’assassinat crapuleux de Jovenel Moïse, non seulement pour l’ancien Président mais aussi pour sa famille ainsi que notre nation», dans un message transmis par son bureau à l’AFP.
 
Sous le coup d’une notice rouge d’Interpol pour «meurtre et complicité de meurtre», Mario P. avait été recruté en juin 2021 pour arrêter et enlever le président haïtien, selon la police fédérale américaine. Le plan aurait ensuite changé et le groupe, sous la direction d’un homme identifié comme «co-conspirateur numéro 1», aurait été chargé de tuer Jovenel Moïse. Cet homme, à la double nationalité haïtienne et américaine, est en détention en Haïti.
Questions sans réponse
 
Mario P. a «accepté l’extradition volontaire» vers les États-Unis et a embarqué lundi soir sur un vol à destination de Miami, selon la responsable des services migratoires panaméens, Samira Gozaine. Faute de preuves suffisantes apportées par les autorités de Port-au-Prince, la justice jamaïcaine avait, au préalable, débouté la demande d’extradition émise par Haïti.
 
Le pays des Caraïbes, confronté à une grande pauvreté, reste miné par le pouvoir grandissant des bandes armées, qui s’immiscent dans la crise politique. Samedi, les cérémonies officielles de la fête nationale ont tourné court après que des affrontements ont opposé policiers et groupes armés dans la ville des Gonaïves, à 150km de Port-au-Prince.
 
Ariel Henry, nommé par Jovenel Moïse deux jours avant son meurtre et qui assure de fait les affaires courantes, a dénoncé une tentative d’assassinat contre sa personne, affirmant se sentir «dans la ligne de mire des gens» dans un entretien à l’AFP lundi.
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