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Entendue deux fois en deux jours, Rima Hassan dénonce un "harcèlement judiciaire et politique"

Vendredi 3 Avril 2026

Rima Hassan et son avocat Me Vincent Brengarth
Rima Hassan et son avocat Me Vincent Brengarth

L'eurodéputée Rima Hassan a dénoncé vendredi un "harcèlement judiciaire" après avoir été entendue par la police vendredi à Paris, dans le cadre d'une enquête différente des soupçons d'"apologie du terrorisme" pour lesquels elle avait déjà été placée la veille en garde à vue.

 

"Je fais l'objet d'un véritable harcèlement judiciaire et politique en raison et exclusivement en raison de mes opinions politiques", a dénoncé l'élue LFI de 33 ans lors d'une conférence de presse tenue dans le bureau de son avocat Vincent Brengarth.

 

"La temporalité de cette dynamique de harcèlement a commencé dès mon entrée en politique" et "n'a pas cessé depuis", a-t-elle déploré avant d'ajouter : "Beaucoup de fake news ont été relayées par des dizaines de journalistes en l'espace de 24 heures, avant même que je puisse m'exprimer (...) que je puisse répondre à vos questions".

 

"Les deux auditions de ce (vendredi) matin" devant la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) sont liées à une plainte "déposée par l'organisation juive européenne OJE et l'organisation juive française OJF" et une "plainte déposée par le collectif d'extrême droite Némésis", avait fait savoir la députée européenne sur X à la mi-journée.

 

"À ce jour, Rima Hassan a fait l'objet de 16 procédures clôturées par le pôle national de lutte contre la haine en ligne: 13 procédures ont été classées sans suite", a précisé le parquet de Paris dans un communiqué.

 

Ce dernier établit que "trois procédures ont été jointes aux précédentes comme simples éléments de contexte, n'étant pas en soi susceptibles de caractériser une infraction". Mais selon le ministère public, Rima Hassan "est également mise en cause dans six autres procédures toujours en cours, soit au parquet, soit confiées à la BRDP".

 

Jeudi soir, l'eurodéputée était ressortie libre de sa garde à vue dans les locaux de la PJ, avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" en raison d'un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X, faisant référence à l'auteur d'un attentat anti-israélien.

 

A l'issue des auditions de vendredi, deux convocations lui ont en outre été délivrées pour une audience devant le tribunal correctionnel le 16 septembre 2026, pour les chefs d'"apologie publique de crime ou délit" et "provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit", a précisé le parquet dans son communiqué.

 

- "Traces de drogue de synthèse" -

 

Lors de la fouille de ses effets jeudi, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, NDLR), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".

 

"J'avais sur moi du CBD hier en me rendant à ma garde à vue, utilisé à des fins médicales", dit Rima Hassan dans son tweet de vendredi. "Sur les 2 CBD que j'avais, l'un a été testé conforme à ce qui se vend légalement, et le deuxième selon les enquêteurs contenait des traces de drogue de synthèse qui aurait été ajoutée à la résine de CBD", précise-t-elle. "Toutes les informations qui font référence à la détention de drogues sont fausses."

 

Des analyses complémentaires ont été ordonnées.

 

Me Brengarth a dénoncé une garde à vue "parfaitement illégale" en raison d'"un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet" pour "contourner" son immunité parlementaire. L'avocat a par ailleurs salué une "première victoire", puisque le parquet a ouvert une enquête pour "violation du secret de l'enquête", au regard des fuites dans la presse.

 

- "Procès du siècle" -

 

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a justifié vendredi le signalement à la justice par ses services du post sur X de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto, qui lui vaut son procès le 7 juillet.

 

Ce dernier est l'un des auteurs de l'attaque perpétrée le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) à l'aéroport de Tel-Aviv, qui avait tué 26 personnes dont un Canadien, huit Israéliens et 17 citoyens américains de Porto Rico.

 

"Si ce procès doit avoir lieu le 7 juillet, ce sera le procès du siècle en matière d'apologie du terrorisme en raison de l'absence de neutralité sur ces questions des autorités françaises", a prévenu Me Brengarth. [AFP]

 
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