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Cour suprême des Etats-Unis : une juriste accusée de mêler sa foi et le Droit est favorite

Mardi 22 Septembre 2020

La juge Amy Coney Barrett
La juge Amy Coney Barrett
La juge Amy Coney Barrett, pressentie pour remplacer Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême des Etats-Unis, est très appréciée par les conservateurs en raison de ses valeurs religieuses traditionnelles qui, selon ses détracteurs, orientent sa lecture du Droit.
 
En 2018, elle avait déjà figuré parmi les favoris de Donald Trump pour un poste à la haute Cour, qui fut finalement attribué à Brett Kavanaugh après une féroce bataille politique. A 48 ans, elle pourrait à son tour faire une entrée mouvementée au sein du temple du Droit américain. Son profil, aux antipodes de la très féministe et progressiste «RBG», divise en effet les Américains.
 
Sept enfants
 
Catholique pratiquante, mère de sept enfants dont deux adoptés originaires d’Haïti et un petit dernier atteint d’une trisomie, Amy Coney Barrett, est par conviction personnelle opposée à l’avortement.
 
Après une enfance à la Nouvelle-Orléans, dans le sud conservateur des Etats-Unis, elle a suivi des études brillantes à la faculté de droit Notre Dame, une institution confessionnelle réputée de l’Indiana, où elle a ensuite été professeure pendant 15 ans.
 
En début de carrière, Amy Coney Barrett a travaillé pour le juge conservateur de la Cour suprême Antonin Scalia, dont elle a épousé une vision «originaliste» du droit, qui impose de lire la Constitution comme elle a été pensée lors de son écriture. Cette universitaire, louée pour ses argumentaires ciselés, a en revanche une expérience limitée des tribunaux: elle ne siège comme juge fédérale que depuis 2017, après avoir été nommée par Donald Trump.
 
«Bruyamment»
 
Son processus de confirmation au Sénat, obligatoire en vertu de la Constitution américaine, avait déjà été houleux. «Le dogme religieux vit bruyamment en vous», lui avait reproché la sénatrice démocrate Dianne Feinstein.
 
La formule s’était retournée contre son auteure, taxée d’intolérance, et avait paradoxalement augmenté l’aura de la juge dans les milieux religieux. Le groupe ultra conservateur Judicial Crisis Network avait même fait produire des tasses à l’effigie de la magistrate surplombée de la citation. Sans se départir de son calme, Amy Coney Barrett avait assuré faire la distinction entre sa foi et «ses responsabilités de juge».
 
Mais ses détracteurs n’en sont pas convaincus et citent ses nombreux articles de doctrine juridique écrits depuis Notre Dame, et ses décisions plus récentes en tant que juge qui, selon eux, témoignent de son orientation idéologique.
 
A la cour d’appel fédérale de Chicago, elle a notamment pris des positions favorables aux armes à feu et défavorables aux migrants, aux femmes désirant avorter et à la loi sur l’assurance santé Obamacare que les républicains veulent démanteler.
 
«Royaume de Dieu»
 
Un de ses discours, prononcé devant des étudiants de Notre Dame, lui est fréquemment reproché. Se présentant comme une «juriste d’un style différent», elle avait estimé qu’une «carrière légale» était «un moyen au service d’une cause» et que cette dernière était «de construire le Royaume de Dieu».
 
Si elle entrait à la Cour suprême, «la juge Barrett, qui s’est même opposée à l’accès à la contraception, serait un fléau pour les droits des femmes à la santé reproductive», estime Daniel Goldberg, le directeur de l’Alliance for Justice, un lobby légal progressiste. «Elle rejoindrait les autres juges nommés par Trump pour faire du mal à notre pays pour des décennies, bien après son départ de la Maison Blanche», prédit-il.
 
A l’inverse, les milieux conservateurs louent une femme «brillante», «impressionnante». Preuve de sa popularité, sur internet, ses fans l’ont même représentée en tenue de Superman. (AFP)
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