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Ceux qui luttent sont ceux qui se préparent! (Par Aguibou Diallo)

Mercredi 22 Mars 2023

Aguibou Diallo
Aguibou Diallo
 
« Soyez comme l'arbre, il peut changer de feuilles mais jamais de racines, vous pouvez changer d'opinions mais jamais de principes.» (Victor Hugo)
 
Et si Sonko changeait de stratégie de lutte? Miser sur la confrontation lui fait éviter jusqu'ici la privation absolue de sa liberté certes, mais est-on sûr que l'usure et l'attrition lui soient victorieuses de ses adversaires, pro et anti système confondu ?
 
Entre la confrontation dont on voit qu'il n'y a point d'incidence quant à la bascule du pouvoir, sauf à se sublimer de l'écho médiatique international, en vérité totalement complice sinon apathique de notre pauvre sort, et l'ingéniosité à provoquer la chute du régime, disons que les méthodes sont loin de convenir au but recherché.
 
Les sénégalais ne sont pas prêts pour la révolution et toute la fibre révolutionnaire qui nous habite ne tient qu'à une mystique langagière procédant d'une généalogie ingénue de martyrs, sacrifiés devant l'impotence de leurs congénères.
 
Oumar Blondin Diop et nombre de nos martyrs ont payé le lourd tribut pour la survenance du grand soir, mais le temps faisant son œuvre, on a fini par la ranger dans un rayon de la mémoire subversive au mieux.
 
Il faudra peut-être que les historiens, un jour, nous fassent l'archéologie du mot Téranga qui nous sert de complément de nom pour notre pays. C'est une piste qui pourrait nous édifier sur notre rapport complexe avec la révolution.
 
Si tôt invoquée, si tôt refoulée aux calandres grecques, la révolution se mue en exfoliation citadine et péri urbaine endommageant de pauvres citoyens sans rien ébranler de la superstructure bourgeoise gouvernante.
 
Pourquoi n'essaie-t-on pas la grève générale, le boycott du commerce ou encore mûrir toute autre stratégie qui consisterait à asphyxier économiquement et financièrement le régime en place ?
 
Dans cette veine, la Diaspora pourrait y être d'un atout sans précédent. En effet, nos envois sont le paravent qui prémunit les régimes successifs, de Wade et de Macky, de toutes émeutes sociales.
 
Imaginons qu'un mot d'ordre soit lancé à partir de la Diaspora, que plus personne n'envoie un kopeck au Sénégal pour une durée de 3 à 6 mois. C'est entre 300 et 600 milliards en moins pour l'Etat du Sénégal, sans compter les incidences sociales que cela aurait.
 
Tous se mettront en grève et acculeront le régime jusqu'à ce qu'il se plie à la nécessité d'ouvrir un couloir vers un dialogue politique réhabilitateur de la concorde nationale.
 
« Les acteurs politiques doivent se parler pour la pérennité du Sénégal »
 
De toute évidence, cette crise protéiforme remonte à une origine qui dépasse Macky et dont on s'aperçoit douze ans après qu'il n'en était point l'ombre d'un début de commencement de sa résolution, au contraire son mode gouvernance n'a fait qu'aggraver le malaise. Il faudra pour 2024 éviter ce qui nous arriva en 2012.
 
Ainsi, par delà la non participation de Macky Sall à la présidentielle, il nous trouver un cadre opérationnel de dialogue en vue de s'accorder sur la nature du prochain régime.
 
Ne laissons pas cette opposition nous bercer à la flûte avec ce faux semblant de bloc unitaire, c'est du pipo. La réalité du pouvoir sera tout autre que le copinage de circonstance oppositionnelle. Les cas Khalipha Sall et Macky Sall, Abdoulaye Wade-Idy, Senghor-Dia, en attestent à souhait.
 
Les acteurs politiques doivent se parler, pas pour eux-mêmes, mais pour la pérennité du Sénégal. Nous ne pouvons continuer à mettre la poussière sous le tapis et continuer à nous penser prémunis de ses effets.
 
Il faut ex ante régler définitivement la question hétérotopique du Pouvoir, au sens foucalien du terme, avant 2024, urbi et orbi. Qui est dépositaire d'un pouvoir, sous quel rapport ? Quel moyen de contrôle et de limitation l'assujettissent ?
Aguibou Diallo
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