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Arrestation d'un réserviste israélien ayant appelé à une mutinerie (médias)

Dimanche 26 Mai 2024

La police militaire israélienne a arrêté un soldat réserviste cagoulé qui apparaissait dans une séquence vidéo dans laquelle il prétendait être déployé dans la Bande de Gaza et menaçait d'une mutinerie de grande ampleur, ont rapporté, dimanche, des médias israéliens.

 

Samedi, un soldat israélien cagoulé, déclarant qu'il servait dans la bande de Gaza, est apparu dans une vidéo menaçant de mener un soulèvement militaire d'envergure si le ministre de la Défense Yoav Gallant venait d'introduire l'Autorité palestinienne à Gaza ou s'il décidait de se retirer de la Bande, ce qui a amené l'armée à ouvrir une enquête sur l'incident.

 

La Société de radiodiffusion publique israélienne (KAN) a rapporté, dimanche, citant une source militaire anonyme, que le suspect avait été arrêté et subi une enquête de la police militaire.

 

Elle a ajouté que "le suspect dans la vidéo de la mutinerie servait en réalité comme soldat réserviste, et il faisait l'objet d'une enquête pour savoir s'il avait réellement filmé la vidéo pendant son service militaire".

 

De son côté, le journal Yediot Aharonot a cité la nièce du soldat susmentionné.

« C’est mon oncle. Il appartient aux troupes de réserve depuis le 7 octobre. Et il a dit la vérité quand il affirmait avoir servi en tant que soldat de réserve», a-t-elle indiqué.

 

Elle a rejeté ce qui a été rapporté par certains médias israéliens comme quoi il s'agissait simplement d'une "comédie" et que celui qui apparaissait dans la vidéo n'était pas un soldat mais quelqu'un de manipulé.

 

Elle a noté que "personne ne l'a envoyé, et en fait, il n'est pas un acteur. Ce qui était en sa possession était réellement son arme et il ne l'a pas empruntée".

 

Yediot Aharonot a révélé que le soldat susmentionné avait déjà écrit sur les réseaux sociaux des articles attaquant les dirigeants militaires israéliens et les manifestants, y compris les familles des détenus.

 

Le média israélien a rapporté que dans l'un de ses messages, il avait qualifié Gallant de "traître" et déclaré que les familles des détenus et la gauche brûlaient le pays.

 

Le soldat a déclaré dans la vidéo parue samedi : « Moi et 100 000 soldats de réserve ne remettrons pas les clés de Gaza à l’Autorité palestinienne, au Fatah, au Hamas ou à toute entité arabe. »

 

Il a appelé le ministre de la Défense à démissionner, ajoutant ce qui suit : « Vous ne pouvez pas gagner la guerre, et vous ne pouvez pas nous diriger ni nous donner des ordres ».

 

"Je vous le dis : si nous ne remportons pas la victoire, cent mille soldats de réserve resteront ici. Nous ne bougerons pas d'ici. Nous appellerons les habitants de l'État d'Israël à venir à Gaza, sous la protection de notre armée", a-t-il lancé à Gallant, défiant.

 

Il a poursuivi : "Nous obéirons à un dirigeant. Ce n'est pas le ministre de la Défense, ni le chef d'état-major (Herzi Halevi), uniquement le Premier ministre (Benyamin Netanyahu)."

 

Le soldat a révélé les tendances vengeresses qui prévalent au sein de l’armée israélienne en déclarant : "Nous voulons tuer tous ceux qui ont célébré notre massacre, tous les jeunes enfants qui ont piétiné la tête de nos camarades à Gaza. Aucun de ces gens ne survivra, et vous, M. Gallant, vous ne pouvez le faire".

 

Il a ajouté en menaçant le ministre de la Défense : "Voilà, je vous mets au courant. Soit vous changez votre bilan et réalisez que nous voulons gagner, soit nous irons avec le Premier ministre uniquement et nous n'obéirons qu'à celui qui décidera que nous devons gagner".

 

Selon le journal Maariv, la vidéo a provoqué un choc au sein de l'armée israélienne, et le fils du Premier ministre Yair Netanyahu l'a partagée sur son compte Telegram.

 

"Ce que l'orateur a dit dans la vidéo, en plus de sa publication par Yair Netanyahu, peut constituer une infraction pénale liée à la sédition et à la propagation de la sédition, passible d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison", a rapporté le journal Haaretz.

 

De son côté, un porte-parole de l'armée israélienne a déclaré : « Le comportement documenté dans la vidéo constitue une violation grave des ordres et des valeurs de l'armée israélienne, et constitue une suspicion de commission de crimes », selon la même source.
 

Il a ajouté que le chef du parquet militaire avait ordonné l'ouverture d'une enquête de la police militaire sur l'incident.

 

Le porte-parole a déclaré : "Compte tenu de la gravité de l'incident, le chef d'état-major Herzi Halevi a ordonné qu'un dialogue soit engagé avec les soldats et les commandants à tous les niveaux".

 

Depuis des mois, un certain désaccord a émergé entre le ministre de la Défense Gallant et le premier ministre Netanyahu, concernant la future gouvernance de Gaza.

 

Dans sa dernière sortie, Gallant a mis en garde contre les répercussions d'un éventuel établissement d'un régime militaire à Gaza, appelant à trouver une alternative palestinienne au Hamas qui bénéficierait de l'acceptation arabe, ce qui lui a valu de vives réactions des ministres extrémistes du gouvernement, appelant à sa démission.

 

Depuis le 7 octobre 2023, Israël mène une guerre dévastatrice dans la Bande de Gaza qui a fait plus de 116 000 morts et blessés palestiniens, pour la plupart des enfants et des femmes, et environ 10 000 disparus dans un contexte de destruction massive et de famine qui a coûté la vie à des enfants et à des personnes âgées.

 

Israël ignore également une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat et les ordres de la Cour internationale de Justice de prendre des mesures immédiates pour prévenir les actes de « génocide » et améliorer la situation humanitaire à Gaza, le dernier en date étant l'ordre d'arrêter les opérations militaires à Rafah, vendredi. [AA]

 
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