Le président légitime est plébiscité à l’unanimité, le congrès dote Pastef d’une feuille de route souverainiste et de résolutions qui synthétisent la « révolution démocratique en vue de la transformation systémique » confirmée par l’apothéose du meeting du lendemain.
Le limogeage suivi de la formation d’un gouvernement qui fait du « Pastef sans Pastef » avec des Pastef non mandatés et d’ex-alliés promus à un moment par notre leader du camp souverainiste posait, en effet, un défi que Pastef a relevé par une mobilisation des délégués que sont les coordinateurs de sections au 1er congrès.
La feuille de route fixée souverainiste a été déclinée dans la résolution générale et le texte intitulé « Orientation et stratégie pour la révolution africaine du Sénégal » :
« Le Congrès considère que ce qui s’est ouvert au Sénégal dépasse le cadre d’une simple alternance politique. Il s’agit d’une révolution démocratique, populaire et souveraine portée par les urnes, née de l’irruption du peuple dans l’histoire et de sa volonté de transformer durablement les structures qui perpétuent et organisent la dépendance, la rente et l’exclusion » (Résolution générale).
« Le Congrès considère que l’Afrique entre dans une nouvelle phase historique marquée par le retour de la question souverainiste, la recherche de nouveaux modèles de développement et l’affirmation progressive d’un horizon panafricain renouvelé. Il réaffirme l’attachement de PASTEF-LES PATRIOTES à un panafricanisme souverainiste de transformation démocratique fondé sur la solidarité africaine, la coopération Sud-Sud, l’intégration régionale, la construction d’une puissance collective africaine et la solidarité internationale » (idem).
« Le Congrès réaffirme que la souveraineté ne se limite pas à l’indépendance formelle des États. Elle implique la capacité réelle du peuple à décider librement de ses choix économiques, budgétaires, monétaires, culturels, scientifiques et stratégiques » (idem). « Le Congrès souligne le rôle central de PASTEF-LES PATRIOTES dans cette séquence historique où le peuple sénégalais s’est approprié et mobilisé pour une rupture véritable, une révolution. Le parti ne doit donc pas devenir un simple appareil électoral, administratif ou institutionnel détaché de sa base populaire. Il doit rester un parti de masse, enraciné dans les réalités populaires, chargé d’organiser le bloc populaire de la souveraineté, de former les militants, de produire de la pensée et de maintenir le lien permanent entre le peuple, les institutions et les différentes expressions du pouvoir démocratique » (idem).
Prenant en compte la mutation du duo au duel entre le président légal et le premier ministre, « Le Congrès rappelle cependant qu’aucune dynamique de transformation n’est irréversible. Toute révolution démocratique peut être confrontée à des risques de ralentissement, de fragmentation ou de normalisation institutionnelle » (idem).
Le président élu de Pastef qui avait été victime des complots néocoloniaux les plus odieux de l’autocratie APR/BBY pour l’empêcher de candidater a été reconnu par le congrès des militants comme le président légitime, ce que l’actuel président légal refuse de reconnaître de fait. La stratégie de ce dernier consistant à s’appuyer sur la constellation des libéraux néocoloniaux est rejetée massivement par la base militante du parti souverainiste majoritaire dans le pays.
Devenu président de l’Assemblée Nationale après son limogeage, le leader incontesté de Pastef lutte fort justement contre l’instrumentalisation du pouvoir Exécutif pour créer une crise institutionnelle afin de justifier l’état d’exception qui peut plonger le pays dans un chaos mortifère. Ses mises en garde contre le piège des provocations relèvent d’un sens profond de responsabilité que le pouvoir Exécutif devrait prendre en compte.
A l’applaudimètre, l’ovation du 1er congrès de Pastef adressée au Venezuela et à la Palestine ne doit pas nous faire ignorer les liens apparents anti-panafricains avec le FRP du Rwanda néocolonial et pro-sioniste qui déstabilise au profit des Firmes impérialistes US/UE et Britanniques le pays de Lumumba, Mulélé, Kabila père par des mercenaires Hima-Tutsis interposés. L’orientation panafricaine affichée est incompatible avec cette liaison dangereuse tout comme les Senghor, Houphouêt, Mobutu, Eyadéma, etc. « dialoguaient » avec le régime d’apartheid sud-africain.
Pastef s’est, dans ce congrès, mis en rang serré pour la reconquête du pouvoir souverainiste que les forces de la restauration néocoloniale tentent de mettre en œuvre au Sénégal. Le recul d’aujourd’hui doit être surmonté en remettant au centre Pastef dans sa capacité à compléter le leadership populaire de notre président de parti par sa liaison organique du sommet à la base avec le peuple.
Le leadership personnalisé et individualisé est une étape nécessaire pour aller résolument vers un leadership collectif et collégial dont la devise doit être « ne jamais croire à une victoire facile » (Amilcar Cabral) pour que l’actuelle génération « accomplisse sa mission et non la trahir » (Frantz Fanon). Il faut former les militants et élever la conscience politique du peuple.
Le « bloc populaire » qui rassemble les représentants politiques des classes sociales souverainistes – bourgeoisies nationales, féodaux religieux, ouvriers, paysans, éleveurs, pêcheurs, travailleurs de l’informel sous direction de la petite bourgeoisie intellectuelle – doit mettre en œuvre l’unité, critique, unité et la centralisation de l’action politique pour débarrasser le pays du néocolonialisme et de l’oppression impérialiste.
Le 1er congrès met en route la reconquête du pouvoir, tous sur le pont du sommet à la base !
Diagne Fodé Roland
09/06/26







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