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Un dimanche aux urnes pour les Russes après une vague de répression

Dimanche 8 Septembre 2019

Les Russes se rendaient aux urnes dimanche pour élire leurs représentants locaux, après une campagne agitée et une des plus importantes opérations de répression contre des manifestants en près de dix ans.
 
Des scrutins municipaux et régionaux ont lieu dans tout le pays avec en plus dans la capitale, au motif de son 872e anniversaire, des animations de rue qui feraient presque oublier les arrestations ayant émaillé l'été.
 
L'opposant Alexeï Navalny, dont les alliés ont été exclus des élections, a appelé de nouveau dimanche les électeurs à "voter intelligemment" en soutenant ceux qui sont les mieux placés pour battre les candidats affiliés au pouvoir.
 
Les résultats du vote seront suivis de près à l'approche des élections parlementaires de 2021 et contribueront à façonner l'avenir politique de la Russie, alors que Vladimir Poutine entame sa troisième décennie au pouvoir.
 
Tous les yeux sont rivés sur la capitale. Dans le centre et en banlieue, les moscovites étaient accueillis par des policiers en uniformes blancs, des ballons gonflables aux couleurs de la Russie, des stands de nourritures, des retraités s'arrêtant pour un thé avant ou après le vote.
 
"J'ai voté intelligemment", a déclaré Aliona Prokhorova, une électrice de 46 ans venue voter avec sa fille à peine majeure dans le sud-ouest de Moscou.
 
"Moscou est contre toute cette horreur (...) Je ne m'en remets pas", affirme-t-elle au sujet de la répression des manifestations qui ont eu lieu cet été pour protester contre l'éviction de candidats de l'opposition à l'élection.
 
L'avocate Lioubov Sobol, une des meneuses du mouvement de contestation après avoir été exclue de la campagne, a voté près de son domicile du sud de Moscou, accompagnée de nombreux journalistes.
 
- Feux d'artifice après la répression -
 
"Bien sûr, personne ne veut aller voter, car leurs candidats n'ont pas été autorisés à se présenter", a-t-elle déclaré aux journalistes. "Ce n'est pas de la démocratie".
 
Le convoi présidentiel a traversé le centre-ville à vive allure en direction du bureau de vote de l'Académie des Sciences, où Vladimir Poutine a ses habitudes d'électeur. "Ce qui est important, ce n'est pas la quantité, c'est la qualité" des candidats, a-t-il déclaré après avoir voté, selon les agences russes.
 
La ville de Moscou a fêté ce week-end son anniversaire, à grand renfort d'animations de rue et de feux d'artifice.
 
L'occasion pour la mairie de se montrer sous son meilleur jour en organisant une fête géante sur la principale artère de Moscou, la rue Tverskaïa, à l'endroit même où, il y a quelques semaines, la police interpellait en masse des manifestants.
 
Pour la plupart non autorisées, ces manifestations ont donné lieu à près de 2.700 interpellations à Moscou. Du jamais vu depuis la vague de protestations de 2011-2012 qui avait précédé le retour de M. Poutine à la présidence après un mandat de Premier ministre.
 
Les autorités ont brièvement emprisonné pratiquement tous les candidats d'opposition voulant participer au scrutin moscovite et plusieurs manifestants ont écopé de lourdes peines, allant jusqu'à quatre ans de prison. Un homme a lui été condamné à cinq ans de prison pour un tweet appelant à attaquer les enfants de policiers.
 
- "Horreur" -
 
A Moscou, près de 7,2 millions d'électeurs sont appelés à élire 45 députés au Parlement de la ville, dominé par le parti au pouvoir, Russie Unie, et fidèle au maire pro-Kremlin Sergueï Sobianine. Ce dernier a voté en fin de matinée près du siège du gouvernement russe, sur les rives de la Moskova.
 
Pas un seul candidat ne se présente toutefois officiellement sous les couleurs du parti, dont la popularité a atteint un score historiquement bas.
 
En tout, plus de 5.000 élections ont lieu dans le pays ce dimanche. Les Russes vont élire 16 gouverneurs régionaux et les parlementaires locaux de 13 régions, dont la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014.
 
A Saint-Pétersbourg, la campagne pour l'élection du gouverneur a été très controversée, le Kremlin soutenant l'impopulaire gouverneur par intérim Alexandre Beglov.
 
Dans la cité impériale, l'électeur Sergeï Antonov, 45 ans, affirme que "tout ceci est une formalité, je suis venu par inertie, j'ai voté, mais je ne crois pas que quelque chose va changer".
 
Tatiana Khimenok, 70 ans dit qu'elle "voulait voter pour le communiste" Vladimir Bortko, qui s'est subitement retiré la semaine dernière. "Mais il n'est plus là. J'ai voté pour Beglov. Il a baissé les taxes sur l'eau et les appartements", affirme-t-elle.
 
Comme à Moscou, les bureaux de vote y seront ouverts jusqu'à 20H00 locales (17H00 GMT).
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