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Un 22e samedi en jaune avant les annonces de Macron

Samedi 13 Avril 2019

TOULOUSE/PARIS (Reuters) - Le 22e samedi de manifestations des "Gilets jaunes" fait figure de test avant les annonces d'Emmanuel Macron en réponse à ce mouvement parti en novembre d'une contestation des taxes sur le carburant et marqué par des dérapages violents.
 
Les débordements se sont cette fois concentrés à Toulouse (Haute-Garonne), dont les "Gilets jaunes" avaient fait leur principal point de ralliement en province et où la police a dénombré 5.000 à 6.000 manifestants.
 
Des incidents ont opposé manifestants et forces de l'ordre dans la "Ville rose" dès la mi-journée et se sont poursuivis tout l'après-midi. Les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes et de désencerclement et utilisé un canon à eau pour contenir les manifestants. Ceux-ci ont notamment mis le feu à une baraque de chantier sur les allées Jean Jaurès, à des véhicules, des deux-roues et des poubelles, jeté des projectiles sur la police et dégradé du mobilier urbain et des vitrines.
 
A 17h30, la préfecture faisait état de deux blessés en urgence relative et de 23 personnes interpellées pour dégradations, jets de projectiles ou port d’arme.
 
Ces derniers jours, des messages sur les réseaux sociaux et les murs de la ville appelaient à "reprendre" la place du Capitole, où se trouve la mairie et qui a été interdite aux manifestants par le préfet.
 
Ces messages appelaient également à "une journée noire et de mobilisation nationale pour lutter contre Macron et son monde" et montrer "que tout ne fait que commencer".
 
UNE FIGURE DU MOUVEMENT À TOULOUSE
 
L'une des figures du mouvement des "Gilets jaunes", Maxime Nicolle, présent à Toulouse, a dit avoir été blessé à la jambe par un éclat de grenade lacrymogène. "Nous restons parce que nous ne sommes pas entendus ni écoutés et cela continuera les samedis suivants", a-t-il dit à des journalistes.
 
Le ministère de l'Intérieur faisait pour sa part état à 14h00 de 7.500 manifestants dans toute la France, dont 1.300 à Paris, au lieu de 6.300 et 3.100 samedi dernier.
 
A Paris, où le préfet de police avait de nouveau interdit tout rassemblement de personnes se réclamant des "Gilets jaunes" sur les Champs-Elysées et dans un périmètre incluant la présidence de la République et l'Assemblée nationale, deux manifestations et trois rassemblements avaient été déclarées.
 
A 16h00, la préfecture annonçait 15 interpellations et 5.885 contrôles préventifs dans la capitale, où des heurts ont éclaté en fin d'après-midi entre manifestants et forces de l'ordre sur la Place de la République (XIe arrondissement).
 
A Marseille, environ 600 "Gilets jaunes" ont manifesté sans incident sur le Vieux Port mais une centaine de personnes se sont ensuite heurtées aux forces de l'ordre devant un centre commercial dans le quartier de la Joliette. Quelques centaines de "Gilets jaunes" ont manifesté dans le calme à Bordeaux.
 
Le chef de l'Etat doit tirer dans les prochains jours les conclusions du "grand débat national" lancé le 15 janvier pour répondre à ce mouvement aux revendications hétéroclites.
 
Le Premier ministre, Edouard Philippe, a promis mardi à l'Assemblée nationale des "décisions puissantes et concrètes", notamment en matière de fiscalité, mais le mystère demeure sur les pistes qui seront finalement retenues par l'exécutif.
 
"PAS DE SECONDE CHANCE"
 
Sa marge de manoeuvre budgétaire est cependant réduite, après l'annonce début décembre de mesures en faveur du pouvoir d'achat chiffrées à dix milliards d'euros, et le scepticisme, pour ne pas dire la défiance, règne dans les rangs des "Gilets jaunes", qui ont largement boudé le "grand débat national".
 
"Ce grand débat n'est qu'une opération de communication qui a coûté très cher. Nous en sommes au même point qu'en novembre", a ainsi déclaré Maxime Nicolle à Toulouse.
 
Pour le président Les Républicains du Sénat, Gérard Larcher, interrogé par Le Figaro, Emmanuel Macron, à l'orée de l'acte II de son quinquennat, "n'aura pas de seconde chance".
 
Ce 22e samedi de mobilisation était le premier lors duquel les préfets pouvaient s'appuyer sur la loi "anti-casseurs" promulguée le 10 avril mais privée par le Conseil constitutionnel d'une de ses principales dispositions.
 
L'article 3 censuré autorisait les préfets à interdire de manifestation toute personne "à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public".
 
Demeure en revanche, notamment, le délit de dissimulation du visage "sans motif légitime" dans une manifestation, passible d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende.
 
Lors du 21e samedi de manifestations, le 6 avril, la mobilisation avait été la plus faible depuis le début du mouvement, avec 22.300 participants recensés en France par le ministère de l'Intérieur, dont 3.500 à Paris.
 
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