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Tunisie : entre les citoyens et la police, la défiance persiste

Mardi 22 Décembre 2020

Dix ans après le Printemps arabe, la réforme des forces de l’ordre peine à se mettre en place. Ce qui alimente une méfiance croissante de la population envers les institutions étatiques. « Il arrive que les policiers me contrôlent sans raison et m’insultent, c’est de la provocation », s’insurge Ghailen, 23 ans, habitant de Bab Jdid, dans la médina de Tunis.
 
« Un quartier de pauvres », comme il le décrit, où nombre d’habitants désœuvrés s’improvisent faute de mieux « nassabas », vendeurs à la sauvette. Ce commerce illégal engendre des descentes de police régulières, au même titre que la circulation de drogue ou les soupçons de vols, témoigne encore ce jeune chômeur.
 
Sur les murs des ruelles de la vieille ville, les graffitis ACAB (All cops are bastards / tous les flics sont des bâtards) racontent le fossé qui sépare toujours jeunes et agents, dix ans après la révolution tunisienne. Ce soulèvement populaire s’était enraciné autour de la figure de Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant qu’une policière aurait giflé, ce qui l’aurait poussé à s’immoler par le feu le 17 décembre 2010. Un geste de désespoir devenu symbole de protestation contre les abus d’un régime autoritaire. (Jeune Afrique)
 


 
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