Le gouvernement soudanais est officiellement revenu dimanche dans la capitale Khartoum pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre avec les Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires en avril 2023, a annoncé le Premier ministre Kamel Idris.
S’exprimant devant une foule à son arrivée depuis Port-Soudan, qui servait de capitale provisoire depuis le début du conflit, Idris a qualifié ce retour de tournant pour le pays.
« Aujourd’hui, nous revenons, et avec nous revient un gouvernement de l’espoir dans la capitale nationale », a-t-il déclaré, promettant une amélioration des services publics et des conditions de vie de la population.
Le Premier ministre s’est engagé à renforcer les services de santé et d’éducation, à reconstruire les hôpitaux et à réhabiliter les écoles et universités, avec une attention particulière portée à l’université de Khartoum. Il a également promis d’améliorer la sécurité et les conditions de vie des citoyens.
Idris a indiqué que le gouvernement avait soumis le budget de l’État pour 2026 sans imposer de nouvelles charges financières à la population, ajoutant que l’exécutif visait à ramener l’inflation à 70 %. Selon les derniers chiffres officiels publiés en novembre, le taux d’inflation s’élevait à 74,2 %.
Le budget prévoit également de porter la croissance du produit intérieur brut à 10 % et de limiter les taux de change du marché parallèle, dans le cadre des efforts visant à stabiliser l’économie, a-t-il précisé.
Qualifiant l’année en cours d’« année de la paix », le chef du gouvernement a parlé d’« une paix des courageux et des victorieux ».
Le 21 mai, l’armée soudanaise avait annoncé avoir repris le contrôle total de Khartoum, déclarant la capitale libérée des FSR à l’issue de combats dans la zone de Salha, au sud de la ville.
En juillet dernier, le président du Conseil souverain de transition, Abdel Fattah al-Burhan, avait publié un décret créant un comité national chargé de préparer le retour urgent des institutions fédérales et des habitants à Khartoum.
Sur les 18 États que compte le Soudan, les FSR contrôlent l’ensemble des cinq États de la région du Darfour, à l’ouest du pays, à l’exception de certaines zones du nord du Darfour-Nord qui restent sous contrôle de l’armée. De son côté, l’armée contrôle la majeure partie des 13 autres États situés au sud, au nord, à l’est et au centre du pays, y compris la capitale Khartoum.
La crise humanitaire au Soudan s’est fortement aggravée par le déclenchement du conflit entre l’armée et les FSR en avril 2023, sur fond de désaccord concernant l’unification de l’appareil militaire. Les violences ont fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes. [AA]






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