Donald Trump a affirmé dimanche au site Axios que la signature d’un accord avec l’Iran se tiendrait « dans quelques heures », après que le processus a été retardé selon lui par les frappes d’Israël sur Beyrouth.
« Ça a tout chamboulé. Ça a retardé la signature de quelques heures. Ça devait avoir lieu maintenant. C’est désormais prévu dans quelques heures », a déclaré le président américain lors d’un appel téléphonique avec un journaliste d’Axios.
Donald Trump n’a pas caché sa frustration à l’égard du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qu’il a dit avoir réprimandé.
« J’étais furieux. Il n’a aucun putain de jugement. Je le lui ai fait savoir », a-t-il indiqué.
Le républicain avait regretté plus tôt sur son réseau Truth Social la tenue dimanche de ces frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, qui ont fait trois morts.
« L’attaque de ce matin à Beyrouth n’aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier où nous sommes si près d’un accord de paix avec l’Iran », a-t-il écrit.
Israël a dit avoir agi en riposte à des tirs du Hezbollah sur le nord de son territoire.
« Israël a le droit de se défendre contre les menaces, mais l’attaque à laquelle il a réagi était d’une ampleur très limitée et insignifiante », a jugé le président américain dans ce message.
« L’agression » israélienne « a une fois de plus démontré que les États-Unis n’ont soit pas la volonté de respecter leurs engagements, soit pas la capacité de le faire », venait de déplorer sur X le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Et un haut responsable de l’état-major iranien a averti que les frappes israéliennes ne resteraient pas « impunies ».
Samedi, M. Trump avait promis une signature dimanche – jour de ses 80 ans –, ce que Téhéran n’avait pas confirmé. Et selon lui, dès que l’accord « aura été signé, le détroit d’Ormuz sera OUVERT À TOUS ».
Citant une source proche des négociateurs s’exprimant avant l’attaque au Liban, l’agence de presse Fars, réputée proche des milieux conservateurs, a de son côté affirmé que « même si toutes les positions de l’Iran étaient prises en compte, aucun accord ne serait signé dans le délai annoncé par Trump ».
« Sur la bonne voie »
« De tout ce que je sais, nous sommes sur la bonne voie. Ce n’est pas une question de savoir si cela va arriver, mais de savoir quand. Il y a des aspects logistiques à prendre en compte », a affirmé le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth.
Reste que les informations qui ont fuité sur ce possible accord initial, qui ouvrirait la voie à des négociations sur les détails techniques très contestés, présentent encore des divergences.
Le président américain a déjà annoncé de nombreuses fois un accord imminent, sans effet.
Sous pression dans son pays pour sortir d’un conflit impopulaire, Donald Trump sera aussi confronté dans les jours à venir aux dirigeants des grandes puissances lors du Sommet du G7 en France.
Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l’économie mondiale.
Depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, Washington et Téhéran cherchent un accord, mais les négociations ont buté sur de nombreux points : programme nucléaire iranien, contrôle du détroit d’Ormuz (crucial pour le commerce mondial d’hydrocarbures ou d’engrais agricoles), levée des sanctions visant Téhéran ou encore inclusion du Liban.
Selon le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le texte discuté prévoit la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d’Ormuz, contrôlé par Téhéran depuis le début de la guerre.
L’agence de presse iranienne Mehr avait publié vendredi un texte présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, comprenant le droit à l’enrichissement d’uranium et le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l’étranger, demande clé de la République islamique asphyxiée par les sanctions.
Selon Donald Trump, les Iraniens – qui démentent vouloir se doter de l’arme atomique comme les en accusent les États-Unis et Israël – « ne veulent plus d’arme nucléaire ».
Les États-Unis iront « quand tout sera calme […] récupérer la poussière nucléaire, enfouie profondément » afin de la diluer et de la détruire « en Iran ou aux États-Unis », a-t-il ajouté samedi. [AFP]






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